Bernard Stamm prêt à s’élancer sur les traces de Jules Verne

VoileLe marin suisse a rejoint l’équipe de Francis Joyon pour s’attaquer au record du tour du monde à la voile.

«Idec Sport» est un bateau polyvalent qui doit permettre à Francis Joyon, Bernard Stamm et leurs quatre coéquipiers de se jouer des océans.

«Idec Sport» est un bateau polyvalent qui doit permettre à Francis Joyon, Bernard Stamm et leurs quatre coéquipiers de se jouer des océans. Image: JEAN-MARIE LIOT

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Il n’y a pas que le Vendée Globe dans la vie. A force de faire de cette course mythique une obsession, Bernard Stamm avait presque fini par se perdre dans un tourbillon de désillusions. C’est un peu comme s’il était frappé d’une malédiction. Chaque campagne menée par le marin suisse s’est soldée par un échec. Ce fut douloureux, souvent. Rageant, parfois. Et même miraculeux, la dernière fois. Lâché par son Cheminées Poujoulat, pris dans une tempête lors d’un convoyage après l’échec du Vendée Globe 2012, le Vaudois reconnaît être passé près, très près, de la catastrophe en mer d’Iroise, à quelques encablures de son port d’attache brestois…

Oublier le Vendée

Un bateau taillé pour lui. Un bateau «offert» sur un plateau par la Fondation Sandoz. Un bateau qui ne sera jamais un cadeau. Au point qu’on avait fini par croire que ses déboires auraient raison de sa passion. «On ne peut pas s’empêcher de réfléchir sur ce que l’on veut faire, dit Bernard Stamm, mais en ce qui me concerne, l’envie de repartir, de naviguer, est assez vite revenue. L’accident est digéré. En revanche, la déception de ne pas avoir pu aller au bout du projet, vis-à-vis de tous ceux qui m’avaient soutenu, la fondation, mes équipes techniques, cette déception-là n’est pas encore totalement évacuée.»

Homme franc du collier, Bernard Stamm déteste décevoir. A 51 ans, il n’a pas perdu cette rage de vaincre qui l’habite depuis qu’il a décidé de mettre les voiles, sur le tard. «J’ai un parcours atypique», aime à rappeler celui qui a épousé les océans après une trentaine d’années agitées. Après le dernier échec du Globe, il s’est refait un moral en compagnie de Jean Le Cam. Les papys flingueurs ont remporté la Barcelona World Race, un tour du monde sans escale qui se court en double. Un joli coup insuffisant pour convaincre son sponsor de relancer une campagne pour le Vendée 2016. Construire un bateau neuf? Trop juste et trop cher. Louer ou racheter un des bateaux encore disponibles? «Aucun d’entre eux n’aurait pu me permettre de partir avec des objectifs de victoire, dit-il. Un Vendée, c’est trop d’investissement pour ensuite se contenter de participer… Ça ne me ressemblerait pas.»

Un défi qui lui ressemble

Un défi qui lui ressemble, c’est donc ce Jules Verne auquel il va s’attaquer dans les jours ou semaines qui viennent. Il a troqué son grand ciré jaune pour une combinaison rouge de l’équipe Idec Sport. «Francis Joyon (ndlr: le skipper) est venu me chercher car il voulait quelqu’un d’expérience dans son équipe restreinte. Il me connaît bien. J’ai déjà fait un Jules Verne (ndlr: victorieux sur «Orange» en 2005) et je connais aussi ce bateau, qui a battu tous les records avec Franck Cammas et Armel le Cléac’h, et qui a gagné la dernière Route du Rhum avec Loïck Peyron à la barre.»

Ce géant des mers, qui a écrit quelques-unes des plus belles lignes de la voile moderne, est l’ancien trimaran armé par Groupama puis par Banque Populaire. «C’est un bateau extrêmement sain et éprouvé, souligne Bernard Stamm. Francis Joyon et son équipe ont fait le choix de le laisser en configuration «solo», avec un mât plus court notamment. L’idée, c’est de voyager léger avec un équipage extrêmement restreint de six personnes. C’est possible de faire mieux que le chrono établi par Loïck Peyron et ses hommes avec le Banque Populaire devenu Spindrift 2. Sinon je ne serais pas là.»


Un équipage en mode commando

Deux bateaux, deux équipes, deux philosophies. A Brest, Idec Sport n’est pas le seul à attendre une fenêtre météo favorable pour s’élancer à l’assaut du record du tour du monde à la voile. Dans la cité bretonne, Spindrift Racing attend également son tour. Dona Bertarelli et Yann Guichard sont aussi dans les starting-blocks. Contrairement à Idec Sport, Spindrift 2, le plus grand multicoque de course au monde, ne se manie pas en équipage restreint. C’est tout du moins le choix opéré par l’équipe battant pavillon suisse, qui partira avec 13 hommes et une femme.

Bernard Stamm ne lorgne pas l’équipe voisine. C’est chacun son routeur météo, chacun sa route. Les chances que les deux teams s’élancent en même temps sont finalement assez minces. «Nous avons suffisamment à faire pour ne pas nous préoccuper des autres, rigole Bernard Stamm. Ce record est prenable, mais il n’y a pas beaucoup de gras. Nous nous attendons à une course physique.»

Avec seulement six marins à son bord, Idec Sport sera mené en mode commando. Deux hommes seront en permanence sur le pont, un barreur et un régleur. Pour chaque manœuvre, l’équipage sera sollicité. Le plus grand défi, finalement, sera celui qui attend Francis Joyon. Collectionneur de records en solitaire, il va devoir apprendre la collégialité. Avec seulement cinq soldats à «apprivoiser», il ne devrait pas avoir trop de problèmes pour mener à bien sa mission. «Ce sont tous des skippers», dit-il. G.SZ

Créé: 11.11.2015, 07h43

Record prenable

Temps de référence Le record du Trophée Jules Verne est détenu par Loïck Peyron avec Maxi Banque Populaire?V (devenu depuis Spindrift?2): 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes. «Ce record est prenable, estime le skipper détenteur du trophée. Nous sommes allés vite, mais nous avons dû parfois rallonger notre route.»

L’équipe Idec Sport sera mené par Francis Joyon (59 ans). Il sera accompagné par Gwénolé Gahinet (Fr/31 ans), Bernard Stamm (S/51 ans), Alex Pella (Esp/42 ans), Clément Surtel (Fr/36 ans) et Boris Herrmann (All/34 ans). Routeur à terre: Marcel van Triest.

Le bateau Idec Sport, trimaran de 31,5 mètres de long pour 22,5 de large et un mât de 33,5 mètres.

G.SZ

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