Ge/Servette s'impose au bout de la nuit à Berne. Fou!

Hockey sur glaceIl a fallu attendre la fin de la deuxième prolongation pour que les deux équipes se départagent. Johan Fransson a inscrit le but victorieux à la 96e.

Johan Fransson a libéré les siens à la 96e minute.

Johan Fransson a libéré les siens à la 96e minute.

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And the winner is Johan Fransson. C’est le Suédois qui a crucifié Berne au bout de la seconde prolongation! Un but de la 96e minute (!) qui vaut de l’or au terme d’un match complètement ahurissant. Il est désormais possible d’affirmer que ce quart de finale est parti pour durer puisque Ge/Servette a repris l’avantage en s’imposant lors de l’acte III. Dans le jeu, les deux équipes qui se sont classées aux antipodes à l’issue de la saison régulière sont extrêmement proches. Plus que jamais, les matches se jouent sur un rien. Un oubli à la bleue mardi soir aux Vernets en prolongation. Et jeudi soir, c’est un tir de la ligne bleue qui a plongé la PostFinance Arena dans un silence assourdissant.

Plus que jamais les deux équipes doivent également pouvoir compter sur leurs hommes forts. Sur la longueur d’une série au meilleur des sept matches, ce sont bien souvent les buteurs et les gardiens qui font la différence. Pour les deux hommes masqués, le bilan est étincelant. Tant Leonardo Genoni que Robert Mayer sont à un niveau proche de la perfection.

Les regards se tournent alors logiquement vers les leaders offensifs. Les Aigles ont bénéficié du retour au jeu de Tommy Wingels. Mais qu’il est difficile de se mettre dans le rythme des play-off lorsqu’on est resté un mois sans jouer. Pour l’Américain, attendu comme le messie pour rebooster l’attaque des Aigles, les premiers coups de patins dans ces play-off ont été compliqués. C’est que le rythme global de ce quart de finale va clairement en crescendo. Dans un premier temps, l’Américain n’a pas su saisir les quelques opportunités qui se sont présentées à lui, essentiellement lors des 20 premières minutes qui ont été à l’avantage des Aigles. À la 18e, il lui a clairement manqué ce soupçon de spontanéité qui fait la différence lorsqu’on se retrouve seul face au gardien.

Tout le contraire de ces diables de Marc Arcobello et de Simon Moser qui se trouveraient les yeux bandés. Mardi soir aux Vernets, le second avait servi son top scorer sur un plateau dans la prolongation. Jeudi, c’est l’Américain qui a renvoyé l’ascenseur à son capitaine. Et une fois de plus, c’est en infériorité numérique que Berne a lancé sa soirée. Pourtant dominé, c’est bien le vainqueur de la saison régulière qui prenait les devants. Il doublait même la mise lors de la seconde période d’une soirée qui allait n’en plus finir. C’est uniquement dans cette période médiane que le SCB a affiché une certaine supériorité dans le jeu.

Mais même menés de deux longueurs, les Aigles ont une fois encore démontré que rien ne semble pouvoir les décourager. En deux coups de patins et autant de tirs déviés. Le premier, un lancer de Tommy Wingels, lobait Leonardo Genoni. Le second, un shoot d’Henrik Tömmernes en supériorité numérique, caressait juste ce qu’il fallait le casque de Beat Gerber pour plonger dans la lucarne du but bernois.

Comme deux jours plus tôt, plus rien ne serait marqué. Comme deux jours plus tôt, Ge/Servette n’avait rien à perdre et il a clairement dominé la première prolongation. À force de tirer sur la corde, il était clair que tout basculerait sur une coup du sort ou une erreur. Sur tir soudain, c'est bien aussi, a dû se dire Johan Fransson.


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Evy Kast est née le jour d'un immense exploit

Le petit chou, 3,6 kg tout mouillé, qui a encore de la peine à tenir ses yeux bien ouverts, l’ignore encore, mais un jour son père lui expliquera tout. Qu’il avait raté un match incroyable pour elle, parce que sa place était à côté d’Olivia, sa maman, même si son épouse voulait qu’il rejoigne ses coéquipiers en voiture à Berne. Mais que ce jeudi 14 mars à 20 h 04, lorsqu’Evy a (enfin) poussé son premier cri à la maternité de Genève, quelques jours après le terme, il ne se voyait pas l’abandonner ainsi. Tim Kast était finalement auprès d’elle pour couper le cordon et lui donner son premier bain.

L’attaquant, qui a bénéficié d’un geste de ses patrons, aurait bien voulu être sur la glace, à la PostFinance Arena de Berne, avec ces guerriers de Ge/Servette, qui ont eu aussi accouché d’un heureux événement dans la douleur. Mais s’il a hésité, il n’a forcément pas regretté son choix, sa tête aurait été ailleurs. Il lui racontera, ainsi qu’à sa grande sœur Aria, née à Zoug le 19 septembre 2017, qu’il faisait partie d’un groupe sensationnel qui avait l’habitude de colmater les brèches durant toute la saison, qu’il n’était pas le premier à déclarer forfait. Que lui et ses copains avaient vécu une aventure extraordinaire, une épopée formidable, en revenant de nulle part, alors que personne n’aurait misé un kopeck sur eux. Et que ce jeudi pas comme les autres, avec un Robert Mayer encore une fois phénoménal, Ge/Servette a gagné, lors de la 2e prolongation. Et qu’il fera tout samedi pour marquer pour elle.
Christian Maillard

Créé: 15.03.2019, 00h15

Berne - Genève-Servette 2-3 après deux prolongations (1-0 1-0 0-2)

PostFinance Arena, 16123 spectateurs. Arbitres: MM. Lemelin (EU), Dipietro; Kovacs et Obwegeser.
Buts: 16e Moser (Arcobello, Blum/4 c 5!) 1-0, 36e Heim 2-0, 41e Wingels (Richard) 2-1, 42e Tömmernes (Richard/5 c 4) 2-2, 96e Fransson 2-3.
Berne: Genoni; Burren, Almquist; Andersson, Gerber; Krueger, Blum; Untersander, Kamerzin; Ruefenacht, Arcobello, Moser; Sciaroni, Haas, Scherwey; Mursak, Ebbett, Bieber; Grassi, Heim, Berger. Entraîneur: Jalonen.
Genève-Servette: Mayer; Jacquemet, Tömmernes; Mercier, Fransson; Völlmin, Bezina; Antonietti; Fritsche, Berthon, Bozon; Simek, Romy, Rubin; Wingels, Richard, Winnik; Riat, Maillard, Rod; Patry. Entraîneur: McSorley.
Notes: Berne sans Kämpf (blessé), Marti, Brügger (surnuméraires) ainsi que Boychuk (étranger surnuméraire). Genève-Servette sans Bouma, Wick, Douay, Vukovic, Almond (blessés), Martinsson, Skille (étrangers surnuméraires) ainsi que Kast (raisons personnelles). Mursak (10e) et Blum (28e), blessés, rejoignent prématurément le vestiaire. Ils ne sont pas revenus en jeu.
Tir sur poteau: Almquist (82e).
Temp-mort: Ge/Servette (69’38’’).
Pénalités: 4 x 2’ contre Berne, 5 x 2’, 1 x 10’ (Berthon) contre Genève-Servette.

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