Chapuisat analyse la métamorphose de Seferovic

FootballLe buteur suisse fait le bonheur de Benfica, où il cartonne. Il est le deuxième meilleur buteur du championnat portugais. Chronique d’une renaissance.

Haris Seferovic a marqué 16 buts et en a offert 7 autres depuis le début de la saison.

Haris Seferovic a marqué 16 buts et en a offert 7 autres depuis le début de la saison. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il était la risée de tous, le buteur sans but ou si peu, l’homme qui manquait l’immanquable, le désespoir de ses entraîneurs et le bonheur des défenses adverses. Haris Seferovic le maudit, celui qui fait tout juste avant de s’effondrer au moment du dernier geste. Un Euro 2016 avec la Suisse traversé dans la douleur (zéro but, tant d’occasions manquées), un Mondial 2018 sans plus de réussite: il a essuyé une volée de critiques que son absence abyssale de temps de jeu à Benfica, rejoint en 2017, ne faisait qu’étayer.

La saison passée, de décembre à la fin du championnat portugais, en mai, il n’a joué que 82 minutes. Affreux, indigne. Vladimir Petkovic lui a maintenu sa confiance, mais beaucoup se demandaient pourquoi. Seferovic était condamné à être un éternel espoir, champion du monde des M17 en 2009 avec la Suisse, vaguement inspiré lors des mois de septembre et d’octobre, mais toujours transparent ensuite. Et puis tout a changé.

Une bonne étoile semble enfin veiller à sa destinée lusitanienne. Benfica lui a remis le pied à l’étrier dès cette nouvelle saison, oubliant la précédente: le club de Lisbonne a bien fait. Les chiffres parlent.

Saison 2016/2017 avec Eintracht Frankfort en Bundesliga: 3 buts, 0 assist, 1060 minutes de jeu sur l’ensemble de l’exercice. Insuffisant.

Saison 2017/2018 avec Benfica en Liga Nos: 4 buts, 2 assists, 831 minutes de jeu sur l’ensemble de l’exercice. Insuffisant.

Saison 2018/2019, la deuxième avec Benfica: 13 buts, 4 assists, déjà 1037 minutes de jeu. Toutes compétitions confondues, Seferovic en est même à 16 buts et 7 assists, pour 2238 minutes disputées au total.

Cette métamorphose a sauté aux yeux de tous les supporters helvétiques le 18 novembre dernier, lors du Suisse - Belgique de Ligue des nations. Oubliés les sifflets minables qui avaient accompagné la sortie de Seferovic un an plus tôt, en barrage contre l’Irlande du Nord: contre les Diables Rouges, alors que la Suisse était menée 0-2 et devait l’emporter, Haris Seferovic a surgi pour laisser éclater tout son potentiel au travers d’un triplé, lors de ce mémorable succès 5-2.

«Un buteur a besoin de statistiques»

Depuis, Seferovic continue de cartonner avec Benfica. Son équipe vient d’ailleurs d’humilier Nacional 10-0, avec deux buts du Suisse. C’est sans doute plus facile pour un buteur d’être efficace au Portugal, là où hormis les trois ou quatre cadors du championnat, tout est plus simple. «Mais il n’est pas n’importe où, corrige Stéphane Chapuisat. Il est à Benfica, il marque avec Benfica où il a désormais sa place.»

Le buteur vaudois en connaît un rayon. Notamment sur la dose de confiance que doit nécessairement avoir un chasseur de buts, qui faisait justement défaut à Seferovic. «Tous les joueurs ont besoin de sentir la confiance du club et de l’entraîneur, rappelle Chapuisat. Mais les attaquants en ont peut-être besoin plus encore. Haris, je le connais bien depuis les M17 suisses. Il a toujours été un joueur intéressant. Mais qui n’était pas récompensé de ses efforts pour l’équipe par des buts qu’il aurait dû marquer. Mais qu’il manquait, jusqu’à déclencher la colère et les critiques. J’ai aussi connu des moments dans ma carrière où c’était compliqué. Le pire, c’est de savoir que la frontière est mince entre ce qui est considéré comme une mauvaise performance, parce que tu ne marques pas, et ce qui est d’un coup un bon match, parce que tu as fait trembler les filets. Dans ces moments, il faut avoir la confiance de son entraîneur, de son équipe, de son club et ne pas trop cogiter. Il ne faut pas forcer les choses. Haris est maintenant très en vue. Tant mieux pour la Suisse.»

Haris Seferovic a 26 ans et il est peut-être - enfin - en train de devenir l’attaquant que l’équipe nationale attend depuis longtemps. C’est tout le mal qu’on lui souhaite, lui dont l’intelligence de jeu n’a jamais été en question. «Mais un buteur a aussi besoin des statistiques», rappelle Stéphane Chapuisat.

Cela tombe bien: à la veille du début des éliminatoires pour l’Euro 2020, ce Géorgie - Suisse du 23 mars, «Sefe» est en pleine fine.

Créé: 11.02.2019, 19h18

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Maudet s'oppose au budget 2020
Plus...