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L'incroyable impact écologique du Tour de France

Le grand barnum de juillet laisse des traces indélébiles et des empreintes. Questions à un géant de la route.

Philippe Sudres sort du sous-bois et parle de l'impact écologique du Tour.
Philippe Sudres sort du sous-bois et parle de l'impact écologique du Tour.
ASO

Le Tour est-il une poubelle géante à ciel ouvert? Philippe Sudres, directeur de la communication chez ASO lève un sourcil et paraphrase Christian Prudhomme, le directeur du Tour. «Nous sommes locataires pas propriétaires des endroits traversés et nous essayons de laisser les espaces aussi propres en partant qu’en arrivant.» Vœu pieux. Depuis dix ans, le Tour met en place des mesures pour réduire son empreinte environnementale.

«Nous faisons des efforts particuliers en montagne parce que c’est elle qui fait le charme du Tour.» La prise de conscience date de 2009. Après le passage du Tour au Ventoux, l’organisation Génération Ecologie dénonça l’irresponsabilité environnementale des organisateurs de la Grande Boucle. La commune a dû ramasser 20 tonnes de déchets (canettes, bouteilles en plastique), éparpillés au bord des routes et dans les champ.

«Une semaine avant le passage de l’épreuve, des camping-cars s’étaient déjà installés. Et il avait venté de manière considérable»; plaide notre interlocuteur. Après la prise de conscience, il y a eu la mise en place de mesures (100'000 sacs poubelles installés sur l’ensemble du parcours, trois zones de déchets prévues pour les coureurs par étape, etc...) et le développement de celles-ci. On procède par pallier, on ne peut pas tout faire en même temps. Mais le problème principal est l’éducation. Tout passe par elle.»

Et si la caravane y allait pédale douce et ne distribuait pas 18 millions de déchets sur la route? Skoda, par exemple, le partenaire du maillot vert balance 600'000 casquettes, Cochonou, 500'000 sachets de mini-saucissons. «Ces cadeaux sont généralement des trophées qu’on ramène chez soi, pas des déchets», objecte Philippe Sudres.

A égalité avec un GP de F1

La bonne volonté et les bonnes intentions ont aussi des limites induites par la logistique. «Le Tour avance avec son stade à chaque coup de pédale.» Conséquence: «le bilan carbone n’est pas extraordinaire.» Doux euphémisme. «Les véhicules des équipes et de l’organisation génèrent une empreinte de 5000 tonnes. Si vous ajoutez la caravane publicitaire et les médias, on arrive à 22'000 tonnes.» Soit l’équivalent d’un GP de F1 qui pèse 24'000 tonnes! Claude Sudres prend en compte tous les paramètres (public, téléspectateurs, et internautes), pour établir l’empreinte carbone globale qui ne laisse pas d’impressionner: 341'000 tonnes. Pour une Coupe du monde au Brésil, la FIFA a calculé 2 millions 500'000 tonnes. En 2012, les JO de Londres ont atteint 1,1 million. Pour Roland Garros la marque retombe à 160'000 euros. «Les gens peuvent prendre le métro pour aller voir les matches.»

Pour le Tour, ASO demande à un institut spécialisé d’établir une étude d’impact. Mais les collectivités ne prennent pas toujours des gants. Désireuses de recevoir le Tour à la Planche des Belles Filles en 2012, la route avait tout simplement été goudronnée. La course est revenue en 2014 puis cette année. Le trait est pris et presque plus personne ne s’en offusque. The show must go on!

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