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Tennis«J’avais l’impression d’avoir encore de la marge»

Au moment d’analyser sa démonstration contre Novak Djokovic, Roger Federer était ravi d’avoir réussi à se lâcher par le jeu.

Roger Federer, ce soir vous étiez en feu du premier au dernier point. Comment avez-vous vécu ce match?

Déjà, je voudrais dire que nous avons longuement parlé avec mon équipe. La discussion a peut-être duré une heure et quart, ce qui est énorme pour nous. Ils m’ont dit comment ils voyaient les choses, on a échangé nos ressentis. Mais quand tu marches vers le court, tu n’as aucune garantie que ce qui a été planifié va fonctionner. Heureusement, je me suis senti dans un bon rythme au service et dans l’échange dès le début. Je sentais que Novak serait en danger s’il ne jouait pas son meilleur tennis. C’est une sensation rassurante. Mais d'un autre coté, Novak est un joueur incroyable pour te faire déjouer ou se sortir d’une situation compliquée, comme à Wimbledon. Donc j’ai maintenu la pression le plus possible. Et au final, c’était l’une de ces soirées où tout fonctionne comme tu l’espérais. J’ai pris énormément de plaisir sur le court.

La différence de niveau entre vos deux premiers matches et celui-là est frappante. Comment l’expliquez-vous? Avez-vous eu un déclic mental?

Je pense que tout part du mental, en effet. Parce que si tu joues en envisageant quelque chose de négatif, tu te retrouves sur les talons. Et à l’inverse, si tu entres sur le terrain pour créer du jeu, tu vas bien bouger, surtout vers l’avant. Or en indoor, il faut traverser la balle, se lâcher. Je n’ai sans doute pas assez créé de jeu lors des deux premiers matches. Aujourd’hui, c’était l’objectif. Et puis, je revenais sur ce court pour la troisième fois. Or au fil des matches, mes repères visuels et mes sensations s’améliorent. Je l’espérais et c'est ce qui est arrivé. Enfin, j’ajouterais que Novak avait plus de pression que moi, avec la place de No 1 mondial en jeu. C’est un paramètre dont j’avais conscience et que je me suis par moments rappelé.

Vous n’aviez plus battu Djokovic depuis 2015. Les fantômes de Wimbledon sont-ils définitivement chassés?

Ils n’ont jamais vraiment volé au-dessus de ma tête. Certains journalistes ont un peu gonflé cela. En fait, je n’avais même pas remarqué que je n’avais plus battu Novak depuis mon opération du genou. On me l’a rappelé aujourd’hui. Je ne sais pas si c’était une bonne info à connaître. Mais bon, je l’ai appris. Dans ma tête, je me sentais très proche, à cause de Wimbledon et de la demi-finale de Bercy l’année dernière. Donc je savais que j’aurais mes chances et je suis ravi de les avoir saisies. C’est toujours beau de battre Novak, surtout après ce qu’il s’est passé cet été. Mais je n’ai jamais eu le sentiment de devoir chasser des fantômes.

Vous sortez d’une performance immaculée. Une telle démonstration est-elle forcément une source de confiance ou peut-elle être un point de comparaison encombrant?

Il n’y a pas de piège à enchaîner après un match de référence. Tout simplement parce que Novak est très différent de Tsitsipas ou Nadal (ses adversaires potentiels). Il retourne différemment, il bouge différemment. Tout cela va créer une autre ambiance qui empêche les comparaisons. Donc ça repart en quelque sorte à zéro. Après, un match de ce niveau t’apporte des certitudes. Mais pour être honnête, j’avais l’impression d’avoir encore un peu de marge. Sans doute parce qu’il n’y a pas eu beaucoup d’échanges. J’ai très bien servi et Novak a tenté d’être très agressif, ce qui m’a un peu surpris. Il n’a pas trouvé le chemin pour me bousculer mais le prochain le trouvera. Il faut juste que je m’y prépare.

Mathieu Aeschmann, Londres

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