Emma Chardon, ardente comme son rêve américain

BasketballAvec Genève Élite, l’ailière de 17 ans espère corriger le tir ce mardi contre Winterthour, en demi-finale des play-off de LNA.

Emma Chardon revient d’un camp en Floride où elle estime avoir beaucoup appris.

Emma Chardon revient d’un camp en Floride où elle estime avoir beaucoup appris. Image: Magali Girardin

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Même toute petite, Emma Chardon a toujours été grande! C’est ainsi qu’elle s’est d’abord illustrée. «Je savais à peine shooter et dribbler mais j’avais de la facilité au rebond. Je n’avais qu’à tendre les bras pour cueillir les ballons sous les panneaux», sourit l’ailière de Genève Élite. C’était il y a six ans, avec son premier club, le BC Bas Chablais. Aujourd’hui, la gamine maladroite a 17 ans, elle mesure 1,89 m, elle est internationale suisse et elle ne désespère pas de se qualifier pour la finale des play-off de LNA. Une vie en accéléré qu’elle raconte avec nonchalance sous le soleil frisquet d’avril, dans la cour du Collège André-Chavanne. Des étoiles plein les yeux.

Oui, comme elle dit, c’est incroyable. Et ce n’est pas tout. Il y a deux mois, Emma Chardon s’est entraînée avec ses copines de l’académie genevoise sur le parquet mythique du Staples Center, le fief des Lakers et des Clippers de Los Angeles. La NBA comme dans un rêve, ce spectacle grandiose qu’elle regarde à la TV, un peu à la dérobée, pour ne pas sacrifier ses nuits d’étudiante. Elle y a vu le choc de titans entre LeBron James et James Harden, noyée de bonheur dans les gradins immenses. «On a aussi pu discuter avec Clint Capela, c’était génial», souffle-t-elle. Capela, le Genevois qui monte et qui épate.

Des erreurs de jeunesse

Une carrière américaine, oui, la jeune femme d’origine franco-sénégalaise en caresse aussi le projet. Du bout de doigts, en musclant son corps de liane et en forgeant son caractère plutôt cool. Du terrain de Douvaine à la salle du Sapay, elle en a déjà fait du chemin. À grandes enjambées, en laissant son âge au vestiaire, elle qui a toujours été aussi la plus jeune. L’équipe nationale l’a vite repérée, normal, elle sortait du lot. Elle a découvert la LNA l’an passé, sans complexe, tout en faisant ses gammes avec Romain Petit et l’équipe U20, championne nationale sans avoir connu la défaite.

Son âge, parfois, la rappelle à son bon souvenir. «Je commets des erreurs de jeunesse, reconnaît-elle. Le stress me joue des tours. Techniquement, j’ai encore beaucoup de progrès à faire.» Cette saison, bonifiée par le travail spécifique effectué à l’académie, elle a gagné en assurance. Son temps de jeu et ses statistiques le prouvent.

«Tout a été très haut et très vite pour elle. Et cela ne m’étonne pas. Emma est très forte. Athlétiquement et mentalement, elle a tout pour réussir», confie sa coéquipière Sabrina Palie, une ex-joueuse de WNBA. C’est auprès de la Française que la collégienne talentueuse a confié ses appréhensions au moment de s’envoler il y a deux semaines pour la Floride et un camp d’entraînement organisé par la NBA Academy. «Elle avait peur de ne pas être à la hauteur, elle la petite Suissesse. Je lui ai juste dit de profiter au maximum de cette expérience. «Montre ce que tu sais faire, tu n’as pas d’autres choix.» Je crois que là-bas, elle a pris un peu plus conscience de son réel potentiel.»

À Tampa, entourée de jeunes espoirs venus du monde entier, entraînée et scrutée par les coaches des équipes universitaires (NCA), Emma Chardon estime avoir beaucoup appris. «J’espère qu’il y aura un autre camp», dit-elle avec envie. Plus que jamais, son rêve américain est en marche. Mais avant qu’il se réalise un jour, elle a un match ce mardi soir contre Winterthour, une maturité à réussir en 2021 et encore au moins deux saisons avec Genève Élite pour continuer de grandir et «apprendre à se battre pour gagner ma place». «Rien n’est acquis, j’ai encore tellement de boulot à faire», conclut-elle.

Créé: 15.04.2019, 21h42

Le moment ou jamais

Deux défaites contre Winterthour et sa shooteuse de choc (Labritney Jones) n’ont pas refroidi les ardeurs d’Emma Chardon. «Bien sûr qu’on est frustrées. Perdre à chaque fois de façon aussi serrée, c’est rageant mais cela nous donne encore plus envie de renverser la vapeur», affirme-t-elle. Ce mardi, au Sapay (20 h 30), la tâche de Genève Élite et de sa jeune garde s’annonce toutefois ardue. Pour espérer défier Elfic Fribourg en finale des play-off, l’équipe de Romain Petit n’a plus droit à l’erreur. Il lui faudra réduire l’action d’une Américaine irrésistible samedi (36 points et 21 rebonds), faire valoir son collectif et gagner trois fois. Pour le public genevois, c’est aussi le moment ou jamais de venir soutenir une équipe qui le mérite bien. P.B.

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