Bellier et Nikles ont pris goût à la Coupe Davis

Tennis Les deux Genevois se sont envolés pour Tachkent. Ils évoquent leur première sélection et confient leurs motivations.

A Pesaro, le coach national Séverin Lüthi n’a pas hésité à lancer dans le bain le jeune espoir Antoine Bellier.

A Pesaro, le coach national Séverin Lüthi n’a pas hésité à lancer dans le bain le jeune espoir Antoine Bellier. Image: KEYSTONE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Voilà plusieurs saisons que Johan Nikles et Antoine Bellier suivent leur petit bonhomme de chemin. Deux voies distinctes mais parallèles, qui visent au même but: faire leur trou dans l’univers impitoyable du circuit ATP. Mais cet été, c’est souvent ensemble que les deux espoirs genevois ont évolué. En gagnant le titre national interclubs avec le TC Eaux-Vives. En partageant l’affiche de la finale du tournoi Future de Sion – remporté par Nikles. En se retrouvant au générique de la Coupe Davis, embarqués dès vendredi avec Henri Laaksonen et Adrien Bossel (les No 1 et 2 de l’équipe) dans un match couperet face à l’Ouzbékistan.

Chacun leur tour, les deux apprentis champions ont déjà goûté au parfum singulier de ce Saladier d’argent chargé d’histoire. Ils racontent leur baptême du feu avec émotion (lire ci-dessous), ils se sont envolés pour Tachkent avec l’enthousiasme de leurs 19 ans. Sans le forfait conjoint des trois meilleurs joueurs suisses, ils n’auraient pas été du voyage. Cette aubaine renouvelée les envoie-t-elle au casse-pipe? Non, ce n’est pas ainsi qu’ils imaginent cette deuxième convocation! Non, ils ne parlent pas d’une Suisse abandonnée par ses stars.

«On respecte leurs raisons, ils ont déjà tellement donné pour l’équipe», affirment en chœur les deux Genevois, conscients qu’une carrière se bâtit en privilégiant certains choix. Ainsi, loin de la terre battue de Tachkent, Federer se reconstruit, Wawrinka fête son titre new-yorkais et Chiudinelli lorgne le top 100. «Sur le plan physique et émotionnel, une semaine de Coupe Davis en vaut deux. En plus, en barrage, il n’y a pas de points ATP à gagner», note Johan Nikles.

S’ils ne joueront sans doute pas les premiers rôles en Ouzbékistan, les deux espoirs suisses auront à cœur de justifier leur sélection. «Je n’y vais pas pour faire de la figuration. Je veux être prêt à toute éventualité», indique Antoine Bellier, persuadé que la Suisse aura sa chance. «On n’est certes pas favoris mais le coup est jouable», confie Johan Nikles, décidé à prouver que «derrière Federer et Wawrinka, ce n’est pas le désert».


Une date qui marque

Johan Nikles (2015, 1er tour, Belgique - Suisse 3-2, Sparring-partner)

Dans l’effervescence d’une carrière encore à l’état d’ébauche, Johan Nikles (19 ans, ATP 668) aurait-il la mémoire courte? De sa première participation à la Coupe Davis, en février 2015, il se souvient de tout, sauf de la ville dans laquelle il a joué le sparring-partner! C’était à Liège et la Suisse, déjà privée de ses ténors, s’était inclinée 3-2 face à la Belgique malgré les succès en simple d’Henri Laaksonen. Un match marqué par le «pétage de plombs» de Yann Marti, exclu de l’équipe! De cette première expérience, Johan Nikles ne veut retenir que le positif. «Ça a été quelque chose de grand, une expérience humaine forte et enrichissante. Quand on a mon âge (ndlr: 17 ans à l’époque) et mon classement, une telle convocation n’est pas habituelle! Elle est marquante. Elle prouve qu’on ne travaille pas dans le vide, qu’on avance dans la bonne direction.»

A Liège, le jeune Lancéen n’a pas joué mais il s’est imprégné d’une compétition à nulle autre pareille: «C’était excitant de vivre la Coupe Davis de l’intérieur. A l’entraînement, sur le banc, dans les vestiaires et plus seulement dans les gradins!» Sa plus grande découverte? «A l’issue de la rencontre, j’ai été frappé par l’énergie qu’il faut déployer pour disputer une telle épreuve, la tension nerveuse qu’elle génère. Elle vous vide les batteries! On sent les gens derrière soi, on a encore plus envie de bien faire, d’être à la hauteur des attentes. On joue aussi par procuration, en encourageant ses coéquipiers.»

A l’entendre, l’émotion est encore vive et ne demande qu’à être prolongée. P.B.


Un match référence

Antoine Bellier (2016, 1er tour, Italie - Suisse 5-0, 3-6 2-6 contre Paolo Lorenzi)

Il a vécu le premier acte à Pesaro, en mars dernier. Il fera tout pour que le baisser de rideau à Tachkent n’éjecte pas la Suisse du groupe mondial. Antoine Bellier (19 ans, ATP 458) a-t-il signé un long bail avec la Coupe Davis? «Oh! Je ne me projette pas ainsi. Contre l’Italie, j’ai surtout cherché à saisir la chance que m’a offerte Séverin Lüthi. C’était une semaine intense, riche en enseignements. Une super-expérience qui m’a beaucoup servi. Depuis, j’ai continué à travailler dur. Plus libéré et toujours aussi déterminé. Cette deuxième convocation, c’est une nouvelle récompense pour moi. Je veux à nouveau l’honorer du mieux que je peux. La Coupe Davis, on y prend goût.» A Pesaro, le Genevois a fêté son baptême du feu alors que les carottes helvétiques étaient cuites. Cela ne l’a pas empêché de «tout donner» contre Paolo Lorenzi, matricule 54 à l’ATP, un adversaire qui avait fait le malheur de Marco Chiudinelli deux jours plus tôt. De ce premier match «pour beurre», perdu 6-3 6-2, il a conservé une bonne impression. «Je ne me suis pas senti à la rue, je suis sorti du terrain sans regret», dit-il.

Le néophyte genevois ne s’était encore jamais frotté à un joueur aussi coté. Face à l’Italien, il a mesuré la différence qui le sépare (encore) du top 100 sans en faire un fossé. En cela, la Coupe Davis a été pour lui un motif d’encouragement, une source d’inspiration. Selon Antoine Bellier, elle use autant les énergies qu’elle les galvanise. «C’est sa magie. On y joue en équipe, aussi bien pour s’y affirmer que pour se dévouer pour les autres.» P.B. (TDG)

Créé: 14.09.2016, 07h21

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

L'affaire Maudet inquiète jusqu'à Berne
Plus...