Et si Belinda Bencic gagnait Wimbledon?

TennisParfaitement préparée par son père et son ami, la Saint-Galloise tient la forme de sa vie. Parler du titre n’est plus tabou.

Belinda Bencic tient la grande forme. Personne n’a gagné plus de matches en 2019 que la Saint-Galloise.

Belinda Bencic tient la grande forme. Personne n’a gagné plus de matches en 2019 que la Saint-Galloise. Image: REUTERS

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Ce n’est pour l’instant qu’une impression, persistante et déraisonnable. Elle arrive trop tôt, se projette trop loin, enjambe les si d’un parcours très compliqué. Mais la petite voix insiste: et si Belinda Bencic remportait Wimbledon? Installé dans le coin du court No 18, jeudi après-midi, on a cherché à savoir à quel point cette question était précipitée. Kaia Kanepi n’avait sans doute pas le profil du parfait révélateur, mais l’Estonienne aime frapper fort au propre comme au figuré (Halep, US Open 2018 - Kerber, Wimbledon 2013). Museler sa puissance est un signe d’autorité, le faire avec style suggère de la marge. Si bien qu’en quittant le 18, le long du muret où «Beli» tombait dans les bras des deux hommes de sa vie, la petite voix continuait sa litanie.

L’ambition ne fait pas peur

«Belinda peut battre n’importe qui et gagner n’importe quel tournoi, nous glissa papa Ivan, juste après l’étreinte. Mais nous regardons toujours un match après l’autre et le prochain arrive samedi contre Riske.» Focale courte et ambition illimitée, la formule peut sembler bateau, taillée pour calmer les journalistes optimistes. Elle en dit pourtant beaucoup plus. Chez les Bencic, l’ambition est une vieille compagne qui n’a jamais fait peur. Mais avec le temps, les blessures et les déchirures, elle semble avoir trouvé sa juste place. De vitrine, elle est devenue un moteur intime.

Un échange, jeudi, a matérialisé cette évolution. Belinda Bencic venait de faire le break en début de second set, le point n’avait aucune importance particulière (6-3, 2-1). Pourtant, lorsqu’elle s’arracha pour attraper une amortie et claquer sa volée de revers dans l’enchaînement, «Beli» se retourna vers Martin Hromkovic, son petit ami de préparateur physique, et les deux tourtereaux hurlèrent le poing serré. Il y avait dans cette symbiose une reconnaissance des efforts partagés. Le plaisir n’était pas lié au tableau d’affichage mais au chemin parcouru. «Martin est assez chaud au bord du court, souriait la Saint-Galloise après la douche. Et comme je suis allée chercher ce point grâce à ma vitesse et mon explosivité, c’était un peu pour lui.»

Revenir aux mouvements naturels

Si Belinda Bencic tient la grande forme, elle le doit à un triangle. Celui qu’elle forme donc avec Ivan et Martin, beaucoup d’amour caché derrière un regard patibulaire et des logorrhées en slovaque. Respectivement depuis huit et dix-huit mois, le premier est revenu aux bases et le second crée les conditions pour les sublimer. «Dans le jeu, je suis la clé, explique Ivan Bencic. On est revenu au tennis que Belinda avait appris chez Melanie Molitor. L’idée était de reconvoquer les mouvements naturels développés dès l’enfance.» Un peu plus loin, Martin Hromkovic abonde. «On a axé notre travail sur de petits exercices de mobilité et d’explosivité pour lui permettre de mieux exploiter ses qualités. Belinda a un jeu différent des autres, il fallait lui donner les moyens de l’exprimer.»

Résultat, la fameuse technique «en appuis ouverts», qui cache si bien les intentions de frappe et avait fait les beaux jours de Martina Hingis, trouve en «Beli» une version 2.0 enfin adaptée aux exigences physiques de la modernité. Pour rappel, personne n’a gagné plus de matches en 2019 que la championne de Dubaï. Et, comme pour appuyer la petite voix, il nous revient cette phrase lâchée lors d’une interview en février: «Je veux toujours devenir No 1 mondiale.»

