L'équipe de Suisse dit adieu au Stade de Genève

FootballDès cet été, Servette jouera sur du synthétique à la Praille, un choix validé par le Conseil d’Etat. Conséquence: il n’y aura plus de grands matches internationaux au bout du lac.

Une image que les Genevois ne verront plus.

Une image que les Genevois ne verront plus. Image: Eric Lafargue

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Le changement de surface de jeu était dans le pipe-line depuis plusieurs semaines déjà, c’est désormais une réalité: Servette évoluera bel et bien dès la saison prochaine sur un terrain synthétique. Souhaité par les dirigeants «grenat» qui, confrontés à des problèmes de terrain d’entraînement insolubles après le refus par le peuple de la votation du Pré-du-Stand, entendent regrouper à la Praille, à un même endroit, les professionnels, les espoirs ainsi que la LNA féminine, le projet a reçu ce mardi l’aval du Conseil d’Etat genevois.

Montant des travaux à venir: quelque 1,6 million de francs. Exit donc, dès la fin de l’exercice actuel, la fameuse pelouse hybride, installée à grand frais en 2016 et présentée alors comme la Rolls-Royce des terrains. De fait, faute de moyens, on retiendra surtout un manque récurrent d'entretien et l'offensive des champignons...

Président de la Fondation du Stade de Genève, Jean-Marc Guinchard a trouvé un accord avec les services de l’Etat concernés. «Grâce à l’appui du Conseil d’Etat, a-t-il expliqué sur les ondes de «Radio Lac», on a pu trouver les montants nécessaires pour un montage financier cohérent.» Un appel d’offres sera lancé dans les prochains jours et les travaux devraient être achevés à la mi-août au plus tard – l’équipe d’Alain Geiger pourrait devoir disputer ses premiers matches de la saison 2020-2021 à l’extérieur.

Les grands clubs ne viendront plus

Servette s’apprête donc à rejoindre Young Boys, Thoune et NE/Xamax – autant d’équipes de Super League évoluant déjà sur une moquette artificielle, dont l’entretien est jugé cinq fois moins élevé que celui d’une pelouse en herbe traditionnelle. Alors que sa promotion semble faire de moins en moins de doutes, Lausanne-Sport a lui aussi déjà opté pour du synthétique dans son nouveau stade de la Tuilière. Dans ce cas-là également, l’absence d’un centre d’entraînement a conduit Ineos, propriétaire du leader vaudois de Challenge League, à concentrer les activités de l’équipe en un seul et même lieu.

Première conséquence très concrète du changement de surface entériné par Servette, on ne risque pas de revoir l’équipe de Suisse à Genève durant de longues années, ce qui représente une perte autant pour la Fondation (privée de recettes conséquentes) que pour les supporters romands de la Nati. De même, il ne sera plus possible d’y organiser des matches amicaux de prestige, les grands clubs européens étant tous réfractaires à ce type de surface, interdite d’ailleurs en Angleterre et en Allemagne.

Autre conséquence: les rugbymen servettiens, qui partageaient jusque-là la pelouse de la Praille avec les footballeurs, devront déménager et se trouver un terrain de dégagement. A ce jour, il n’existe en effet aucune pelouse synthétique compatible pour la pratique des deux sports combinés.

Nicolas Jacquier

Créé: 05.02.2020, 21h26

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