«Les jeunes femmes sont de plus en plus séduites par la boxe»

Sports de combatLa Fonderie Kugler, à Genève, accueille une «Conférence boxée» jeudi, donnée par Yoann Kongolo et Akim Oualhaci.

Yoann Kongolo, champion genevois de kickboxing.

Yoann Kongolo, champion genevois de kickboxing. Image: Georges Cabrera / Archives

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Ce n’est pas une leçon de boxe ni une conférence. Mais une combinaison des deux. Jeudi soir, à la Fonderie Kugler, le champion de kickboxing genevois Yoann Kongolo et le sociologue français Akim Oualhaci associeront leurs savoirs pour livrer une «Conférence boxée». Pendant que l’athlète expliquera les mouvements inhérents à sa pratique, le scientifique déroulera son enquête sur les salles de boxe dans les quartiers populaires de Paris et de New York. Spécialiste des questions d’inégalités sociales, Akim Oualhaci explique comment deux disciplines bien différentes peuvent se croiser.

En quoi la boxe constitue-t-elle un champ d’étude pertinent pour la sociologie?
Dans mon cas, m’intéresser à la boxe et aux sports de combat quand il s’agit de jeunes des classes populaires me permet de constater les inégalités qui peuvent exister face à la culture ou au sport. La mobilité sociale entre aussi en ligne de compte. Pour avoir comparé deux clubs, un à New York, un à Paris, j’ai pu observer que dans le premier, la boxe représente beaucoup plus un moyen de réussir qu’en France, où elle est plutôt pratiquée comme un loisir.

Les profils sociologiques des pratiquants varient-ils entre l’Europe et les États-Unis?
Il m’a semblé que la salle de boxe anglaise aux États-Unis recrutait des boxeurs plus «bas» dans la hiérarchie sociale. Le niveau de diplôme est en tout cas moins élevé. En France, l’éducation nationale s’est ouverte, d’où cette perspective plus forte sur le loisir. Il est possible que cela soit aussi assez proche de la réalité suisse.

Quelle est la place des filles dans ces clubs de boxe?
Elles existent de plus en plus. Les politiques locales d’encouragement à la mixité promeuvent cette diversité. Il y a également un mouvement d’institutionnalisation de la boxe thaïe, avec des catégories de poids revues, le port de protections et également l’ouverture aux enfants. Les jeunes femmes sont de plus en plus séduites.

Quel rôle jouent les clubs dans les quartiers populaires?
Un rôle majeur, dans le sens où ils encadrent et socialisent les jeunes. Les entraîneurs plaident aussi pour un ensemble de valeurs, liées à la pratique mais également avec des discours parfois moralisateurs. D’ailleurs, les responsables politiques locaux viennent souvent visiter les clubs lors des campagnes préalables aux élections.

Conférence boxée. Jeudi 20 février à 19h, Fonderie Kugler, av. de la Jonction 19, Genève. Entrée: 10 francs.

Créé: 19.02.2020, 11h03

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