Passer au contenu principal

À Genève, le peloton a retrouvé un second souffle et une nouvelle jeunesse

Le Prix du Sprinter Club Lignon et le Grand Prix du VC Lancy lancent ce week-end la saison sur route. Malgré un cas de dopage, l’optimisme est de mise.

Terre de cyclisme, Genève roule dans la bonne direction.
Terre de cyclisme, Genève roule dans la bonne direction.
Georges Cabrera

On se croirait revenu au bon vieux temps, avec dans l’air un parfum de colle à boyaux. Dimanche, au lendemain du Prix du Sprinter Club Lignon, le VC Lancy enfourche sa bécane et ouvre la saison sur route à Genève. Au drapeau, il y a aura l’increvable René Chappuis, septante ans de fidélité au club, un sacré personnage. Autre amoureux de la petite reine, Christian Favre sera lui aussi présent. Blanchi sous le harnais, l’ancien président a fignolé le dossier technique de l’épreuve. Les contraintes sécuritaires toujours plus drastiques, les factures qui flambent ou les relents de dopage en ont découragé plus d’un. Lui s’accroche à son guidon, passionnément, comme son successeur, Eric Schütz. Comme les mousquetaires de la Classique genevoise, l’autre grand rendez-vous de la saison (23 juin).

Mais pourquoi tant de dévouement? «Parce que sans organisateurs, il n’y aurait plus de courses, donc plus de coureurs et de relève», répond-il. Parfois, une lapalissade vaut mieux qu’un long discours. Et pourtant, même le vénérable GP de Lancy, une classique qui a vu rouler Felice Gimondi et triompher Alexandre Moos, a failli mettre la flèche à droite. Comme le Tour du Lac, le GP de Genève ou le Tour du canton, des monuments du calendrier disparus en route. Comme certains clubs, tombés en léthargie.

Joli tableau, sale affaire

Il y a une quinzaine d’années, le cyclisme genevois, berceau du Tour de Romandie, de Jean Brun et Bernard Vifian, s’est mis à rouler sur la jante et à pédaler dans le passé. Son dernier exploit en date? La victoire d’étape de Serge Demierre au Tour de France 1983. Son dernier coureur pro notoire? Bruno Boscardin, retiré du peloton en 2002. Séquence nostalgie. Époque de vaches maigres et de pelotons étiques. «L’esprit d’engagement s’est dégonflé, comme une crevaison lente», résume Christian Favre pour ne froisser aucune susceptibilité.

Alors oui, comme les autres, le GP de Lancy a fini par mettre pied à terre. Le coup de la panne? Non, juste un coup de pompe pour mieux redémarrer sous une nouvelle appellation, sans élite à l’affiche. Avec les anciens qui poussent et les modernes qui tirent. Avec, parfait relais, Bruno Boscardin et son Défi, une manifestation qu’il a mise en selle en 2008 pour rallumer la flamme et donner aux jeunes le goût de l’effort et du vélo. «Et puis, tout s’est enchaîné», affirme Loïc Hugentobler.

Dans son bureau de la Queue d’Arve, l’ancien coureur élite du VC Lancy, devenu président de l’Union vélocipédique genevoise (UVG) en 2015, incarne le renouveau du cyclisme genevois. Il fourmille de projets et jongle avec les casquettes. Tout le monde loue son dynamisme et son esprit d’initiative. Lui parle d’esprit de famille. «On dialogue et on agit, c’est comme ça que l’on avance le mieux», dit-il. Le chantier de rénovation est vaste. Il repose sur la création récente du Centre de formation, financé par l’État, sur le lancement du Critérium genevois — sa 3e édition démarre le 1er mai à Malval —, sur la mise en route d’une équipe féminine, sur la réfection de la piste du vélodrome et sur l’heureuse renaissance du Sprinter Club Lignon.

Un joli tableau sali par l’«affaire Jonathan Russo», cet espoir tombé dernièrement dans les rets du dopage. «C’est un cas navrant mais heureusement isolé, commente Loïc Hugentobler, son ancien entraîneur. J’étais très proche de lui, je me suis senti trahi. Je veux croire que le dégât d’image engendré ne mettra pas notre action en péril.» «Nos jeunes qui roulent chez nous sont à mille lieues de ce monde-là», assure de son côté Jean-Marc Fortis, le président verniolan.

Rayon effectif, ce n’est pas encore la bousculade dans le peloton. Genève ne compte plus qu’un coureur élite (Carl Schütz), mais sur une quarantaine de licenciés, on dénombre deux graines de champions, parmi les meilleurs U19 helvétiques (Henri Lawton et Damien Fortis), et deux pros féminines, Élise Chabbey et Virginie Perizzolo. «On est devenu un club de filles», s’exclame Christian Favre. La première disputera dimanche Liège-Bastogne-Liège et la seconde s’envolera bientôt pour le Tour de Californie. Quant aux deux espoirs, ils espèrent bien se distinguer ce week-end lors du Duo genevois.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.