Alors, bien sûr, cinq victoires séparent encore Belinda Bencic d’un titre à Wimbledon. Et son parcours théorique – Riske, Barty, Serena Williams, Pliskova, Halep – est littéralement effrayant. Mais un trône ne se conquiert pas en passant par la porte de derrière. «Je joue chaque Grand Chelem pour le gagner, validait-elle lundi à la «Luzerner Zeitung». Ce serait incroyable, parce que c’est un très long voyage, mais je m’en sens capable.» Samedi, Belinda Bencic sera en danger contre Alison Riske. Mais elle a aussi une vraie chance de remporter Wimbledon. Jeudi soir, la petite voix ne voulait pas se taire.

Créé: 05.07.2019, 06h43

Federer cherche encore le bon équilibre

Le problème avec les habitudes, bonnes ou mauvaises, c’est qu’elles ont tendance à se substituer à la réalité de l’instant. En première semaine de Wimbledon, par exemple, les journalistes prennent tellement pour acquis que Roger Federer remportera ses matches sans problème, qu’ils ne l’interrogent presque plus sur son niveau de jeu. C’est un peu: «Parlons des autres ou du beau temps, les choses sérieuses arriveront bien assez tôt.»

Or, jeudi, Roger Federer n’était pas très satisfait du contenu de sa victoire, facile mais molle, contre Jay Clarke (6-1, 7-6, 6-2). Il a alors gentiment recadré l’assistance. «Je sais que beaucoup me voient déjà je ne sais où dans le tableau, mais ils oublient tous Lucas Pouille, qui m’attend au 3e tour (samedi). Très honnêtement, je me prépare à vivre un match compliqué.»

Pour qui parle le «RF», cela signifie en substance: contre un adversaire du standard de Pouille (ATP 28), je devrai jouer beaucoup mieux qu’aujourd’hui. En effet, Jay Clarke (ATP 169) a beau avoir du cœur et un jeu complet, il n’avait pas les armes pour inquiéter Roger Federer. Est-ce pour cela que le Bâlois a semblé bouger ses pieds au ralenti et qu’il a couru, en vain, après son timing côté revers? Peut-être. Reste que le «Maître» continue de chercher le bon équilibre à l’échange, comme s’il peinait à donner de la vitesse à ces balles qu’il qualifie de «très lourdes».

Ce constat est-il inquiétant? Pas du tout. Mais la réalité de la salle de presse n’est pas celle du terrain. Et Roger Federer sait très bien qu’il doit trouver un moyen de donner du relief à la seconde. Si possible dès samedi. M.A.

Fenêtre sur court

Coup de chaud Il fallait voir Rafael Nadal boxer le ciel à la fin d’un troisième set arraché au tie-break à l’audace de Nick Kyrgios pour comprendre son soulagement. Malgré sa préparation au pub, «Dirty Nick» a tenu le choc et même mieux. «Mais Rafa était trop fort», a reconnu l’Australien, beau joueur. Le Centre Court venait de vivre son premier grand match.

Coup d’État La tenante du titre n’est plus, vive Lauren Davis! Finaliste à Eastbourne la semaine dernière, Angelique Kerber a complètement craqué contre la petite mobylette américaine (157 cm). Et voilà la partie de tableau de Serena Williams qui se dégage.

Coups de tonnerre Sale temps pour les «gros serveurs» jeudi. Avec les défaites de Marin Cilic et John Isner contre João Sousa et Mikhail Kukushkin, ce sont deux maîtres de l’automne dernier qui ont pris la porte. Et si «Big John» était venu en reprise après sa fracture à un pied, la défaite du finaliste 2018 est une énorme surprise.

Coup du chapeau Dès que le gazon remplace la terre battue, les Américains retrouvent des couleurs. Jeudi, les «Yankees» ont réussi un triplé pas forcément attendu. Si «Big Sam» Querrey a logiquement tenu son rang contre Rublev, Steve Johnson (contre De Minaur) et Tennys Sandgren (Simon) se sont offert des têtes de série. Un sacré hat trick. M.A.

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