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Krajicek: «Je ne vois pas qui pourra battre Federer dans cette quinzaine»

Roi de Wimbledon en 1996, le Batave est impressionné par le Bâlois, qui n’a, selon lui, aucun adversaire à sa taille.

Elégance et efficacité: comme tout le monde, Krajicek est sous le charme du tennis pratiqué par Roger Federer.
Elégance et efficacité: comme tout le monde, Krajicek est sous le charme du tennis pratiqué par Roger Federer.
Keystone

Ce n’est pas Björn Borg, Pete Sampras ou Roger Federer, mais c’est bien une légende de Wimbledon qui se promène dans le jardin des joueurs, le long de la passerelle menant aux vestiaires. Richard Krajicek, 45 ans, a son nom inscrit au sommet du «Temple» de Wimbledon, mais il n’a pas vraiment changé depuis qu’il a triomphé sur le gazon londonien le 7 juillet 1996, cinq jours après avoir fait tomber l’immense «Pistol Pete» de son piédestal en quarts de finale.

Deux décennies ont passé et nonobstant le costard-cravate, le Néerlandais – que seuls les moins de 20 ans ne peuvent pas (re)connaître – ne passe pas inaperçu. Lui qui est devenu patron du tournoi de Rotterdam et a notamment conseillé de manière très éphémère Stan Wawrinka et Milos Raonic serre des mains à la louche, tape le bout de gras (qu’il n’a pas pris) à gauche et à droite et est assailli par la sonnerie de son smartphone. Bien que très occupé, il n’a pas manqué l’occasion de disserter sur cette édition 2017 avec nous. Sans cacher son admiration pour Federer, vainqueur mardi d’Alexandr Dolgopolov (6-3, 3-0, abandon).

– Richard Krajicek, on évoque un Wimbledon masculin très ouvert cette année. Est-ce également votre avis?

– Non, pas sur le papier. Pour moi, il ne fait aucun doute que ce tournoi n’a qu’un seul favori: Roger Federer. Ce qu’il réalise est simplement phénoménal. Quel bonheur de le voir jouer! «Rodge» est actuellement le meilleur joueur du monde et pratique le plus beau tennis du moment. Bien sûr, je n’oublie pas que Novak Djokovic, qui a aussi gagné plusieurs fois ici, revient à un excellent niveau et qu’il tape merveilleusement bien dans la balle à l’entraînement, mais pour être franc, je ne vois pas qui pourra battre «RF» durant cette quinzaine.

– Vous ne croyez donc pas en Rafael Nadal?

– Rafa a été très clair après Roland-Garros: sa réussite ici dépendra notamment de comment ses genoux répondront. Pour lui, c’est compliqué. Il craint un peu cette surface désormais, et même s’il a été exceptionnel à Paris, le gazon, c’est effectivement autre chose que la terre battue, qui demeure son meilleur terrain d’expression. Physiquement, il n’est pas dans les mêmes dispositions qu’un Federer, par exemple.

– On dit souvent que peu importe ce qui s’est passé dans les derniers mois, lorsqu’un joueur revient sur un tournoi qu’il a déjà remporté, il se voit tout de suite accompagné de bonnes vibrations. Vous confirmez?

– Oui, c’est vrai. Il se dégage toujours un sentiment particulier lorsqu’on retrouve un endroit où l’on a triomphé. On se sent armé d’une force supplémentaire. Parce qu’ils ont tous gagné ici plus d’une fois, les quatre membres du «Big Four» peuvent se servir de cela cette année. Mais à mes yeux, Roger Federer n’a pas besoin de vibrations particulières par les temps qui courent, pour la simple et bonne raison qu’il pratique un tennis clairement au-dessus du lot. L’impasse faite sur Roland-Garros, sa forme actuelle et le plaisir qu’il prend font de lui un épouvantail, à mes yeux.

– Et pour vous, revenir ici provoque-t-il toujours quelque chose de spécial?

