Trop friable, la Suisse quitte la Coupe Davis sur une fausse note

TennisBattus 3-2 par la Suède en barrage, les joueurs de Severin Lüthi ne seront pas tête de série l’an prochain. Mais la question n’était pas forcément là…

Image: Keystone

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C’est donc sur un coup droit gagnant du 1094e joueur mondial que la Suisse a pris congé de l’ex-Coupe Davis, dimanche à 18 h 56. Un 1094e joueur mondial qui s’appelle Jonathan Mridha, et qui a battu Sandro Ehrat (ATP 1211) lors du simple décisif, permettant à la Suède de remporter (trois victoires à deux) ce barrage qui n’avait guère de sens. En cas de victoire, les protégés de Severin Lüthi auraient eu le privilège d’être tête de série en vue du 1er tour de la nouvelle épreuve, en février prochain. Ils ne le seront pas, point. À vrai dire et comme toujours, la couleur de l’avenir dépendra plutôt des volontés de Roger Federer et Stan Wawrinka – s’ils souhaitent participer aux JO 2020, ils devront vite repasser par la case équipe de Suisse.

De beaux souvenirs

Mais on était plutôt là pour enterrer le passé, ce week-end à la Swiss Tennis Arena. Dire au revoir ou adieu aux presque trente glorieuses qui ont fait vibrer le pays avec cette Coupe Davis, de la finale perdue à Fort Worth en 1992 (Rosset-Hlasek) à celle gagnée à Lille en 2014 (Federer-Wawrinka), sans compter les mille aventures depuis 1923, date de la première participation helvétique. Dans les tribunes, des supporters portaient un brassard noir, une banderole à la clé: «On nous a piqué notre coupe.» Malgré tout, à commencer par les vides en gradins, les revers boisés et les volées dans le bas du filet, l’ambiance a été très bonne.

Sur le court, les joueurs ont presque tout fait, dans la limite des leurs, pour rendre le moment le moins glauque possible. Samedi, la paire Luca Margaroli/Antoine Bellier avait échoué dans sa mission, tétanisée par on ne sait quoi vu l’enjeu, balayée en trois manches (6-2 6-2 6-4) par le duo Markus Eriksson/Robert Lindstedt. «Il ne faut pas se voiler la face, on s’est fait marcher dessus», résumera le Genevois Bellier. Il fallait donc relever le menton, hier, et le Schaffhousois de Finlande Henri Laaksonen l’a fait en remportant le premier simple contre un Markus Eriksson (ATP 455) émoussé (6-2 6-2 6-7 6-1). Le 120e mondial, qu’on n’a jamais vu sourire, a salué le public: il venait d’offrir à tout le monde un cinquième match fatidique.

Marc-Andrea Hüsler (ATP 386) aurait dû le disputer. Mais victime de sa nervosité et des crampes vendredi lors d’un simple qu’il semblait pouvoir gagner en trois sets avant de le perdre en cinq, le Zurichois de 22 ans ne se sentait pas prêt. «Après ce qui s’est passé, il ne faisait pas 100% confiance à son corps», expliquera le capitaine Severin Lüthi. Alors Sandro Ehrat (photo), qui avait arrêté le tennis en 2015 pour assurer la marche financière du foyer familial, s’y est collé, lui qui a repris sérieusement la raquette ce printemps. Après une bonne entame et le gain du premier set, le droitier de 27 ans s’est peu à peu effacé face au punch de Jonathan Mridha, qui ne restera pas longtemps 1094e mondial. «J’aurais pu être plus offensif, moins passif, mais j’ai montré de bonnes choses et l’ensemble reste positif», a lâché Sandro Ehrat.

Bête noire suédoise

Drôle de baisser de rideau sur une épopée. Il y a moins de quatre ans, la Suisse levait le Saladier d’argent au nez et à la barbe des Français, devant près de 10 000 supporters rouges de bonheur. Hier, ils n’étaient pas mille à suivre les funérailles de troisième classe. Quant à la Suède, qui remporte sa septième victoire en autant de confrontations face à la Suisse en Coupe Davis depuis 1925, elle ressemble de plus en plus à un épouvantail pour le sport helvétique.

(nxp)

Créé: 16.09.2018, 22h38

300 000

Tel est, en francs et environ, le trou financier que laissera ce barrage contre la Suède dans les caisses de Swiss Tennis. C’est le président René Stammbach qui le dit: «Les fans ont été fantastiques ce week-end, mais il n’y en avait pas assez – peut-être 450 ont acheté un billet, le reste, c’étaient des invités, des sponsors et des proches de l’équipe. Or à la fin, il faut quand même quelqu’un pour payer la facture.» Une façon de dire, pour celui qui est aussi vice-président de la Fédération internationale de tennis, qu’il était temps de tourner la page de la vieille Coupe Davis. «On ne pouvait pas continuer comme ça.»

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