Avec Genève Élite, Anissa Toumi mise tout sur le plaisir du partage

BasketballL’internationale suisse participe à l’envol d’une génération de jeunes talents. Ce qui n’interdit pas l’ambition.

Si Anissa Toumi (No 33) participe à la fête de tirs, c’est pour assurer la victoire de l’équipe. Image: Laurent Guiraud

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Une clameur a accompagné le tir primé de la toute jeune Stéphanie Martinez, 15 ans, l’une des fines fleurs de la relève de Genève Élite. Un shoot spontané, plein de culot et de justesse, qui enflamme les gradins et donne des frissons à Anissa Toumi. «C’est pour ce genre d’émotion que l’on joue au basket», s’émerveille l’internationale helvétique, l’une des pièces maîtresses de l’équipe de Romain Petit.

Le match vient de s’achever et la joie règne sur le parquet du Sapay. Hélios et sa tireuse d’élite Najai Wynn-Pollard (26 points) n’ont pas résisté à l’emprise collective des joueuses locales, victorieuses 84-59. Cette saison, à l’exception d’un accroc contre Troistorrents, celles-ci se sont montrées intraitables à domicile.

Le rêve olympique

Pour Anissa Toumi, cette deuxième année sous le maillot de Genève Élite est pleine de bonheur. Rien à jeter, sinon deux malheureuses éliminations en coupes nationales contre Winterthour. Pour la «vieille» de l’équipe (c’est elle qui le dit!), «c’est le métier qui rentre». «Ici, entre jeunes et anciennes, on partage tout. Le ballon, le temps de jeu, les paniers, les victoires et les défaites, le dynamisme des unes et l’expérience des autres. C’est un vrai groupe, solidaire, qui se construit match après match», confie-t-elle.

À 27 ans, la basketteuse formée à Meyrin a déjà pas mal bourlingué. Elle a vécu l’aventure de Hope-GBA à Bernex et sa funeste dissolution. Elle s’est exilée à Nyon, elle a porté les couleurs d’Elfic Fribourg. Puis elle a fait le grand saut aux États-Unis, d’abord dans un collège en Géorgie avant de rejoindre en 2016 les rangs de l'université NCAA II de Florida Southern College. Quatre ans pour lester son bagage académique et blinder son jeu à l’aile et en pivot. C’est là-bas, sur les play-grounds, qu’elle s’est aussi frottée au 3 contre 3, ce basket de poche qui fera son entrée aux JO, l’été prochain à Tokyo. Membre du cadre national, elle sera peut-être du voyage en Inde pour disputer en mars l’un des tournois de qualification olympique. Un rêve.

La réalité, c’est pour l’instant la LNA et une quatrième place crânement acquise. Un résultat probant, sans jamais sacrifier à la philosophie du club et de son coach. «On est là pour entourer la nouvelle génération, la mettre en valeur et l’aider à prendre son envol. Ici, tout le monde joue le jeu, personne ne fait la gueule sur le banc. Les jeunes sont réceptives, les anciennes compréhensives», se félicite Anissa Toumi. À Genève Élite, il y a bien un cinq de base, mais il n’est pas coulé dans le bronze. Contre Hélios, neuf joueuses ont évolué plus de dix minutes sur le terrain. Et l’Américaine Asia Logan, top-scorer de l’équipe, n’a inscrit «que» 18 points. Il est certain qu’elle ne fera jamais le show pour épater la galerie et flatter son ego!

«Le titre? Pourquoi pas»

Parfaitement impliquée dans le plan de jeu de Romain Petit, Anissa Toumi a elle aussi fait son job, âpre défenseuse, costaude dans la raquette et habile dans la lecture du jeu. «Depuis qu’elle est chez nous, elle a gagné en confiance. Elle est très exigeante avec elle-même et avec les autres. Le groupe la stimule; grâce à lui, elle va encore progresser», assure le coach français.

Vice-championne de Suisse avec Elfic Fribourg, la Genevoise n’a encore jamais goûté aux joies d’un titre national. Pourquoi pas ce printemps, même si ce n’est pas encore l’objectif déclaré de Romain Petit? «Pourquoi pas, répond-elle. Moi, j’ai envie de gagner un maximum de matches. Avant d’attaquer les play-off, on va encore s’aguerrir en rencontrant deux fois les trois meilleures équipes de la ligue. Et après, tout est possible...»

Anissa Toumi aime trop le basket pour ne pas viser haut. Coach à Meyrin et aide-entraîneur des sélections cantonales U13 et U15, l’ex-secrétaire dans l’administration cantonale aimerait bien vivre de son sport. Pour ressentir d’autres émotions, pour transmettre sa passion.

Créé: 18.02.2020, 09h09

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