Enfin la consécration pour Alex Wilson

AthlétismeLe Bâlois a remporté le médaille de bronze du 200 m des championnats d'Europe à Berlin.

Alex Wilson a signé un superbe exploit sur 200 m.

Alex Wilson a signé un superbe exploit sur 200 m. Image: KEYSTONE

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Alex Wilson est un sprinteur opiniâtre, fort en gueule et jusqu’à ce jeudi trop souvent trahi par ses nerfs. Combien de fois a-t-il cru pouvoir casser la baraque, lui, le balèze, bâti comme un déménageur mais fragile comme une armoire en kit? L’an passé, aux Mondiaux de Londres, il avait fait le buzz, mais seulement grâce à ses pitreries et ses boutades. Il préférait encore rire de ses échecs. «J’étais tellement stressé que j’ai failli faire dans mes froques», disait-il au micro de la DRS.

Non, des origines jamaïcaines et la sympathie d’Usain Bolt ne suffisent pas à s’acheter un destin de champion. Oui, pour prétendre à la consécration, il faut bosser comme un damné et ne pas bouffer n’importe quoi. D’accord, «l’Éclair» n’était pas un foudre de travail et il se goinfrait de nuggets, mais n’est pas Bolt qui veut… Alors, il y a deux ans, le Bâlois s’est mis au turbin sous le joug de Clarence Callender, un coach anglais à poigne. Une crise de conscience, le début d’une métamorphose. Et à Berlin, après des tonnes d’efforts et 10 kilos perdus sur la balance, il a enfin cueilli le fruit de ce régime drastique. Une médaille de bronze qui brille comme de l’or, quarante ans après celle de Peter Muster. La trentième breloque remportée par la Suisse sur la scène européenne.

Oh! Alex Wilson a encore dû souffrir avant de pouvoir exulter et hurler au ciel qui grondait toute sa joie. C’était un cri de libération. Il lui a fallu s’arracher, ne pas lâcher prise, signer un cinquième record de Suisse de l’année (20’’ 04) pour coiffer au poteau l’Espagnol Hortelano (20’’ 05). Devant, le Turc Guliyev (19’’ 76), déjà champion du monde du 200 m à Londres, était trop fort. Et tant pis si l’Anglais Mitchell-Blake (20’’ 04) lui a volé l’argent pour six millièmes. «Je veux revenir de Berlin avec une médaille, c’est un devoir», avait-il annoncé au printemps, alors qu’il revenait de Floride où il s’était entraîné avec le sulfureux Justin Gatlin. «Un bon type. Auprès de lui, j’ai beaucoup appris, la technique du départ, le mouvement des bras.»

Mais pour monter enfin sur un podium international, c’est d’abord avec le cœur qu’il s’est démené. Le cœur, le plus beau des muscles. Non, Wilson n’est plus un rigolo. Quand il dit qu’il visera une médaille mondiale, l’été prochain à Doha, on le croit sur parole.

(TDG)

Créé: 09.08.2018, 23h07

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