À Genève, Clémentine Morateur a trouvé basket à son pied

BasketballLa meneuse française participe au succès de la jeune équipe de Romain Petit. Avec efficacité et humilité. Elle se confie avant le match contre Pully.

Comme ses coéquipières, Clémentine Morateur ne ménage pas ses efforts pour tenir le haut du panier.

Comme ses coéquipières, Clémentine Morateur ne ménage pas ses efforts pour tenir le haut du panier. Image: Magali Girardin

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C’est une forme de mimétisme. Clémentine Morateur (24ans) ressemble à son prénom. Comme une mandarine, elle est douce – parfois piquante aussi. Et comme une oratrice, elle est éloquente, un vrai moulin à prières confesse-t-elle. Mais il en faut bien plus pour rayonner sur un parquet. Alors, la basketteuse lyonnaise y ajoute son intelligence de jeu, une adresse qui fait souvent mouche, un esprit altruiste et un cœur de battante. Et, pour compléter le cocktail, son autorité naturelle est fédératrice. Voici brossé le portrait de la meneuse et capitaine de Genève Élite, «peut-être la meilleure à ce poste cette saison en LNA», assure Romain Petit.

«Il n’y a pas de doute, on a fait le bon choix. Clémentine possède un QI basket au-dessus de la moyenne», ajoute le coach du club, auquel il ne manque qu’un succès (espéré samedi contre Pully), pour valider sa place dans le top 4 et s’offrir une position avantageuse à l’attaque des play-off. L’ex-internationale juniors partage la même satisfaction. «Je ne pouvais pas mieux tomber, dit-elle. Le club est ambitieux, son projet de jeu me plaît. Et puis, en habitant Gaillard, je me suis rapprochée de chez moi et de ma famille.»

«J’ai été comme elles»

L’association réussie entre un club et une joueuse étrangère ne tient pas du hasard. Les réseaux sociaux et les images vidéo débroussaillent la recherche, l’entregent d’un manager et les contacts personnels affinent le tir. «J’ai pris mes renseignements. Clémentine est bien la joueuse qu’il nous fallait. À son contact, nos jeunes éléments gagnent en compétitivité. Elle est pour elles leur grande sœur, un exemple à suivre, une mine de conseils», se félicite Romain Petit.

Et puis, si l’affinité se confirme, le vécu crée alors l’harmonie et la performance collective. Ce qui saute aux yeux à Genève Élite. «Franchement, c’est un plaisir de jouer ici, de m’investir à fond en assumant mes responsabilités et en transmettant mon expérience aux jeunes», affirme, emballée, la nouvelle recrue, deux saisons de L1 et quatre de L2 sur son CV.

À voir Emma (Chardon), Camila (Martinez) ou Naomi (Takyi) bosser dur pour progresser et prendre confiance en elles, Clémentine Morateur se retourne sur son propre passé. «C’est déjà loin, sourit-elle. J’ai été comme elles, pleine d’envie, guettée par le doute, apeurée à l’idée de commettre une erreur lorsque j’entrais en jeu et de perdre ma place.» Née dans une famille bercée par le basket, la «petite dernière» au prénom vitaminé a connu les joies des sélections nationales, les bancs de l’INSEP, une entrée à 17ans chez les pros, «là où il est difficile de gratter des minutes de jeu», et l’honneur de jouer en Euroligue. Elle aurait pu persévérer, elle a préféré redescendre d’une ligue pour jouer plus et mener des études en management et gestion des PME. «Il ne faut pas se voiler la face. Dans l’élite française, il y avait bien meilleur que moi», avoue-t-elle en toute humilité.

À Genève, Clémentine Morateur a trouvé basket à son pied. Elle y a retrouvé aussi Asia Logan, son ex-coéquipière à Reims, une shooteuse américaine qui l’a soulagée en la dépouillant du maillot de top scorer. Bon débarras! «C’est vraiment bizarre d’avoir inventé une telle distinction alors que la réussite du basket repose avant sur le collectif et non pas sur les individualités. Pour moi, c’était horrible de le porter, je me sentais mal l’aise, scrutée en permanence. Dans notre sport, une grosse tête n’assurera jamais seule la victoire de l’équipe. Pour ma part, je ne serais pas bien si je marquais 20 points sans avoir réussi la moindre passe décisive.»

Il n’empêche, sur le terrain, Clémentine Morateur et son No11 ne passent pas inaperçus. Sa gestion du jeu, ses statistiques et son engagement physique forcent l’admiration. Mais là encore, elle reste modeste. «Je fais mon job, en commettant encore des erreurs. Je fais du management comme si je préparais déjà ma reconversion!»

Créé: 04.02.2020, 20h09

Bio express

Clémentine Morateur

Née:le 18 novembre 1995
à Lyon

Taille: 1,73 m

Poste: 1, meneuse

Clubs:Taliure, Villeurbanne, Centre fédéral, Tarbes (L1),Toulouse (L1), Reims (L2), Aulnoye (L2), Reims (L2),
Genève Élite (LNA) depuis 2019

Palmarès:internationale française U16 (3e aux CE), U18 (2e aux CE), U20

Statistiques cette saison (moyenne): 32,8 minutes
de jeu par match, 16,2 points (55,7% à 2 pts, 44,4% à 3 pts), 6 assists.

P.B.

«On a une belle marge de progression»

De la nouvelle formule alambiquée du championnat, Clémentine Morateur ne connaît pas toutes les subtilités. «Pour moi, ce qui importe, c’est de gagner le maximum de matches», dit-elle. À commencer par celui de samedi contre Pully au Sapay (16h). Avant même de disputer le tour intermédiaire, celui-ci permettrait à Genève Élite d’assurer sa 4e place et d’obtenir l’avantage du terrain lors des futurs quarts de finale des play-off. À l’aller, les protégées de Romain Petit s’étaient imposées 75-65.

En attendant, la meneuse française dresse un bilan positif de ce début de saison, marqué par une seule défaite à domicile, contre Troistorrents. «On est à notre place. En commettant moins d’erreurs, on aurait certes pu éviter deux défaites. Mais qu’à cela ne tienne, cela prouve au moins que l’on a encore une belle marge de progression.» Que manque-t-il à l’équipe pour jouer les trouble-fêtes, bousculer une hiérarchie dominée par Elfic Fribourg et Winterthour, deux adversaires que les Genevoises ont battus devant leur public? «D’une part, plus de lucidité et un peu moins de précipitation dans nos prises de décision. D’autre part, une défense plus solide pour partir en contre, car on aime courir», répond Clémentine Morateur. Le titre? Dans son esprit, ce n’est ni une utopie ni un sujet d’actualité. En cela, elle rejoint Romain Petit. «Sur le papier, on en a les moyens. Mais sur le terrain, il faut de la consistance. Une chose est sûre, ce n’est pas un objectif déclaré. Cette saison, l’important pour le club est de poursuivre son développement.»

P.B.

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