L'IAAF maintient la suspension de la Russie

AthlétimeLa Fédération internationale n'a pas suivi les pas de l'Agence mondiale antidopage, qui avait réintégré l'Agence russe antidopage en septembre.

Le président de l'IAAF Sebastian Coe a choisi une ligne stricte.

Le président de l'IAAF Sebastian Coe a choisi une ligne stricte. Image: AFP

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La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a décidé ce mardi à Monaco de maintenir la suspension de la Russie, en cours depuis 3 ans et la révélation d'un vaste scandale de dopage.

L'IAAF n'a pas suivi les pas de l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui avait réintégré l'Agence russe antidopage (Rusada) en septembre. Elle a estimé que deux conditions devaient encore être remplies: récupérer les données du laboratoire de Moscou et se faire rembourser les coûts générés par le traitement du scandale de dopage russe.

L'AMA avait pris le pari de réintégrer provisoirement la Rusada à condition qu'elle récupère les données du laboratoire, qu'elle a visité la semaine dernière pour une étape préparatoire à l'extraction des informations, d'ici le 31 décembre.

«L'AIU (Unité d'intégrité de l'athlétisme) doit nous confirmer avoir reçu toutes les données et les échantillons dont elle a besoin», avant de réintégrer la Russie, a précisé Rune Andersen, le chef de la «Task Force» chargée d'évaluer les progrès de la Russie dans sa lutte antidopage.

Le drapeau russe, absent des compétitions internationales depuis les Mondiaux de Pékin en 2015, ne devrait donc pas apparaître aux championnats d'Europe indoor de Glasgow en mars 2019.

De plus en plus d'athlètes russes sont cependant autorisés à concourir sous bannière neutre. Ils étaient 72 aux Championnats d'Europe de Berlin en août.


La Russie et le dopage en chiffres

La Russie est de loin la nation majeure du dopage aux Jeux olympiques et dans les grands championnats d'athlétisme, comme le révèlent les chiffres des cas recensés dans l'histoire de ces compétitions. Depuis la dislocation de l'URSS en 1991, 326 cas de dopage ont touché les différents Jeux d'été et d'hiver, dont 89 concernent des sportifs russes, soit 27% du total, selon une base de données de l'AFP. Sur ce plan, la Russie se place loin devant les autres pays les plus sanctionnés, le Bélarus (27 cas), l'Ukraine (23), la Turquie (17), les États-Unis (15) et le Kazakhstan (13).

Conséquence de ces cas de dopage, les Russes se sont vu retirer 41 médailles olympiques, dont 10 en or, soit pile un tiers du total (123) des médailles perdues sur la période.

Là encore, la Russie devance largement les autres nations, le Bélarus ayant perdu 11 médailles (dont 2 titres), les États-Unis 10 (6 titres), le Kazakhstan 9 (5 titres) et l'Ukraine 9 (1 titre).

L'athlétisme russe a été particulièrement sanctionné, il compte pour plus de la moitié des cas de dopage russes aux JO (49 sur 89), et plus du tiers de ses médailles perdues (18 sur 41).

Aux Mondiaux d'athlétisme, d'après les données de l'IAAF et de l'AIU (Unité d'intégrité de l'athlétisme), près de 200 cas de dopage ont été sanctionnés, dont plus d'un quart concernent des athlètes russes.

Les chiffres sont particulièrement alarmants entre 2011 et 2015, période au cours de laquelle un dopage institutionnalisé a été mis en place en Russie avec l'implication du ministère des Sports, des autorités antidopage russes et des services secrets (FSB), selon le rapport du juriste canadien Richard McLaren, commandé par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Les deux commissions Oswald et Schmid, mises en place par le CIO, ont confirmé ces conclusions. On recense 42 cas de dopage russes aux Jeux de Londres en 2012, la plupart révélés depuis 2016 et une vague de réanalyse des échantillons d'athlètes par le CIO. Pour les JO 2014 de Sotchi, 16 cas de dopage russes ont été révélés par la commission Oswald, (28 autres sportifs initialement sanctionnés ont été blanchis par le TAS). (AFP/nxp)

Créé: 04.12.2018, 16h29

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