Chic, c’est vraiment la bouteille à l'encre sur le Tour de France

CyclismeLa course tourne le dos aux Pyrénées sans la moindre certitude. La dernière semaine s’annonce passionnante.

Pour les coureurs et les spectateurs, le suspense reste entier sur les route du Tour.

Pour les coureurs et les spectateurs, le suspense reste entier sur les route du Tour. Image: Keystone

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Les organisateurs du Tour de France avaient deux idées derrière la tête, le 25 octobre passé, à l’heure de dévoiler le parcours de cette 106e édition de la Grande Boucle. Primo, essayer de ménager le suspense jusqu’au bout. Secundo, tenter de favoriser le dessein des coureurs français. Après quinze jours de course, on peut dire que le plan bicéphale fonctionne à merveille. Qu’elles sont loin, les écrasantes années de l’US Postal et Lance Armstrong! Même la récente mais sévère domination de l’équipe Sky semble avoir du plomb dans l’aile. La boîte aux fantasmes et aux questions paraît, à l’image de l’épreuve, plus ouverte que jamais.

Jolie bagarre en perspective

Au moment de tourner le dos aux Pyrénées et à leurs brumes ascensionnelles, le peloton navigue en effet dans une passionnante bouteille à l'encre. Au terme de la 15e étape, remportée hier en solo par le Britannique Simon Yates (Mitchelton-Scott) entre Limoux et le sommet du Prat d’Albis (185 km), ils sont six coureurs à se tenir en à peine plus de deux minutes. Laissez reposer tout ça un jour, ce lundi à Nîmes où la caravane fait relâche, replongez l’ensemble dans la fournaise qui s’annonce sur la route mardi (lire ci-dessous) et piaffez avant ce triptyque alpin qui, dès jeudi, servira de juge de paix à la jolie bagarre qui s’annonce.

Dimanche, jour anniversaire de la conquête de la Lune, l’ovni Julian Alaphilippe a retouché terre. Le Français a certes conservé son maillot jaune pour 1’35. Mais après avoir remporté le contre-la-montre de vendredi puis brillé encore dans la montée du Tourmalet samedi, le coureur de la formation Deceuninck-Quick Step a – enfin – connu un coup de mou. «Avec tout ce que j’ai donné jusque-là, ce n’est pas une surprise pour moi de caler un petit peu, a déclaré l’oiseau. Je commence à payer l’addition de ces deux dernières semaines, c’est logique. Je l’ai beaucoup dit, je le répète: je ne peux pas être partout, même si je me suis battu avec tout ce qu’il me restait dans les jambes. Et si je craque vraiment dans les Alpes, j’espère que Thibaut reprendra le flambeau.»

Thibaut, c’est Pinot, désormais 4e du classement général à 1’50. Enragé suite à la bavure qui lui avait coûté une minute 40 en plaine, le grimpeur de la Groupama-FDJ a à nouveau repris du temps aux favoris dans les ultimes kilomètres du Prat d’Albis. La socquette légère et le jambon puissant, il avait frappé la veille l’un des plus beaux coups de sa carrière en s’imposant dans le Tourmalet. Même les fameux porcs noirs de Bigorre ont chanté «cocorico»!

Le message de Macron

Il y avait aussi de quoi ravir un Emmanuel Macron de passage sur la République de juillet: «Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot sont des coureurs que l’on aime tous beaucoup, parce qu’ils ont du cœur et de l’envie, a loué le président. Ils font un Tour extraordinaire depuis le début. Que les deux continuent à honorer notre pays comme ils le font, à enthousiasmer les jeunes et les moins jeunes. J’espère que l’on va déjouer la malédiction et avoir un Français en jaune sur les Champs-Élysées.»

Une semaine à palpiter et on saura. En attendant, l’ère des microdoses paraît rimer avec mégasuspense et personne ne s’en plaindra – sauf peut-être l’armada du Team Ineos (ex-Sky) qui, privée de son capitaine Chris Froome, semble avoir perdu une partie de sa sérénité. Geraint Thomas, vainqueur l’an passé et hué par une partie du public dans le Tourmalet, a admis s’être «senti assez faible» samedi.

Bernal en embuscade

Le lendemain, il n’a pas semblé beaucoup mieux. Son jeune lieutenant Egan Bernal, coleader au sein de la formation britannique, en a profité pour se rapprocher un brin – il pointe désormais à 2’02 de Julian Alaphilippe et à 27 secondes du Gallois. Le Colombien sera-t-il déjà en mesure de déboulonner son boss dans les Alpes? Tout en continuant à vanter «l’excellente communication» qui règne au sein de l’équipe, le grimpeur de poche persiste et signe: il est là pour «aider Thomas et ramener le maillot jaune à Paris».

Un programme que les gens d’Ineos ne sont désormais plus seuls à adopter. Même le si discret et constant Néerlandais Steven Kruijswijk peut y songer. Oui, les organisateurs du Tour ont réussi leur coup.

Créé: 21.07.2019, 20h58

La canicule guette

Thibaut Pinot le sait, il a mangé son pain blanc ce week-end. «C’était mon temps, ma météo, il fallait que j’en profite, sur une étape comme j’aime», a-t-il indiqué dimanche, après avoir terminé deuxième. «Le chaud, ce n’est pas son point fort. Il préfère le froid, la pluie, un climat de Franc-Comtois», concédait il y a quelques mois Julien Pinot, son entraîneur de frère à la Groupama-FDJ. Les Pyrénées ont été grimpées dans la douceur et la première averse de cette Grande Boucle a même douché l’arrivée au Prat d’Albis.

Pinot va donc, sans doute, faire quelques cauchemars, après avoir fait le déplacement de Nîmes, où le peloton est de repos ce lundi, et ouvert l’application météo qu’il a forcément dans un coin de son smartphone. La canicule (40 degrés et un ressenti de 45, avec une brise venue du sud-ouest de 25 km/h) est attendue pour les quelques tours de roue que tous vont effectuer pour se dérouiller les jambes. Mardi, lors de l’étape en boucle autour de la préfecture du Gard, Météo France annonce «seulement» 36 degrés, mais un ressenti de 41 tout de même.

Le lendemain, en direction de Gap, ce ne sera guère mieux. Les autorités françaises ont d’ailleurs prévu de lancer une alerte météo lundi soir. «Cette canicule sera aussi forte et quasi aussi étendue que celle d’août 2003, avec un pic d’intensité de mardi à jeudi», ont-elles déjà prévenu. Les coureurs seront alors dans les Alpes, pour y franchir des cols à plus de 2000 mètres d’altitude. De quoi leur rafraîchir les idées? R.C.

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