Djokovic vacille mais conserve sa couronne

TennisNovak Djokovic s’est rétabli d’un coup de sang et d’un coup mou pour battre Dominic Thiem en cinq sets et remporter son 8e Open d’Australie.

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Novak Djokovic est revenu d’outre-tombe pour remporter dimanche face à Dominic Thiem son huitième Open d’Australie au bout de cinq manches étranges (6-4, 4-6, 2-6, 6-3, 6-4). Impérial en début de match, puis hors de lui et sans force, le Serbe a su retrouver ses esprits pour passer l’épaule face à un adversaire qui a baissé physiquement au cinquième set. «Nole» reste donc invaincu en finale à Melbourne. Il compte désormais dix-sept titres majeurs, à deux unités de Nadal, trois de Federer. Et demain, le Serbe sera de retour au sommet du classement ATP.

Mécanique enrayée

Novak Djokovic s’en moque certainement mais cette finale restera une énigme. Après cinq jeux, la Rod Laver Arena se préparait en effet à revivre le même type de monologue qu’il y a douze mois. Bien fixé à sa ligne, intraitable en retour, «Djoko» s’était installé dans sa zone de confort, là où il devient tout simplement injouable (4-1). Que s’est-il passé ensuite? Deux fautes, un rallye perdu et Dominic Thiem récupéra son break lors du dernier jeu disputé avec la première série de balles (4-3). A priori rien de trop grave. Sauf qu’à partir de là, et même s’il remporta le set trois jeux plus tard (6-4), quelque chose s’était cassé dans la belle mécanique du septuple vainqueur.

Attitude du public

Soudain inefficace au service (de 80% à 62% puis 46% de premières balles des sets 1 à 3), «Nole» commença à montrer des signes d’irritation illogiques pour un joueur qui mène. Il regardait son clan, semblait se plaindre d’une force obscure qui le tirait vers le bas. De quoi se plaignait-il? Depuis les tribunes, la seule explication plausible renvoyait à l’attitude du public qui avait bruyamment salué le réveil de l’Autrichien pour ensuite définitivement prendre son parti. Novak Djokovic ne cesse de le répéter: il joue désormais pour bien plus que des titres. Comprenez, il veut conquérir l’amour des foules. Or ne pas le recevoir dans «son stade» contre un adversaire qui n’a pas l’aura de Roger Federer sembla totalement le décontenancer.

Un double «dépassement de temps» sanctionné par l’arbitre termina de le faire dégoupiller. Hors de lui, le Serbe concéda six jeux de suite en gérant, en plus, ce qui ressemblait à une baisse de tension (4-6, 2-6). Jamais «Djoko» n’avait remonté un déficit de deux manches à une en finale de Grand Chelem. Il s’offrit donc un temps mort médical pour reprendre ses esprits et des forces. Quelques minutes durant lesquelles Dominic Thiem eu largement le temps de comprendre qu’il n’était qu’à quelques jeux de son rêve.

Force mentale

Est-ce ce «reality check» qui sortit l’Autrichien de sa bulle? Peut-être. Toujours est-il qu’à mesure que Novak Djokovic remontait son pourcentage de premiers services pour redevenir le patron de l’échange, «Domi» baissait en intensité. Un horrible jeu de service à 3-4 lui coûta le break et le quatrième set (il va repenser à cette volée de coup droit si facile). Puis quelques frappes forcées le précipitèrent dos au mur dès le début du cinquième (2-1). Novak Djokovic n’avait alors «plus qu’à» gérer son break d’avance. Grâce à un service retrouvé (84% de points derrière sa première balle), il y parvenait sans jamais vraiment trembler. L’alerte avait été violente une heure trente plus tôt. Mais pour avoir su l’absorber avec une force mentale dont lui seul connaît les ressorts, Novak Djokovic était redevenu depuis longtemps le meilleur homme sur le terrain. Comme souvent, il quitte l'Australie en grand patron du circuit.

Mathieu Aeschmann, Melbourne

Créé: 02.02.2020, 14h00

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