Jacques Tuset, un doux givré roi des traversées

Coupe de NoëlSpécialiste des raids en eau libre et du «winter swimming», le Français se réjouit de fêter dimanche la 80e édition au pied du Jet d’eau.

Jacques Tuset et le château d’If. Pour lui, la natation est une échappée belle.

Jacques Tuset et le château d’If. Pour lui, la natation est une échappée belle. Image: Alex Voyer

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Pour lui, le nageur de l’extrême, intronisé cette année au prestigieux «International Marathon Swimming Hall Of Fame», la Coupe de Noël pourrait passer pour du pipi de minet! Une simple bagatelle. «Oh! non, s’insurge Jacques Tuset. Pour moi, c’est un passage obligé. Son côté festif est incroyable. Et que dire de son rituel des seaux arroseurs, il est unique en son genre.» Alors, lorsque le Français de Montpellier a appris l’existence de la Givrée du Jet d’eau, il a plongé sur l’occasion. «Revenir à Genève pour fêter la 80e édition, je ne pouvais pas manquer ça.»

Dimanche, il sera donc bien là, au bout de la jetée, frétillant comme un alevin. Le joyeux balèze a 55 balais et plus de 400 traversées lacustres ou maritimes à son actif. De la plus mythique – celle de la Manche – à la plus exotique, en Guyane. La première, il l’a effectuée à l’âge de 8 ans, dans le port du Canet, son bassin d’initiation. «Depuis, je me suis pris de passion pour l’eau et ce type de performance», explique-t-il.

Il écume les îles-prisons

Ancien international junior de natation, Jacques Tuset est diplômé d’État en sauvetage côtier et employé à la SNCF. Toute tracée, sa voie a d’abord été une ligne d’eau. Mais pourquoi s’enfermer dans un bassin quand on peut vivre d’amour et d’eau fraîche? «À l’époque, si j’avais su qu’il existait un circuit international de marathons très lucratif, j’en aurais fait mon métier», regrette-t-il, A défaut, il a fait de ses raids en eau libre une source de plaisir et le théâtre de ses engagements caritatifs. Ainsi, samedi dernier, le président du club d’Aqualove a participé au Bain de Noël de Palavas, en faveur du Téléthon.

Mais pour la bonne cause, celle consacrée notamment à la lutte contre la choroïdérémie, le Français s’est fait une spécialité. Il écume les îles-prisons, et elles sont nombreuses autour du globe, du château d’If à Alcatraz, de Mogador à Robben Island, là où Nelson Mandela a croupi durant près de dix-sept ans. «Un ancien détenu, aujourd’hui gardien du musée, a suivi ma traversée jusqu’à la côte. «Si on avait su que c’était possible, on aurait appris à nager», m’a-t-il dit!» Mais pourquoi cette marotte? «Parce que le noir des cellules évoque la cécité dont souffrent les jeunes victimes de la maladie», répond-il.

De la chaleur du cœur au froid de la rade, il n’y a qu’une brasse. Adepte du «winter swimming», Jacques Tuset a disputé l’an passé les Mondiaux de la spécialité à Burghausen, un 1000 mètres à 2,8 °C! À Genève, il sera plus au chaud. «Quand la peur du choc thermique est passée, le corps se libère et l’esprit devient euphorique. C’est si bon de nager dans un bain glacé. C’est le meilleur moyen de chasser les virus», assure-t-il. Quels sont ses prochains défis? «Une traversée au départ de l’île d’Yeu et le tour de Manhattan.» Quand on est tombé dans la marmite, c’est pour toujours.

Créé: 14.12.2018, 19h55

«Le vrai enfer? Une eau à 10?degrés!»

«Pour marquer le coup, il fallait être un peu fou», lance Christophe Jacot. Ainsi est née la Givrée du Jet d’eau, l’attraction de cette 80e édition hors du commun. Une traversée originale, longue de 485 mètres, entre le fier panache et le Jardin anglais. Triés sur le volet, 80 nageurs intrépides fendront les flots glacés (7°C ce vendredi) avec les pierres du Niton à bâbord. Pour eux, les mouettes suspendront leur bal. Le «winter swimming» est en vogue. Comme la Course du Duc, l’épreuve pourrait remonter à la surface tous les cinq ans.
Si cette édition anniversaire voit grand, c’est aussi par l’ampleur de sa participation. En tout, 2300 «hiberlacustres» se jetteront à l’eau, la majorité du débarcadère du Nautilus, la plupart déguisés. Parmi les 92 séries lancées sur le parcours classique (120 m), seules 23 seront chronométrées. Pour les «humoristiques», le fun est de barboter en prenant son temps! Gare tout de même à ne pas trop s’éterniser. «Jusqu’à sept minutes d’immersion, le froid n’attaque que l’épiderme. C’est après que les muscles peuvent se mettre à tétaniser», précise l’organisateur.
Mais qu’on se rassure, avec dix bateaux et une quarantaine de personnes engagées (plongeurs, sauveteurs, médecins, samaritains, etc.), le cordon sécuritaire a encore été renforcé. Accompagner tout le monde à bon port est leur défi. «Avec 300 nageurs à l’heure, le rythme est infernal», confirme Christophe Jacot. Mais pour lui, l’enfer est ailleurs. «Pour la Coupe de Noël, le risque, c’est le réchauffement climatique. Une eau à plus de 10 degrés et on arrête les frais», s’effraie-t-il. P. B.
L’horaire
Séries classiques (Jardin anglais): de 9 h à 16 h. Courses Race (compétition): hommes à 9 h 45, dames à 10 h 48. Givrée du Jet d’eau, départs à 10 h 30, 11 h, 11 h 30 et 12 h.

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