No 1 mondial, Kent Farrington a fait honneur au CHI de Palexpo…

HippismeIl fallait être très fort pour s’imposer dans ce Grand Prix de Genève. L’Américain a prouvé qu’avec sa «Gazelle» il était le plus rapide.

Ken Farrington n'avait encore jamais gagné le Grand-Prix Rolex. Le voilà comblé à plus d'un titre.

Ken Farrington n'avait encore jamais gagné le Grand-Prix Rolex. Le voilà comblé à plus d'un titre. Image: revolutionsports

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Comme Johnny Hallyday, il avait l’envie d’allumer le feu dans cette halle où Palexpo a viré au show avec ses grands sabots. Victorieux de neuf succès majeurs à Genève, il ne pouvait pas quitter sa piste aux étoiles ainsi, sans rien si ce n’est la tête basse et des regrets. Et pourtant, un an après ses émouvants adieux avec Nino des Buissonnets, Steve Guerdat est reparti cette fois-ci de son beau jardin sans bouquet de fleurs, mais surtout sans une seule victoire durant la semaine. Il est vrai que lorsqu’il débarque à Genève, il est tellement habitué aux honneurs, qu’avec lui, une barre qui tombe, c’est très rare. Lui qui avait remporté trois fois ce fameux Grand Prix Rolex du dimanche avec Jalisca et Nino, mais aussi le Défi des champions et la finale du Top 10 sur le dos de Nasa et Trésor, avait de quoi être frustré. Il a même été privé de barrage, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2014. Que ce soit samedi lors du festin des rois avec Hannah (10e) – où Kevin Staut a surpris tout son monde – ou ce dimanche sur la selle de sa bondissante Bianca, le Jurassien qui avait pourtant réussi un double sans-faute avec cette magnifique jument vendredi dans la qualification a dû s’avouer vaincu. Comme dix autres concurrents, il a buté devant l’avant-dernier obstacle, le No 13, ce porte-malheur…

Ah, ce double bidet...

«Ce double de bidet, en fin de parcours, était très délicat, détaillait le champion olympique de Londres. Mais on en avait déjà passé beaucoup, de ces obstacles avec Bianca, qui a d’ailleurs sauté fantastiquement bien. Peut-être que j’aurais dû l’aborder avec une foulée de moins ou faire un peu plus confiance à ma jument? Je ne sais pas.» Le crack de Bassecour était aussi déçu que Scott Brash la veille, qui n’avait pas réussi à se qualifier. «Samedi, j’ai aussi manqué ma finale du Top 10, poursuit Guerdat. Aujourd’hui, avec ces 4 points, je suis loin. C’est beaucoup de déception au terme de ce CHI. Je m’attendais à mieux et je sais que je pouvais faire mieux.» Tout le monde le savait.

En ce dimanche enneigé, tout s’est toutefois enchaîné rapidement contre lui avec un temps accordé de seulement 63 secondes, ce qui est assez rare sur le circuit. Il n’y avait pas réellement de moment de répit. «Les chevaux étaient un peu à bout de souffle, reconnaît Steve Guerdat. Mais, quand on s’élance à Palexpo, on s’attend à ce genre de parcours exigeant.» Ce concours-là, il est terrible. Ce n’est pas un hasard s’il a été récompensé pour la neuvième fois comme étant le meilleur indoor du monde! Vainqueur à Calgary, l’Allemand Philipp Weisshaupt était en route pour une deuxième victoire consécutive dans le Grand chelem. Il a également dû déchanter. Tout comme Grégory Wathelet, qui s’était lui imposé à Aix-la-Chapelle. «Mais terminer troisième derrière Von Eckermann et Farrington, c’est déjà fantastique!» a déclaré le Belge, qui faisait partie des cinq privilégiés engagés dans ce barrage de haute qualité avec, en plus, Harrie Smolders et Cian O’Connor. Tenant du titre à Genève, le Brésilien Pedro Veniss a lui été privé de dessert pour avoir dépassé le temps accordé aux 40 participants. Au final, quoi de plus logique que ce soit le No 1 mondial qui s’impose…

Une bien jolie «Gazelle»

