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Tennis«Ce match est une mine d’informations»

Roger Federer a pris le soin de savourer sa formidable victoire à l'Open d'Australie contre John Millman avant de venir mettre des mots sur sa soirée.

«C'était un match fou», a dit Federer.
«C'était un match fou», a dit Federer.

Roger Federer, est-ce que vous pouvez résumer les émotions que vous avez traversées ce soir?

C’était incroyable. Il y avait déjà la cadence et l’intensité imposées par Millman. J’avais le sentiment qu’il dominait les deux diagonales à l’échange. Contre lui, j’ai beaucoup de mal à mettre mon jeu en place. J’hésite souvent à attaquer ou pas. Alors je me suis accroché, j’ai cherché des solutions. J’avais parfois l’impression d’y arriver mais il en remettait une couche. C’est son grand mérite, il a évolué à un niveau incroyable. Du coup, je suis très content pour moi mais aussi un peu déçu pour lui. C’était un match fou qui restera dans ma mémoire.

Un match gagné au «match tie-break». Comment avez-vous fait pour rester calme alors que vous étiez largement mené?

Tout simplement parce que tu ne baisses pas les bras à 8-4 mais seulement quand c’est l’heure de ranger ta raquette dans le sac. J’ai joué quelques «match tie-breaks» en double puis en Laver Cup, je savais que si tu t’accroches sur ton service, tu peux retourner la situation. Du coup, je me suis battu sur chaque point. J’en ai même oublié le score. Quand l’arbitre a annoncé 6-8, je croyais n’être qu’à 5-8; cela m’a donné un coup de fouet. Au final, je trouve que l’on a joué les deux un très bon tie-break. J’ai eu la chance de mon côté au moment décisif.

Vous avez fait 48 fautes directes en coup droit ce soir. Une explication pour ces approximations?

Honnêtement, je n’ai rien contre les statisticiens mais sur quatre heures de match, c’est normal de faire des fautes directes. Qu’est-ce qu’une faute directe d’ailleurs? C’est quand la balle arrive à 120 km/h ou à 135 km/h et que je dois glisser pour la contrer? En plus, je ne suis pas du genre à attendre, je crée du jeu ce qui provoque plus de déchet. Alors bien sûr, j’aurais aimé échanger quelques fautes contre des coups gagnants. Mais ce chiffre démontre aussi à quel point le court est lent et à quel point nous sommes partis dans des échanges de plus de quatre frappes. Combien de service-volée a-t-il tenté? Aucun. J’ai dû en faire entre cinq et dix. Sur cinq sets, c’est de la folie.

Vous êtes arrivé à Melbourne sans match dans les jambes. Est-ce qu’un combat pareil vaut trois mois de circuit en termes de «match fitness»?

C’est vrai qu’il va nous donner énormément d'informations à mon équipe et à moi. Il nous permet de savoir où j’en suis. Parce que Millman joue toujours de la même manière, croisé avec la même intensité. Il te propose toujours le même effort ce qui peut créer une usure sur la même chaîne musculaire ou sur un muscle précis. Or je n’ai rien senti de tout ça. Je suis donc content d’avoir bien encaissé un match pareil à mon âge. J’ai eu une petite baisse de régime au quatrième set. Mais je me suis senti très bien au cinquième. C’est assez normal, ces longs matches fonctionnent par vague. Il faudra voir comment je suis demain au réveil. Mais je me sentais fort physiquement à la fin. En ce sens, ce match est une mine d’informations.

Mathieu Aeschmann, Melbourne

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