Ludovic Gruel a refusé de finir dans un placard

VolleyballLe Français n’est plus le coach de Genève Volley. C'est son assistante, Aïda Shouk, qui a attaqué les play-out à sa place.

Ludovic Gruel part avec amertume.

Ludovic Gruel part avec amertume. Image: Christian Lafargue

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Les Rita Mitsouko fredonnent la rengaine à leur façon: «Les histoires d'amour finissent mal, en général.» Là, l’idylle, ou plutôt l’aventure humaine, celle que Ludovic Gruel partageait depuis huit ans avec Genève Volley, s’est terminée brutalement. Depuis une semaine, le technicien taciturne et pince-sans-rire n’est plus à la tête de l’équipe qui lutte pour assurer son maintien en LNA. La décision a été prise par Patrick Tran, le futur président du club. C’est Aïda Shouk, l’assistante du Français, pressentie pour devenir la prochaine coach de l’équipe, qui a dirigé la manœuvre samedi lors du premier match des play-out, remporté 3-0 face à Toggenburg. Un mal pour un bien? Seul l’avenir le dira.

Le couperet ne tombe jamais en douceur. Même en catimini. Au téléphone, Ludovic Gruel est encore sous le choc. Certes, il avait annoncé qu’il ne prolongerait pas son bail à Henry-Dunant. Deux fois même cette saison, il avait proposé de rendre son tablier. Sans suite. Si ce championnat compliqué à gérer lui a pris la tête, ce sont les orientations définies par la nouvelle direction du club qui ont motivé l’annonce de son départ. «La période transitoire entre l’ancien et le nouveau régime est un vrai bazar, maugrée-t-il. Alors, autant arrêter les frais. Mais on ne s’en va pas comme ça, sans pouvoir mener à bien son engagement jusqu’à son terme.»

Homme de principe et de dévouement, Ludovic Gruel est amer. On lui a bien suggéré de boucler son contrat en «réglant les affaires courantes», mais à la condition de céder le pouvoir à Aïda Shouk, l’ancienne passeuse de l’équipe nationale. «Inacceptable, s’insurge-t-il. Vu la situation, c’est moi qui ai demandé à être viré!» Il quitte un club qu’il a promu en LNA et pour lequel il a contribué à restaurer le secteur junior. «Quand on était en LNB, on gagnait 90% de nos matches et j’étais le meilleur. Mais j’ai averti: en LNA, on en perdra 90%. On aurait pu mieux me protéger mais la relation de confiance s’est rompue. Il faut croire que cela fait partie de la vie d’un entraîneur…» Depuis son éviction, plusieurs joueuses lui ont fait part de leur reconnaissance. Et Sébastien Ruffieux, le président en partance, loue le travail qu’ils ont accompli ensemble durant cinq ans.

Test grandeur nature

Encore vice-président du club mais nanti des pleins pouvoirs depuis le début de l’année, Patrick Tran est ainsi déjà entré en force dans son futur costume de président (il devrait être élu sans problème lors de l’assemblée générale du club en juin). «Mon acte pourrait être mal pris et j’en suis désolé, reconnaît-il. Mon intention n’était pas de faire du tort à Ludovic Gruel mais de tenter un électrochoc afin de remobiliser une équipe qui donnait des signes de relâchement. Pour moi, l’avenir sportif de Genève Volley est entre les mains d’Aïda Shouk. Son expérience de joueuse et son charisme peuvent lui apporter beaucoup. Les joueuses l’adorent. Il faut juste savoir si elle a les épaules assez larges pour occuper un tel poste. C’est une néophyte qui a envie de coacher. En lui donnant l’opportunité de diriger l’équipe durant les play-out, on lui permet de se livrer à un test grandeur nature.»

Responsable d’une agence de communication, Patrick Tran est persuadé que la place de Genève Volley est en LNA. «Là, c’est encore un peu le marasme mais je crois que l’on va éviter le pire. C’est sûr, la promotion du volley féminin exige un projet solide et durable. Il y a du boulot, on a la passion.»

Créé: 18.02.2020, 21h24

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