Sa chambre à hypoxie l’a fait tomber de haut

BiathlonDans le Tyrol, le Genevois Jeremy Finello espère se relancer en disputant ses 4es Mondiaux.

Jeremy Finello, de PyeonChang à Pékin?

Jeremy Finello, de PyeonChang à Pékin? Image: Keystone/Keystone

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Jeremy Finello ne se prévaudra jamais d’une carrière à la Martin Fourcade ou à la Johannes Boe, les champions iconiques du biathlon mondial. Le Genevois le sait bien et il n’en prend pas ombrage. À chacun son destin. Tandis que les cracks foncent et font mouche, lui fond dans le décor et canarde parfois dans le vide. Cela ne l’empêche pas de vivre son sport passionnément, en tirant le diable par la queue et le meilleur de lui-même.

Cet hiver, le biathlète du SC Obergoms visait ses quatrièmes Mondiaux et il a fini par toucher la cible. De justesse, sans marquer le moindre point en Coupe du monde. «En début de saison, j’ai été au fond du trou. Là, je remonte la pente, c’est de bon augure», confie-t-il. Le week-end dernier, deux bons résultats en IBU Cup (l’ancienne Coupe d’Europe) ont validé sa sélection. Inespérée? «Non, je savais que j’en avais les moyens», répond-il, plus fort que le doute.

Deux ans après PyeongChang et une première aventure olympique mi-figue, mi-raisin, Jeremy Finello (27 ans) est donc toujours en course. À l’époque, il s’était remis en question. Valait-il la peine de repiquer aux Jeux, de consentir toujours autant de sacrifices? Pékin, c’était si loin encore. Le dilemme s’est vite estompé. Une excellente saison 2018-2019 l’a persuadé de continuer. Financièrement, c’est une gageure. Sportivement, c’est du bonheur, surtout lorsque l’on monte pour la première fois sur un podium de Coupe du monde en relais mixte. On se sent alors capable de soulever des montagnes.

Mais gare aux vertiges de l’altitude, à ses artifices surtout. Aux mirages de la science. L’été passé, à Andermatt, le Genevois s’est glissé dans une chambre à hypoxie, un espace confiné qui simule l’altitude et stimule la production de globules rouges. Une panacée à la mode, qui frise les codes et donne des ailes. «Cette première expérience m’a très bien convenu. On l’a répétée en octobre, durant trois semaines, juste avant l’ouverture de la saison, mais ce second bloc d’entraînement ne m’a pas réussi. Quinze heures de confinement quotidien en solitaire, c’est dur pour la tête. J’en suis sorti épuisé, victime de carences en fer et en magnésium. J’ai eu du mal à récupérer, mes premières compétitions se sont révélées très décevantes. Mais je ne me prends pas la tête, je suis resté le même homme.»

Le Genevois ne maudit pas cette préparation, adoptée par Swiss Ski en vue des JO 2022 et des pistes haut perchées de Zhangjiakou. Il n’en conteste pas les bénéfices supposés. «Pour moi, le moment n’était peut-être pas bien choisi. Il faudra en tirer les leçons. C’est un travail qui peut payer à l’avenir», dit-il. Alors que les Mondiaux s’ouvrent ce jeudi avec le relais mixte, Jeremy Finello ralliera Antholz-Anterselva lundi pour n’y disputer que le 20 km et le relais hommes. Un programme allégé pour réduire le stress. Il se dit encore «en reconstruction, avide de retrouver le plaisir de se faire mal en course».

Créé: 13.02.2020, 16h41

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