Barnabé Delarze est prêt à prendre le large

AvironVice-champion du monde l’an passé, le Vaudois, associé au Lucernois Roman Röösli, aura des vues sur l’or le 1er septembre à Linz.

Barnabé Delarze est bien décidé à revenir de Linz, où vont se dérouler les Mondiaux d’aviron, avec de l’or autour du cou.

Barnabé Delarze est bien décidé à revenir de Linz, où vont se dérouler les Mondiaux d’aviron, avec de l’or autour du cou. Image: KEYSTONE

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S’il y a trois ans, du côté de Rio, le ciel s’était mis à danser la samba sur le Lagoa Rodrigo de Freitas, il n’est plus question, pour lui, de se faire mener en bateau par qui que ce soit. Depuis ses Jeux manqués au Brésil où il avait plongé ses ambitions dans l’amer, Barnabé Delarze n’a plus de vagues à l’âme mais le vent en poupe, prêt à prendre le large, sur le chemin de la consécration. Associé au Lucernois Roman Röösli avec lequel il a obtenu une médaille d’argent aux Européens en double-scull, début juin au Rotsee, il est bien décidé à décrocher avec son camarade un titre mondial le 1er septembre à Linz, le dernier jour d’une compétition qui démarre ce dimanche.

Avant d’envisager récolter de l’or à Tokyo, le Vaudois de 24 ans a fait de ce rendez-vous autrichien le principal objectif de sa saison. Après un camp d’entraînement en France où les rameurs ont privilégié l’intensité plutôt que le volume, il leur reste à exploiter tout leur potentiel sur ce plan d’eau d’Ottensheim qu’ils connaissent bien pour y avoir été champions du monde M23 en quatre de couple en 2013.

Barnabé, quand on est vice-champion du monde, on cherche forcément à faire mieux. Avec une telle forme, vous serez difficiles à battre?

Oui, d’autant plus qu’on vient de remporter nos deux dernières Coupe du monde où il y avait quasi tous les meilleurs. Alors oui, on est prêts à confirmer. Il y aura toutefois une forte concurrence. Outre les deux Polonais qui nous ont battus à Lucerne, il ne faudra pas oublier les Anglais, qui sont très forts, les Irlandais qui montent en puissance, mais aussi les Allemands qui sont toujours là. On se méfie aussi des Français, champions du monde en titre, et des Néo-Zélandais. Il y a au moins huit bateaux qui peuvent viser le podium.

Depuis les JO de Rio, avec Roman Röösli, vous êtes devenus une référence en double-scull.

Oui, mais presque à retardement, car après nos deux premières saisons, il n’était pas certain que nous restions ensemble. Après une médaille lors de notre première Coupe du monde, on a eu de la peine à enchaîner. J’avoue que le changement d’entraîneur nous a fait le plus grand bien, mais après une blessure au dos, je n’ai pu reprendre ma place dans le bateau que cinq semaines avant les Mondiaux. C’était un peu juste mais malgré ça, on a tout de même réussi à finir deuxièmes. Le fait d’avoir pu travailler sans pépin physique cette saison nous a permis de rapidement trouver nos marques et nos automatismes, ce qui a été payant. Cela s’est reflété dans nos résultats.

Pour réussir à ce niveau, est-il indispensable d’avoir une parfaite complicité y compris en dehors du bateau?

On s’entend bien, ça aide. Mais après, cela ne signifie pas non plus que nous allons partir en vacances ensemble. Nous n’avons aucun souci entre nous si ce n’est, forcément, deux ou trois coups de gueule de temps en temps. Mais très peu. À vrai dire, Roman est plus calme que moi, heureusement, car s’il avait mon fort caractère cela pourrait devenir très explosif.

Avant de passer en double-scull avec Roman Röösli, vous étiez en quatre de couple avec lui mais aussi avec Nico Stahlberg et le Lausannois Augustin Maillefer. Pourquoi vous êtes-vous séparés de vos deux autres coéquipiers?

