«On se dit que si on doit perdre en finale, ce ne sera pas celle-ci, mais la suivante!»

Football - Coupe de Suisse Christian Constantin sait bien qu’un jour viendra où son FC Sion repartira sans le trophée. Mais pas jeudi prochain à Genève…

Christian Constantin tient la 13e Coupe de Suisse remportée par le FC Sion, en 2015. En attendant la 14e, jeudi prochain à Genève?

Christian Constantin tient la 13e Coupe de Suisse remportée par le FC Sion, en 2015. En attendant la 14e, jeudi prochain à Genève? Image: KEYSTONE

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Son obsession est de prendre systématiquement le dessus; réussir à tout prix, sans états d’âme. De Sion à Genève en passant par Tolochenaz et Zurich, Christian Constantin ne laisse personne indifférent. On l’appelle Napoléon ou l’empereur du Valais. Homme d’affaires intelligent, l’architecte devenu promoteur immobilier brasse des milliards, se déplace en Ferrari, en hélico ou avec son jet. Mais à notre rencontre, le président du FC Sion est arrivé au rendez-vous en télécabine.

C’est au Mont-Fort, au-dessus de Verbier, à 3300 mètres d’altitude, que le boss de Tourbillon a pris de la hauteur en notre compagnie. Comme ses joueurs, il est en quête de sommet. Battre le FC Bâle en finale de Coupe, comme en 2015 à Saint-Jacques, c’est le défi qui attend les Sédunois le 25 mai au Stade de Genève. Après avoir ramené sept fois le trophée à la maison, «CC» veut décrocher une quatorzième étoile.

Christian Constantin, avez-vous peur d’être le premier président à perdre cette Coupe de Suisse?

On se dit toujours que si on doit perdre en finale, ce n’est pas celle-ci, mais la suivante! Maintenant, la Coupe, c’est compliqué. Avec, à chaque fois, de nouveaux problèmes à résoudre. Il est évident qu’avec le FCB, nous ne sommes pas favoris. Mais comme il y a deux ans, on va mettre toute notre énergie pour répondre présent. J’espère que le ballon roulera plutôt dans le but de Bâle que dans le nôtre…

Il s’agit de votre huitième finale en tant que président. Avec toujours la même adrénaline?

Quand tu es éliminé, en quarts, en demi ou avant, tu te dis que ce n’est pas trop grave, mais le jour de la finale, quand Sion ne s’y trouvait pas, j’étais un peu blême.

Votre nouvel entraîneur, Sébastien Fournier, qui a aussi tout connu avec Servette, ne sera pas trop dépaysé…

Il connaît surtout le FC Sion, avec lequel il a remporté trois fois la Coupe. Sébastien est conscient de ce que représente cette compétition en Valais. La première fois qu’il avait entraîné l’équipe pro (en 2012), ce n’est pas au niveau du football qu’il avait rencontré des problèmes, mais dans la gestion humaine. Il avait perdu le contrôle du vestiaire. Il a compris qu’on ne peut pas tout dire, que le métier d’entraîneur ne se résume pas qu’au terrain. C’était une erreur de jeunesse. Aujourd’hui, il a cinq ans de plus.

Où étiez-vous le 19 avril 1965, lorsque Sion a remporté sa première finale?

Je me trouvais à Ayent avec mes parents, mais je me souviens très bien ensuite que cette Coupe avait été déposée dans la vitrine de Porte-Neuve, à Sion. C’est la toute première fois que je la voyais…

Est-ce après ce regard d’enfant que vous avez eu ce coup de foudre avec la Coupe?

Je dirais plutôt que j’en suis tombé amoureux bien plus tard. C’est même un souvenir douloureux.

Douloureux?

Si tu veux, quand tu perds en Coupe, c’est toujours douloureux. C’était une demi-finale contre Servette! Je jouais dans les buts avec Neuchâtel Xamax. C’était l’année où les Genevois (en 1979) ont gagné les quatre trophées. On jouait aux Charmilles et on menait encore 2-1 à la 85e. J’ai encaissé deux buts de Piet Hamberg et on a perdu 3-2 dans le temps additionnel. C’est la seule fois où j’aurais pu disputer la finale comme joueur. En face, et je m’en souviens comme si c’était hier, il y avait Engel au goal, Bizzini, Guyot, Trinchero, Valentini, Schnyder, Andrey, Barberis, Pfister, Hamberg et Elia (ndlr: il a même cité les remplaçants!). J’espère que Genève ne me portera pas malchance une deuxième fois, même si Bâle partira à nouveau favori.

