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Coach Charly n’a pas fini sa mission avec Chênois

L’entraîneur espagnol est resté fidèle au poste. Son défi: marier sa culture de la gagne et sa vocation de formateur.

Charly Careño (au premier plan) et ses trois nouveaux renforts étrangers: le géant serbe Edin Musabegovic, l’ailier bosnien Nenad Sormaz et le jeune international belge Gil Hofmans.
Charly Careño (au premier plan) et ses trois nouveaux renforts étrangers: le géant serbe Edin Musabegovic, l’ailier bosnien Nenad Sormaz et le jeune international belge Gil Hofmans.
Lucien Fortunati

Il aurait pu monnayer sa réputation sous d’autres néons, aller voir ailleurs si le parquet est plus vert. Non, Charly Careño est resté fidèle au poste. Au restaurant de Sous-Moulin, le coach de Chênois a sa table et ses habitudes. Qu’importe le plat du jour, il le savoure toujours avec plaisir. Un peu comme à la maison. «Ici, tout est bon. Autour du club règne une ambiance familiale. Pour être bien quelque part, il suffit souvent de petites choses», dit-il. Ce samedi, face au néo-promu Traktor Bâle (18 h), il attaque sa quatrième saison avec appétence. Il attend encore le dessert…

Si l’ancien international espagnol n’est pas difficile, son intransigeance est reconnue, surtout lorsque le volley est en jeu. Cet été, malgré la précarité des moyens financiers du club, il a insisté pour pouvoir organiser un camp d’entraînement. Pour cela, il a fait jouer ses relations. Au programme: quatre jours dans sa ville d’Almería, tous frais payés, sauf les billets d’avion. Et au bilan, trois défaites sévères contre un costaud du championnat espagnol. «Rien d’alarmant, l’équipe a progressé au fil des matches et ce temps passé ensemble a favorisé l’intégration des nouveaux et la cohésion du groupe.» Coach Charly a la dent tendre. Conversation entre deux coups de fourchette.

Après trois saisons à Genève, vous auriez pu chercher meilleure fortune ailleurs. Pourquoi rester?

Parce que je suis bien ici, parce que j’ai le sentiment d’y faire un travail utile, parce que le club grandit bien, parce qu’il faut savoir se contenter de ce que l’on a. C’est vrai, j’aurais pu partir ailleurs, mettre la main et prendre l’argent. Puis, en cas d’échec, me défausser. Mais ce n’est pas dans ma mentalité.

Quel bilan tirez-vous de ces trois premières années?

Si l’on ne s’en tient qu’aux résultats, il est mitigé. La saison passée, sans la blessure prolongée de notre top scorer Luka Babic, on aurait pu prétendre à atteindre la finale, comme déjà en 2018, où il ne nous a pas manqué grand-chose pour viser le titre. Finir 6e, ce n’est bien sûr pas glorieux. Dans ma carrière de joueur et de coach, j’ai remporté 29 titres et j’ai toujours été en finale. Mais cette culture de la gagne, je la relativise aujourd’hui. Ici, j’ai changé d’état d’esprit. J’ai compris que l’essentiel n’est pas toujours de gagner. Mais attention, au plus profond de moi, j’ai toujours envie d’être champion!

Alors, l’essentiel, c’est quoi?

C’est d’aider les talents du club à s’émanciper, à progresser sur tous les plans, physique ou mental. À les pousser à bosser dur et à se battre pour gagner leur place. Le boulot n’est pas terminé et c’est pour cela que je suis encore là! Chênois n’a peut-être pas les moyens de monter une équipe pour gagner mais d’autres le font, et à la fin, il y en a qui perdent et qui ne forment aucun jeune…

L’idéal, ce serait donc de marier deux philosophies, celle de la gagne et celle de la formation?

Oui, avec nos moyens, c’est possible et c’est ce que l’on va encore essayer de démontrer cette saison. On a certes perdu notre libero Micko et son moteur d’avion, mais Jan Prönnecke a toute ma confiance. Il doit faire du joueur serbe un exemple, une source d’inspiration. Mais impossible de le copier. À lui de trouver sa touche personnelle.

Finalement, le club a engagé Gil Hofmans, un jeune international belge, pour remplacer Babic comme pointu. N’est-ce pas au détriment d’Antonio Dos Santos, un jeune du club, auquel était destiné le poste?

Non, absolument pas. Antonio est encore en formation et sa cohabitation avec Hofmans constituera pour lui une saine émulation. De toute manière, dans mon esprit, je n’ai pas de titulaires attitrés. Ce sera le même cas au poste de passeur, où Robin Rey ne sera pas le remplaçant de Luka Sormaz. Il est certain qu’il aura bien plus de temps de jeu qu’à Amriswil, où on a tenté de l’enrôler cet été.

Quel sentiment vous habite à l’orée de la nouvelle saison?

On a un effectif bien équilibré, avec des gars expérimentés comme l’inusable Ruca, le nouveau capitaine de l’équipe, ou le central serbe Musabegovic. Et une jeunesse pleine de talent. Si on exploite ce potentiel et si l’on joue très bien, on peut aller en finale. Si on ne joue que bien, et par intermittence, ce sera plus compliqué. Mais de toute manière, pour défier le LUC, Amriswil ou Näfels, on ne pourra pas cesser de travailler dur.

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