– Vous savez, cela fait maintenant vingt et un ans que j’ai embrassé le trophée, alors pas mal de temps a passé. Pour tout dire, y repenser ne me rajeunit pas (il sourit)! Mais il est certain que cela fait toujours plaisir de revenir ici, de retrouver le terrain de mes exploits et de revoir des visages connus. Le Wimbledon de 1996 restera à jamais gravé en moi.

– Cette année-là, Sacha Zverev n’était pas encore né. Et à l’heure où l’on parle de la relève, il semble qu’avec lui on tient le potentiel futur patron du circuit…

– Je partage votre avis. C’est un superbe joueur qui a tout dans sa raquette comme dans sa tête pour aller très loin. Sacha est intelligent, bien structuré, bien entouré, bien conseillé… Alors oui, tout le monde affirme qu’il sera le prochain No 1 ATP et cela pourrait être une grosse pression, mais il semble gérer les choses de fort belle manière. Même si l’on ne sait jamais ce qui peut se passer, je le vois aller très, très haut. No 1 mondial, sans doute, mais j’irai même encore plus loin: s’il ne se perd pas en route, Alexander Zverev remportera plusieurs titres du Grand Chelem.

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Stan Wawrinka à l’école de la patience

Lésion fatale? Lésion dangereuse? Lésion qui fait causer, en tout cas. Comme ceux de Rafael Nadal par le passé ou celui de Roger Federer l’an dernier à pareille époque, les genoux de Stan Wawrinka sont devenus un véritable sujet de discussion dans les travées de Wimbledon. Le thème avait été survolé au mois de novembre durant le Masters, lorsque le Vaudois souffrait de son articulation gauche, puis il s’était retrouvé sur le tapis à l’issue du dernier Open d’Australie, lorsque c’est sur sa droite que le joueur grimaçait. Mais devant un «Stanimal» plutôt enclin à ne surtout pas s’épancher sur ses douleurs, tout le monde en était resté là. Sauf qu’au vu de ce qui s’est passé lundi sur le gazon britannique, où le genou gauche est revenu martyriser le No 1 helvétique, force est de reconnaître que le mal est profond. «Oui, je suis inquiet», a fini par avouer l’intéressé. Sans toutefois en dire plus, laissant ainsi la porte ouverte à plusieurs hypothèses.

Parmi toutes celles-ci, le pire serait que ses soucis récurrents soient dus à une usure excessive des cartilages de ses genoux et non pas à une «simple» atteinte des tendons rotuliens. Ce qui mettrait non pas en péril l’été de Wawrinka (32 ans), mais bien la suite de sa carrière. «On ne connaît pas la nature exacte de sa blessure, mais il est évident que si c’est un problème de cartilages, c’est plus inquiétant pour Stan, souligne le Dr Vincent Burki. Parce qu’il s’agirait possiblement d’une lésion structurelle, qui peut être difficile à «guérir» et nécessite de la patience pour être traitée. Et avec les charges monstrueuses que les joueurs encaissent, seule une longue période d’arrêt pourrait permettre au Vaudois de récupérer.»

Et le médecin du Centre de médecine du sport et de l’exercice à Hirslanden Clinique La Colline de poursuivre: «L’importance et la localisation exactes de la blessure peuvent changer la donne. Un traitement chirurgical peut fonctionner, mais il ne donne pas forcément de garantie. Ce n’est pas comme une fracture, qui peut se consolider en trois mois. Là, ça dépend beaucoup de chacun. Un tennisman victime de problèmes de cartilages peut être écarté des courts pendant une période de six, dix, douze mois, voire davantage.»

Le Dr Burki cherche cependant à rassurer: «Au vu du superbe parcours qu’il a réalisé à Roland-Garros, en tenant notamment plus de quatre heures pour battre Andy Murray, Stan Wawrinka ne semble pas avoir des genoux en compote. Peut-être doit-il simplement prendre un peu de temps pour lui, désormais. Car s’il est touché à un ligament ou à un ménisque, c’est bien sûr embêtant, mais cela peut souvent se traiter. Prenez l’exemple de Roger Federer en 2016…»

L’exemple à suivre, comme toujours, pour revenir encore plus fort? A.CE.

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