Le bon tour de Bernard Stamm, coach à succès

VoileSur le Tour de France à la voile, le Vaudois a laissé la barre de son bateau et distille son savoir à des jeunes qui cartonnent

Sur son semi-rigide, Bernard Stamm observe autant le plan d’eau que ses protégés auxquels ils tentera de donner le petit conseil qui fera la différence.

Sur son semi-rigide, Bernard Stamm observe autant le plan d’eau que ses protégés auxquels ils tentera de donner le petit conseil qui fera la différence. Image: Jean-Marie Liot / ASO

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Ce n’est pas une vocation. C’est une convocation de ses «genoux de 55 ans qui grincent». Depuis cinq ans, Bernard Stamm s’était mis à la barre d’un Diam 24, un trimaran de sport exigeant. Avec ce bateau, chaque été, il prenait un certain plaisir à faire le tour des plages de l’Hexagone à l’occasion du Tour de France à la voile. Avec son expérience, il avait acquis un niveau lui permettant de jouer le haut du tableau. «J’étais d’abord barreur, puis équipier, dit-il. À chaque fois, on avait bien progressé mais il manquait un petit quelque chose pour pouvoir prétendre gagner cette belle épreuve. Une fois ce constat fait, nous avons décidé de monter un équipage de jeunes talents et de les encadrer.»

100 jours de préparation

C’est donc toujours avec son fidèle sponsor Cheminées Poujoulat que le Vaudois s’est engagé. Depuis le début de l’année, il a développé et mis en place tout le programme Diam 24 de son team. Avec, en point culminant, ce Tour de France qui s’est élancé le 5 juillet à Dunkerque. «Jusqu’à cette année, je n’avais jamais imaginé devenir coach. D’ailleurs, je suis davantage manager qu’entraîneur. Il y a une grosse part de mon boulot qui se fait en amont et à terre. Tout ce qui est logistique, mise au point du bateau, planification des entraînements. Pour être compétitif sur le Tour, c’est entre 80 et 100 jours de préparation sur l’eau.»

Chez Poujoulat, tout a été visiblement bien pensé. L’équipage cartonne depuis le premier jour de régates. «C’est vraiment un groupe sympa et qui a très bien bossé. C’est assez génial de les voir mettre en œuvre ce que l’on avait imaginé et préparé tous ensemble. Ils déroulent et font preuve d’une très grande envie de gagner. Sportivement, c’est top. Mais c’est aussi humainement que tout se passe pour le mieux. Et sur une compétition aussi exigeante ce n’est pas évident car les nerfs peuvent être mis à rude épreuve avec la fatigue.»

Le rythme imposé par les organisateurs est usant pour les organismes. Régates, démontage, voyage, montage. Et ainsi de suite de Dunkerque à Nice en passant par Les Sables-d’Olonne. «De la préparation de janvier à la fin du tour, c’est un job à 200%, estime Bernard Stamm. Impossible de faire quoi que ce soit d’autre. Je ne me plains pas. Cette expérience est très enrichissante et je suis quelqu’un de curieux. Mais impossible de dire si tout cela sera reconduit ces prochaines années. Pour l’instant, on se concentre sur la fin de ce tour avec cette première place à aller chercher.»

À deux points des leaders

Le Team Poujoulat est à la lutte avec deux autres équipes (Beijaflore, 1er, et Réseau Ixio, 3e) pour la victoire. Très réguliers, Robin Follin et ses coéquipiers Gaulthier Germain, Antoine Rucard, Virgil Aubriot sont revenus à deux points des leaders juste avant le passage en Méditerranée, mardi à Port-Barcarès. «C’était le bon moment, sourit l’entraîneur. Un peu comme si on avait marqué un but juste avant la mi-temps.»

Habitué aux grandes épopées océaniques en solitaire, Bernard Stamm se découvre des talents cachés de meneur de jeunes marins. «Sur l’eau, mon rôle consiste avant tout à récolter un maximum d’informations que je leur transmets avant le départ. Mais ce sont des détails, des petits trucs qui peuvent faire la différence à un moment. Mais jamais je ne vais leur dire de quel côté partir par exemple. Si on en dit trop, les gars arrêtent de réfléchir, et ça, ce n’est jamais très bon en voile.»


Le CER brille aussi

La Suisse ne brille pas que par l’intermédiaire de Bernard Stamm et de son équipe. Le Centre d’entraînement à la régate de Genève est lui aussi en position de force sur ce Tour de France. L’association qui forme les marins de demain a engagé deux bateaux. Ville de Genève pointe actuellement à une superbe 8e place au général et en 2e position du classement amateur. L’autre Diam 24, CER WET se pose au 22e rang. Dimanche, aux Sables-d’Olonne, Victor Casas, Mathieu Ravussin et Laurane Mettraux ont fini sur la deuxième marche du podium de la superfinale juste devant… Cheminées Poujoulat. Parfaitement barré par le talentueux Versoisien Victor Casas, Ville de Genève perpétue la tradition puisque le Tour de France a toujours été l’épreuve phare de la saison du CER. Avec souvent de très bons résultats dans une course formatrice. «Il y a une bonne ambiance à bord, témoigne Laurane Mettraux. C’est 100% de plaisir quand on navigue. Si on continue dans cet état d’esprit ça se passera bien en Méditerranée.» GSZ

Créé: 15.07.2019, 15h47

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