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Jeux paralympiquesAucune chaîne de TV ne diffusera en direct les épreuves

Les Jeux paralympiques peinent à attirer l’attention des chaînes de télévision suisses qui n'assurent qu'un service minimum.

Les journalistes au travail à Pékin en 2008.
Les journalistes au travail à Pékin en 2008.
AFP

Avec 2,4 millions de tickets vendus, 503 compétitions proposées dans vingt sports et plus de 4200 athlètes dont un nombre inégalé de femmes, la cuvée 2012 va surpasser sur de nombreux points celle déjà très réussie de Pékin. Le Comité international paralympique (CIP) peut d’ores et déjà se frotter les mains.

«La couverture apportée par les télévisions, radios et journaux va porter l’événement à un niveau encore jamais égalé », s’est ainsi réjoui Tim Hollingsworth, le directeur du Comité paralympique britannique, dans les colonnes du quotidien The Daily Telegraph.

Une diffusion «secondaire»

Dans le monde entier, la population de plusieurs grands pays aura accès aux Jeux paralympiques sur le câble. La chaîne britannique Channel 4 diffusera 150 heures de direct, alors que le service public allemand, ARD et ZDF, compte en proposer 65. En Chine, la télévision nationale CCTV offrira une couverture intensive, via plusieurs heures quotidiennes de directs et de résumés, à l’image des chaînes publiques NHK au Japon et KBS en Corée du Sud.

Au total, on estime que l’événement attirera une audience cumulée de 4 milliards de personnes, ce qui constituerait un record. Ces chiffres, bien qu’encourageants, n’occultent pourtant le fait que, de manière générale, les Jeux paralympiques 2012 seront principalement diffusés de façon «secondaire»: sur internet, les chaînes payantes, ou en privilégiant les résumés aux directs.

Le fait que le CIP lui-même ait choisi de proposer près de 600 heures de retransmission à travers quatre canaux sur son site internet n’a certainement pas encouragé les diffuseurs à investir.

Enthousiasme modéré en Suisse

Ainsi en Suisse, aucune chaîne ne retransmettra les Jeux en direct. Du côté de la RTS, on justifie cet état de fait par un programme sportif surchargé. « Le problème, c’est que la loi nous interdit de diffuser un événement sportif sur notre canal internet RTS Sport s’il n’est pas également diffusé sur RTS Un ou RTS Deux », explique Jean-François Develey, rédacteur en chef adjoint du Département des sports. La chaîne a ainsi choisi de traiter l’événement par des magazines et d’envoyer un journaliste sur place. « Des sujets seront diffusés principalement le week-end, ce qui assurera une excellente mise en valeurs des sportifs suisses », assure-t-il.

Du côté de Teleclub, c’est au niveau stratégique que cela coince. «Avec notre politique d’abonnements, on cherche plus à diffuser des événements sur la durée, comme un championnat de football ou de hockey sur glace», explique Roger Feiner, tout en admettant que les Jeux paralympiques ne seraient pas rentables financièrement. Le directeur des sports de la chaîne privée précise cependant n’avoir jamais été contacté ni par le CIP, ni par l’Union européenne de radio-télévision, détentrice des droits.

L’avenir par les chaînes locales ?

Ce désistement des grands diffuseurs pourrait faire le bonheur des chaînes locales, à l’image de TV8 Mont-Blanc, qui a flairé le bon coup après que France Télévisions eut décidé d’assurer le service minimum. La chaîne savoyarde diffusera près de 80 heures de direct, avec un riche entourage où viendront s’exprimer des spécialistes du sport handicap.

De quoi donner des idées de ce côté-ci de la frontière ? «Nous souhaitons continuer à couvrir le handisport», assure Pascal Mathieu, responsable des sports à Léman bleu, la télévision régionale genevoise. «L’idée d’une couverture plus intensive à l’avenir reste ouverte, mais toujours dans une optique locale», précise-t-il. Pour l’heure, le tournage d’un magazine relatant la future épopée londonienne des deux archers handisport Magali Comte et Philippe Horner est programmé.

Peut-on alors imaginer, dans un avenir proche, avoir un plus grand accès médiatique aux Jeux paralympiques depuis la Suisse ? La réponse pourrait venir de Swiss Olympic. En assurant sa propre diffusion sur le net, à l’image de son homologue étasunien qui propose dix vidéos des JP 2012 au quotidien via son compte YouTube, l’organe faîtier du sport helvétique se doterait d’un excellent outil pour mettre en lumière des disciplines oubliées plus souvent qu’à leur tour.

ats

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