Le public, qui avait fait de Guerdat, Fuchs ou Balsiger son as de cœur, a dû se contenter de réserver un triomphe à l’Américain Kent Farrington, l’autre chouchou de Palexpo, et sa sublime Gazelle, une jument belge de 11 ans. «J’espérais remporter une fois ce Grand Prix depuis longtemps», s’est exclamé ce Floridien de 37 ans, qui avait décroché cinq belles victoires à Palexpo avec notamment le Défi des champions et le top 10. Mais il lui manquait la plus belle. «Mon cheval était très bon et rapide aujourd’hui. J’espère qu’il le sera encore lors du prochain Grand Prix Grand chelem à Bois-le-Duc.» Quel beau vainqueur, quel final, quelle magnifique semaine. Le CHI de Genève a été à la hauteur de sa réputation. Avec près de 41 000 entrées, les organisateurs de cette 57e édition sont ravis, presque comblés. «Que je t’aime!» Au CHI, c’est ce qu’aurait chanté Johnny…

Créé: 10.12.2017, 23h28

Et à la fin, c’est Isabell Werth qui gagne. Boyd Exell aussi. Jérôme Voutaz frustré

Que ce soit le dressage ou l’attelage, entre la grâce, la dextérité et la puissance, il n’y a pas qu’une rime qui les unit. Comme dirait l’ex-footballeur Gary Lineker, ces deux disciplines hippiques se disputent avec un ou quatre chevaux, voire un char, et c’est toujours une Allemande ou un Australien qui gagne à la fin.

Comme l’an passé, comme toujours lorsqu’elle danse avec son Don Johnson sur les pistes du monde entier, Isabell Werth s’est à nouveau imposée à Genève. Elle ne compte plus ses bouquets. Autant dire que se classer juste derrière ce phénomène équivaut à déjà une victoire. Quatrième en 2016, Antonella Joannou s’est retrouvée deuxième dans son jardin extraordinaire de Palexpo. Que d’émotions pour la Genevoise et son Dandy de la Roche, son «prince charmant» de 12 ans avec lequel elle a encore une fois piaffé avec légèreté devant son public qui l’aime tant.

«Avec les juges, on ne sait jamais si on mérite ou pas un tel résultat, sourit cette femme rayonnante, qui en a même perdu sa voix. Je pense toutefois qu’avec mon cheval, on est en progrès. Quand on est ici, à la maison, on a tellement envie de briller dans ce concours cinq étoiles, le top du top. Dandy a vraiment été génial, plus décontracté que d’habitude. Comme sa sœur d’ailleurs.» Sa sœur? C’est Well Done de la Roche, que monte le Suédois Patrick Kittel, troisième de l’épreuve. «J’ai une admiration immense pour lui car moi je n’aurais pas pu la monter. On a eu cette jument quelque temps à la maison, c’est un OVNI, tellement énergique, explique encore Antonella. Elle a beaucoup plus de tempérament que le mien.»

Après la championne allemande, c’est Boyd Exell qui a poursuivi sa moisson à Palexpo. Depuis 2008, il n’y a jamais connu la défaite. Mais cette fois, il s’en est fallu de peu pour que Jérôme Voutaz lui mette un bâton dans ses roues, celle de sa voiture. Le Valaisan, finalement 4e, a bien cru qu’il avait réussi l’incroyable exploit de faire enfin tomber le roi de Palexpo de son trône.

Or si le meneur de la Nouvelle-Galles du Sud a une nouvelle fois «cassé la baraque» avec un 10e sacre, il a bénéficié d’un coup de pouce du jury. Après avoir démoli le 15e obstacle alors qu’il devait passer le No 10, l’attelage aussie a été dans un premier temps disqualifié, avant d’être repêché. Ce qui a mis le Sembranchard en pétard, passant par tous les états d’âme, d’un potentiel vainqueur à la quatrième place, après qu’on eut remis le meilleur meneur de la planète en piste, éliminé puis réintégré Voutaz en barrage. «Il y a une décision du jury, il faut l’accepter», lâche un Valaisan se plaignant surtout de la lenteur de la décision. «Je ne devrais peut-être pas le dire, mais je pense que si c’est moi qui avais commis la même faute que Boyd, il n’y aurait pas eu de discussion.» A la fin, c’est de toute manière Boyd qui aurait gagné… C.MA.

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