Disons que ce n’est pas nous, les rameurs, qui choisissons dans quel bateau on veut aller. Ce sont les entraîneurs qui décident en fonction des résultats. Augustin ayant dû arrêter pour blessure après Rio, il a fallu recomposer d’autres groupes et il n’a pas été évident pour lui de rattraper le train. Il fait partie désormais d’un bateau avec des coéquipiers plus jeunes et cela va prendre quelques mois avant qu’ils puissent jouer la victoire.

L’aviron en Suisse est devenu une tradition. Après le titre olympique de Lucas Tramer et de ses coéquipiers, la voie royale est toute tracée?

S’il est clair qu’ils nous ont montré que c’était possible de le faire, on est surtout sur nos traces. Que ce soit en juniors ou en élite, j’ai toujours voulu remporter des médailles, et c’est ce que j’ai fait. Maintenant, on est prêts à prendre le relais, à être tout aussi constants. On a confiance.

Aller l’an prochain à Tokyo avec l’expérience de Rio, c’est un plus pour vous?

Oui, j’espère. Maintenant tous les JO sont différents. Il est clair qu’à Rio, si nous n’avions pas si mal géré l’approche de la compétition, les résultats avaient été plus décevants. Cela doit rester une épreuve comme un championnat du monde, comme chaque année. Il est inutile de réinventer la roue. À Rio nous étions arrivés désespérés, cette fois notre entraîneur, Édouard Blanc, saura nous aider à rester la tête bien sur les épaules.

Et, sinon, avec tous vos entraînements, avez-vous encore le temps de faire autre chose, d’étudier?

Là, c’est encore les vacances. Mais oui, en fonction de mes horaires, je vais à l’uni trois mois par semestre. J’avais besoin de faire quelque chose à côté de mes entraînements. Et cela me permet aussi de revenir à Lausanne et voir les copains. Là, également, je rame et cela me fait tout autant de bien.


«C’est un physique exceptionnel»

Quand on lui demande de parler de ses protégés, le coach national, Édouard Blanc, ne tarit pas d’éloges sur Barnabé Delarze. «Il bénéficie d’un physique exceptionnel, d’une volonté de travailler hors du commun et une persévérance dans la précision très impressionnante. Il a toutes les qualités, dont un caractère très fort, pour être un très grand sportif et connaître du succès.» Son entraîneur compte forcément sur lui et Roman Röösli pour ramener au pays une belle médaille de ces Mondiaux. «Parmi les huit bateaux helvétiques engagés, ce duo de double-scull sera, avec Jeannine Gmelin, en skif, notre plus grande chance de titre.» Après, estime le sélectionneur, qui se veut optimiste, il pourrait y avoir une troisième médaille avec le double composé de la Pulliérane Frédérique Rol et de la Bâloise Patricia Merz. «Tout dépend si elles croient suffisamment en elles pour y arriver.» Édouard Blanc est, lui, convaincu qu’elles ont le niveau pour se hisser sur le podium. «Ce sont des filles appliquées, studieuses, régulières et consciencieuses qui se préparent bien avec un travail assidu pour atteindre leur objectif.» Le coach a également beaucoup d’admiration pour la petite dernière, la Genevoise Sofia Meakin (21 ans). «C’est un poids léger qui va ramer en double lourd, sourit le Vaudois. Elle méritait ce tremplin pour les gros progrès qu’elle a effectués cette année dont son titre mondial en M23 avec Éline Rol.» Dernier Romand en lice, Augustin Maillefer fera équipe avec trois jeunes loups, sans autre ambition que de prendre de l’expérience. Après Rio, son poignet cassé a mis du temps à se rétablir. «Contrairement à Barnabé, qui est toujours à la limite et en quête du succès, Augustin sait profiter du chemin et de l’aspect social d’une équipe, poursuit Édouard Blanc. Il sait apprécier ce que l’école de la vie et le sport d’élite amènent pour soi.» C.MA.

Créé: 22.08.2019, 17h50

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