Pour les Valaisans, une Coupe de Suisse revêt quelle valeur?

Au niveau du palmarès, c’est la richesse du foot! A titre personnel, je pourrais devenir le dirigeant suisse le plus titré avec Eddy Naegeli, du FC Zurich, qui avait remporté onze trophées (six Coupes et cinq championnats). J’en suis à huit (sept plus un) et si j’ai l’ambition d’arriver à 13 pour remplir les étoiles du drapeau, j’en ai encore besoin de quelques-unes pour soigner mon ego. Et puis, 14 succès sur 14, c’est unique au monde! Economiquement, c’est la possibilité de disputer l’Europa League. Si on peut encore guerroyer dans cette compétition avant d’aller en Ligue des champions, c’est une bonne chose.

Vous êtes aussi partant pour organiser des JO à Sion…

Que ce soit pour nos jeunes, l’hôtellerie ou les transports, il est important de reprendre un grand projet mondial. Il nous faut un point de ralliement pour le pays et il n’y a rien de mieux que le sport. On doit changer notre image et devenir accueillant. A l’exception du saut à skis, tous les sites existent. Quant à l’anneau de vitesse, si on ne tombe pas sur le Salon de l’auto, on pourrait l’organiser à Palexpo.


Une belle montre pour les vainqueurs

Bien qu’il n’ait jamais une minute pour lui, l’homme d’affaires démarre au quart de tour et fonce lorsqu’on lui dévoile un bon projet! C’est ce qui s’est produit récemment avec une jeune société horlogère qui lui a proposé de devenir son ambassadeur. Une rencontre, un café et en moins d’un tour d’horloge, l’accord était conclu. «Je ne suis pas forcément ponctuel, c’est vrai, mais j’aime les montres!» Christian Constantin, qui a surtout envie que ses joueurs soient à l’heure sur la pelouse genevoise, va, du coup, en offrir 22 aux vainqueurs du 25 mai. «Un modèle unique a été créé pour l’occasion, le modèle Diego, d’une valeur de 2299 francs», précise «CC», qui ne cache pas avoir été séduit par ces jeunes créateurs.

A l’origine du projet, Philippe Kuratle, un jeune entrepreneur suisse actif dans l’hôtellerie à Nyon et passionné de montagne, rêvait de retranscrire ces valeurs dans une montre de caractère. Le hasard, qui fait souvent bien les choses, l’a amené à rencontrer un designer valaisan qui partageait sa passion, Jérémie Senggen. «Notre première idée a été le durcissement de l’acier, d’où l’envie de lier la montre à la montagne et à la roche.» Pour cela, Philippe a sollicité son frère Thomas, ingénieur spécialisé dans le développement de nouvelles technologies horlogères. Une histoire d’amitié, un défi un peu fou et c’est ainsi que Montfort Watches, symbole de puissance et d’innovation, est née. La combinaison d’un cadran imprimé en 3D (s’inspirant de la cartographie du Valais) et d’une boîte en acier ultrarésistante est une première dans l’industrie horlogère suisse. Les 400 premières pièces de la collection seront disponibles à la fin du mois. Leur prix? De 1599 à 2299 francs. Actuellement, il n’y a que quatre modèles au design affirmé. Bruce, James, Frank et Vador, c’est leur petit nom. «On prépare aussi un modèle spécial pour Christian Constantin, mais en tant qu’architecte, il a mis sa patte d’artiste», explique un Philippe Kuratle qui pourrait le nommer «la 14e» si ce sont les joueurs du FC Sion qui repartent de Genève avec une Montfort au poignet.

Pour cela, les Valaisans vont devoir déplacer des montagnes… (TDG)

Créé: 18.05.2017, 21h12

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