«J’ai changé pas mal de choses, je me sens plus tranquille cet hiver»

Ski alpinLara Gut est arrivée en Corée du Sud avec un nouvel état d’esprit. Le titre n’est plus une obsession. Son objectif: juste skier vite.

Lara Gut n’avait pas pu retenir des larmes de tristesse, après sa 3e place de Sotchi, il y a quatre ans. La Tessinoise débarque en Corée du Sud avec un nouvel état d’esprit.

Lara Gut n’avait pas pu retenir des larmes de tristesse, après sa 3e place de Sotchi, il y a quatre ans. La Tessinoise débarque en Corée du Sud avec un nouvel état d’esprit. Image: Keystone

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Le sourire forcé et l’accolade furtive, elle avait quitté Sotchi avec une médaille de bronze au goût amer. Dans le Caucase, Lara Gut rêvait, surtout en descente, de se retrouver à la place de Dominique Gisin et de Tina Maze. Impossible pour elle, à ce moment-là, de simuler le bonheur. Ce n’est pas dans sa nature de se réjouir d’un troisième rang. Cela avait choqué. Elle a toujours abhorré la défaite. Après Sotchi, elle s’est adjugé le grand globe de cristal en Coupe du monde (2016) ainsi que deux autres médailles de bronze aux Mondiaux de Beaver Creek (2015) et de Saint-Moritz (2017), mais il lui manque toujours la consécration olympique. Quatre ans ont passé et la voilà à PyeongChang, à nouveau au plus haut niveau. Douze mois après s’être déchiré les ligaments du genou gauche dans les Grisons, Lara Gut a débarqué en Corée du Sud avec un nouvel état d’esprit. «Ce n’était pas forcément un objectif prioritaire d’être absolument aux Jeux cette année, assure la blonde de Comano. Mon but était surtout de recommencer à faire ce que j’aime, à savoir skier. Et là, j’essaie d’en profiter chaque jour. Savoir que je peux faire ce que je veux, comme soulever des poids de 190 kg en squat, ça c’est génial.»

Juste avant votre retour, en septembre à Zermatt, vous parliez de la nouvelle Lara Gut. À voir votre visage radieux, il semble qu’elle est toujours là à PyeongChang.

Oui, mais je dois vous avouer que cela reste un challenge quotidien. Parfois, ça repart un peu de travers, quand je suis dans la routine avec des habitudes que j’ai depuis dix ans. Mais je sens quand même que j’ai changé pas mal de choses cette année. Je me sens beaucoup plus tranquille.

Votre victoire fin janvier en super-G à Cortina prouve que vous êtes sur le bon chemin, non?

Comme je l’ai déjà dit, le plus important ce n’est pas la victoire. Ce sont ces deux minutes où je suis sur la piste et ce que j’arrive à faire à la fin. Je rêve par exemple de réussir mes virages, ce qui n’est notamment pas encore le cas à 100% en géant. Mais c’est en train de revenir. C’est très réducteur de dire que je suis ici pour gagner ou que je peux le faire. Il y a beaucoup de filles qui en sont capables. En jetant un œil sur les palmarès, on constate que de nombreux champions ou championnes olympiques n’avaient jamais rien gagné avant.

Une médaille d’or, pour vous, ce serait l’apothéose?

Bien sûr que je ne suis pas venue ici pour finir au pied du podium. Sur le tableau d’affichage, je préfère voir le 1 plutôt que le 4, c’est logique. Si cela devait se passer, j’ignore quelle sera ma réaction puisque cela ne m’est encore jamais arrivé. À moi de bien travailler sur la piste et de tailler le mieux possible mes cinquante virages pour skier vite. Ce n’est que de cette manière que je peux gagner une médaille d’or. Si je me loupe il faudra attendre quatre ans pour avoir une nouvelle chance.

C’est la première fois que vous débarquez à PyeongChang. Avez-vous déjà pu reconnaître la piste de super-G et de descente?

Non, je ne suis pas encore allée sur les pistes des épreuves de vitesse, à «Ding Dong machin» (rires). Mais j’ai skié à côté de celle du géant. Je dois dire que les bénévoles ont bien travaillé, la neige était bonne. Pour la descente et le super-G, j’aurai une idée après les compétitions des hommes, car les passages vont se ressembler. Je crois savoir aussi qu’il y a plus de bosses que l’an passé; peut-être que les filles qui sont déjà venues skier ici seront surprises.

On dit que la neige ici est particulière, qu’elle est sèche et agressive. Certains l’aiment, d’autre pas. Où vous situez-vous?

J’ai décidé d’arrêter de chercher des excuses avec la neige. Je me dis que c’est une course, que j’aime cette neige. Elle ressemble à celle que l’on trouve en Amérique du Nord, cela dérape plus rapidement. Il s’agira d’être précise et de faire ce dont je suis capable. (TDG)

Créé: 11.02.2018, 20h32

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La même histoire qu’à Nagano

Il n’y a pas qu’au niveau des transports parfois fantaisistes ou de l’incompréhension chronique des Coréens que ces Jeux de PyeongChang ressemblent de plus en plus à ceux de Nagano! Comme il y a vingt ans, la descente messieurs a aussi été reportée. Ce n’est pas le brouillard ni la neige cette fois-ci qui ont renvoyé tout le monde à l’Hôtel mais un vent violent (entre 50 à 72 km/h) soufflant sur les hauteurs de Jeongseon. On ne plaisante pas avec la santé des coureurs, cette sage décision s’imposait. Ce n’est pas Beat Feuz qui va se plaindre. Le champion du monde de Saint-Moritz, qui avait déjà vécu cette situation dans les Grisons il y a un an, a eu droit à un gâteau et une bougie pour ses 31 ans. Le Bernois attendra donc encore avant de déballer ou pas son gros cadeau. Sera-ce de l’or, il paraît qu’il y a pris goût? Réponse jeudi à la même heure (3 h en Suisse) où on prévoit des conditions identiques pour tout le monde.
Effet boule de neige, le super-G masculin, initialement programmé ce 15 février, a été retardé d’un jour. Mais qu’en sera-t-il du combiné des hommes? Carlo Janka, qui n’a pas été retenu pour l’épreuve reine des Jeux (c’est Marc Gisin qui a été choisi aux côtés de «Kugelblitz», Caviezel et Roulin), visera le dernier titre de cette discipline aux Jeux. C’est aussi l’objectif de Justin Murisier et de Lucas Aerni, champion du monde en titre. Avec Marcel Hirscher ainsi que les Français Alexis Pinturault et Victor Muffat-Jeandet en plus, la bataille promet. Or, selon la météo, Éole pourrait aussi perturber cette épreuve mardi, ce qui poserait bien des soucis à la FIS sachant que les courses de vitesse féminines commencent ce samedi à Jeongseon.
C’était la même histoire il y a vingt ans à Nagano…

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