FIFA: le ménage pour de bon ?

RétrospectiveGianni Infantino a écarté de nombreuses têtes et engagé des réformes, mais peine toujours à convaincre.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Une nouvelle FIFA»: près d'un an après son élection à la présidence d'une fédération fragilisée par le pire scandale de corruption de son histoire, Gianni Infantino, qui promettait du changement, a écarté de nombreuses têtes et engagé des réformes, sans pour autant toujours convaincre.

Elu presque par défaut après la suspension de Michel Platini, tombé pour un versement suspect reçu de Sepp Blatter, l'ex-bras droit du Français à l'UEFA a bousculé une institution dont les méthodes de management et de gestion avaient atteint leurs limites.

Si la limitation des mandats a été actée tout comme l'élargissement du Conseil ou une place plus importante pour le football féminin, la transparence promise dans les rémunérations ne s'applique pour le moment qu'au président (1,5 million de francs de salaire annuel). «Il y a encore du travail à faire évidemment, ajoutait Infantino récemment à l'AFP, mais je suis assez content et confiant pour le futur».

La structure du pouvoir se maintient

Pour garantir l'avenir de la FIFA, après un exercice 2015 difficile, l'Italo-Valaisan a sorti de son chapeau une autre réforme inattendue: faire passer le format de la Coupe du monde de 32 à 48 équipes. Si la décision est adoptée en janvier par le Conseil, la mesure, encore loin de faire l'unanimité, s'appliquera à partir du Mondial 2026.

«Les seules réformes mises en place sont celles qui ne modifient pas fondamentalement la structure du pouvoir», juge le Britannique Patrick Nally, gourou du marketing sportif, à l'origine du premier contrat entre Coca Cola et la FIFA dans les années 70. «La FIFA continue à ressembler davantage à un petit royaume qu'à une organisation ouverte et transparente».

Pour mener à bien nombre de réformes, la FIFA «qui veut faire table rase du passé», selon un ancien cadre, a continué de faire le ménage parmi les figures d'un passé récent.

L'ex-président Sepp Blatter et son ancien secrétaire général, le Français Jérôme Valcke ont été suspendus et mis hors-jeu. L'ex-secrétaire général par intérim et ex-directeur financier, l'Allemand Markus Kattner, a lui aussi été débarqué. La FIFA, qui a ouvert une enquête à leur encontre, accuse les trois hommes de s'être partagé 80 millions de dollars «en augmentation de salaire annuel, bonus liés aux Coupes du monde et autres avantages».

Départs multiples

Débarrassé de ces ombres encombrantes, Infantino a également écarté de nombreux directeurs de l'ère Blatter, «parfois sans ménagement», selon une source proche de la FIFA. Ainsi le directeur du marketing Thierry Weil a-t-il quitté son poste. Fin octobre, le directeur médical Jiri Dvorak, en charge de l'antidopage, a dû vider son bureau. «Il n'était pas dans mon intention de quitter la FIFA de façon aussi abrupte», a réagi le Tchèque.

Parmi les autres évictions, celles de plusieurs responsables du développement ou des relations avec les fédérations et de l'Allemand Ralf Mutschke, responsable de la sécurité et ancien d'Interpol ou encore du directeur du musée de la FIFA, Stefan Jost.

Voulu par Blatter et inauguré par Infantino, le musée dans lequel 140 millions de francs ont été investis, est d'ores et déjà promis à la fermeture, selon une source proche.

Egalement congédiés, deux chefs de service, qui selon des sources concordantes, avaient informé la Commission d'éthique de présumées violations du code d'éthique par Infantino à travers notamment l'utilisation de jets privés. Des informations à l'origine de l'ouverture d'une enquête finalement classée sans suite.

Dans le même temps, Infantino a parfois surpris dans son recrutement, en nommant par exemple au poste de secrétaire général, la Sénégalaise Fatma Samoura, issue de l'ONU, sans expérience du monde du football. «Une femme à ce poste, c'est un pas important», assure Infantino.

Sang neuf à la direction

Illustration de son manque d'expérience: en déplacement récemment en Sierra Leone, Mme Samoura a conseillé au pays de se porter candidat à l'organisation du Mondial féminin des moins de 17 ans. Le hic: ce Mondial a déjà été attribué à l'Uruguay.

Pour un bon connaisseur de l'institution, «par cette nomination, et alors même que les réformes adoptées prévoyaient de renforcer le rôle du secrétaire général, Infantino a voulu conserver le plus de pouvoir possible».

Autre nomination sujette à critiques, celle du Slovène Tomaz Vesel à la tête de la Commission d'audit, dont Domenico Scala avait démissionné avec fracas. «Il faut noter que Vesel est de la même nationalité que le nouveau patron de l'UEFA, Aleksander Ceferin», relève une autre source.

«Il était sain d'apporter du sang neuf à la direction, concède M. Nally. En se concentrant sur le renouvellement de son administration, (Infantino) s'est assuré de disposer de collaborateurs loyaux et donne l'image dans le grand public de changements significatifs. Mais là encore la transparence n'est pas plus grande qu'avant». (si/nxp)

Créé: 29.12.2016, 18h04

Articles en relation

Mondial élargi: Infantino calme le jeu

FIFA Le président ne veut pas imposer son projet d'une Coupe du monde à 48 équipes, qui sera présenté à Zurich au début janvier. Plus...

Infantino: «La FIFA n'est pas le gendarme du monde»

Dopage Le patron du foot mondial a évoqué le scandale de dopage qui affecte la Russie dans une interview à «Der Spiegel». Plus...

Infantino: l'arbitrage vidéo «doit être peaufiné»

Football Le patron la FIFA a admis que le système n'était pas encore point et qu'il allait être amélioré pour la prochaine Coupe du monde. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Manifs partout en Suisse
Plus...