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Entre le Lausanne UC et Chênois, la bataille ne fait que commencer

Les Genevois ont fait plier le champion en titre, obligé d'attaquer les play-off samedi prochain à Genève. Le duel lémanique sera à nouveau épique.

Sous le regard de Rey et Zeller, l’éternel Ruca met Höhne et le bloc du LUC en souffrance.
Sous le regard de Rey et Zeller, l’éternel Ruca met Höhne et le bloc du LUC en souffrance.
Pierre Albouy

C’est un guerrier, un coq batailleur, aussi combatif dans ses actes que dans ses propos. Adrien Prével assène ses vérités comme il frappe ses services, sans gant et sans retenue. Et ça fait boum! «Contre Chênois, c’est une bataille, on ne s’aime pas», profère l’attaquant français du LUC. Le général vient de quitter le champ des hostilités, battu. Il a fait cercle avec ses coéquipiers, non pour les houspiller mais pour les exhorter. Sa capitulation n’est pas une reddition. Et pour cause: les deux rivaux lémaniques se retrouveront face à face, samedi prochain, en quarts de finale des play-off. Et ça va à nouveau barder à Sous-Moulin.

Hors combat, ne croyez pas qu’Adrien Prével continue de se dresser sur ses ergots, le caquet caustique et vengeur. Il n’est ni amer ni abattu. L’ancien champion de France (en 2012 avec Tours) confesse ses regrets avec lucidité et loue les mérites de son adversaire avec une intégrité presque désarmante. Serait-ce la malice d’un fin stratège? «En dehors du terrain, la bataille s’achève, on se doit le respect», répond-il. Le diable s’est adouci, il est même le premier à tresser des louanges à Ruca. «Il n’a pas d’âge mais un sacré talent», affirme-t-il, admiratif. C’est l’éloge d’un grognard de 33ans à un vieux briscard de 36balais. À travers le filet, les deux joueurs ne se sont pourtant pas adressé que des aménités.

Comme souvent, le central portugais de Chênois aura été l’exécuteur des hautes œuvres. Les matches furieux le transcendent, lui le faux désinvolte, le menuisier méticuleux, aux gestes précis. Son bloc impitoyable a scellé le score du tie-break (15-13) et le sort d’un match longtemps indécis, soumis à l’émotion et aux états d’âme qu’elle engendre. Gagnés par l’euphorie d’un premier set impeccable, les Genevois n’ont pas su enfoncer le clou. Manqueraient-ils de pugnacité, d’un homme de poigne comme peut l’être Adrien Prével? «On a peut-être une équipe un peu trop tendre, reconnaît Quentin Zeller. Mais son esprit de solidarité fait sa force.»

Le show et la froideur

Malmené, le LUC s’en est remis à son «capitaine fracasse» pour bousculer Chênois et lui faire perdre ses moyens. Gare au show Prével, machiavélique lorsqu’il se met à chambrer l’adversaire, narguer le public, braver l’arbitre et défier son propre entraîneur. C’est ainsi qu’il se survolte, qu’il se sublime. Ses services sont alors une torture pour les plus courageux des réceptionneurs, et les Genevois n’en manquent pourtant pas avec le libero Prönnecke ou le nouveau venu, le Croate Stojsavljevic. Là, c’est le LUC qui a manqué le coche. «On aurait pu les enfoncer et on s’est mis dans le pâté en commettant notamment trop d’erreurs sur leurs services flottants», regrette Prével. Oui, on peut être bouillant et manquer de froideur. «En play-off, il faudra être plus précis dans l’exécution des choses simples», analyse le Français.

Dans la maîtrise du jeu et de ses nerfs, Chênois a donc fini par trouver la bonne méthode et la juste attitude. «Les gars n’ont pas flanché», se félicite Charly Carreño, habile dans son coaching et le changement de batteries effectué à l’attaque du quatrième set. L’entrée des frères Sormaz a été déterminante, la grinta de Stojsavljevic profitable et le sang-froid de Ruca décisif au moment de porter le coup de grâce. Pour le central genevois, «cette victoire est précieuse, parce qu’elle nous octroie l’avantage du terrain dans un best of5 qui promet d’être très disputé. Mais surtout, parce qu’elle va nous galvaniser, nous pousser à y croire encore plus.»

Pendant ce temps-là, sur le parking de Sous-Moulin, Max Giaccardi, le coach du LUC, échafaudait déjà ses plans, et au bar, les deux présidents se serraient la main amicalement, tout excités à l’idée de se retrouver...

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