Julien Lyon ne borne pas les frontières de ses rêves

Course à piedLe coureur du Stade Genève prépare son premier marathon. Sa rencontre avec Tesfaye Eticha a été décisive.

Dans cinq semaines, Julien Lyon sera au départ de son premier marathon, à Zurich.

Dans cinq semaines, Julien Lyon sera au départ de son premier marathon, à Zurich. Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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Depuis l’enfance, l’envie du marathon lui trotte dans la tête. «C’est ancré en moi», affirme Julien Lyon (26 ans) en laissant courir son rêve, en rappelant ce serment de jeunesse longtemps resté secret. Le gamin infatigable est devenu un athlète inépuisable. Le pistard, qui s’amusait à l’entraînement à «la jouer comme Viktor Röthlin», s’est métamorphosé. «Je supporte mieux la souffrance lorsqu’elle dure», poursuit le Stadiste, 17e du récent semi-marathon de Paris en 1 h 06’?01’’. Dans cinq semaines, à Zurich, il passera à l’acte: 42,195 km de bonheur! «C’est la porte qui s’ouvre sur une belle aventure, sur tous les possibles», dit-il. Devant lui, il y a Rio, Tokyo. D’autres rêves. Olympiques.

«Il m’a donné les clés»

Voilà maintenant un an que le Genevois se consacre à plein-temps à la course à pied. «J’aimerais en faire mon métier», ose-t-il déclarer, sachant qu’en Suisse une telle activité n’est guère reconnue. Il imagine la réaction des gens. «Mais à part ça, vous faites quoi dans la vie?» Jusqu’en 2014, Julien Lyon faisait des études. Deux bachelors, le premier en sciences économiques, le second en sport, ont validé un long cursus universitaire. Il s’est même lancé dans un master. «Mais c’était trop théorique, j’avais l’impression de devenir un singe savant. J’ai préféré arrêter.»

Le bachelier courait aussi, mais sans pouvoir s’investir à fond comme il aime à le faire. Reste de cette époque une sourde frustration. «Quand on manque de temps, on veut en faire plus et on en fait trop. Alors, on se blesse et on cède au découragement. J’ai beaucoup douté de moi, de mes capacités.» En 2012, un titre de champion de Suisse en salle du 3000 m ne pouvait pas suffire à étancher sa soif d’absolu. Trop réducteur.

C’est une rencontre, celle avec Tesfaye Eticha, qui a tout changé. «J’entraînais ses filles au Stade Genève. Ça nous a rapprochés. En plus, on est voisins à Onex», raconte-t-il. La gratitude de Julien Lyon envers le multiple vainqueur du marathon de Genève et de Lausanne est infinie. «C’est lui qui croit le plus en moi. Il m’a pris sous son aile et m’a donné les clés», dit-il, plein d’admiration. Avec Eticha, le Genevois s’est découvert. Aujourd’hui, il accomplit ce qu’il n’osait plus espérer. «On n’a rien négocié. Il me guide, il s’occupe de moi naturellement. En fait, il m’apprend tout. Ses secrets, la culture d’une vie simple et saine, le travail d’endurance, les vertus de la récupération, aussi importante que l’entraînement.»

L’an passé, Julien s’est mis en route. Il a gagné le semi-marathon de Genève (1 h 05’?45’’) sans retombée autre qu’une certaine reconnaissance. «Je suis un peu comme un apprenti qui fait un stage non rémunéré. Il faut semer pour récolter…» se plaît-il à dire. Pour faire bouillir la marmite, il enseigne à temps partiel à l’Institut Florimont. A Paderborn (1 h 05’?34’’), il s’est surtout qualifié pour les championnats d’Europe, cet été à Amsterdam. Puis il a goûté au parfum olympique (un ersatz encore) en disputant les Universiades de Gwangju (21e en 1 h 10’) avant de s’envoler pour un camp d’entraînement au Kenya. «J’en ai sans doute trop fait, ça m’a valu une périostite et une pause pour me ressourcer…»

Semaines bien remplies

Le voilà de nouveau sur pied, le moral gonflé à bloc après sa 2e place sur 3000 m aux championnats de Suisse indoors et son «semi» glacial de Paris, où il est un peu resté sur sa faim. Prêt pour son premier marathon? «Je mets tous les atouts de mon côté», répond-il en ouvrant son agenda. Son programme est chargé, avec neuf à douze séances d’entraînement et 180 à 200 km d’efforts par semaine… Au menu samedi: une sortie de 40 km, d’abord mollo (4 minutes au kilomètre) puis à l’allure marathon (19 km/h) en fin de parcours!

Et Rio? «Courir en 2 h 14’, c’est peut-être une gageure, mais pour moi ça reste un rêve. En fait, je me laisse du temps. Je n’ai que 26 ans. Je sais qu’il faut s’accrocher pour devenir marathonien.» (TDG)

Créé: 10.03.2016, 19h45

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