Les 20 km de Genève ont réussi leur examen. Avec mention

Course à piedLa première édition a ravi les quelque 2000 coureurs au départ. Et fêté les victoires de Victoria Crawford et Wodajo Alemayehu.

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Les Genevois aiment la course à pied. Ils se ruent sur son calendrier local comme on effeuille la marguerite. Un peu, pour se donner du courage. Beaucoup, pour se faire du bien. Passionnément, parce que courir devient vite une seconde nature. Tout le monde y trouve chaussure à son pied. Depuis hier et le lancement des 20 km de Genève, la panoplie s’est enrichie d’une nouvelle épreuve. On aurait pu l’imaginer superfétatoire. Flairer le coup marketing. Se dire que l’Escalade, qui approche à grands pas, suffit au bonheur des coureurs du dimanche. Mais le peloton ne l’a pas entendu de cette oreille. Sur le quai du Mont-Blanc, ils étaient plus de 2000 à louer à l’unisson cette première édition pleinement réussie.

Difficile de déceler un souffle rouspéteur, une marque de contrariété dans ce peloton enchanté, qui transpire son bonheur. Si Thomas Huwiler a esquissé une moue discrète, c’est parce qu’il a longtemps fait la course en tête avant de devoir admettre la supériorité de l’Ethiopien Wodajo Alemayehu. «Je savais qu’il était le plus fort, on ne gagne pas Morat-Fribourg par hasard! Mais je me suis pris au jeu…» confie le Stadiste, vainqueur cet été, sur cette même ligne d’arrivée, du triathlon de Genève.

Un esprit conquérant

Cette saison, l’ancien pistard (13e du semi-marathon aux Universiades de Taïwan) s’est forgé une ambition nouvelle, un esprit conquérant. Alors, jusqu’au 15e km et la descente sur la rade, il y a cru. Avant de lâcher prise. «Quand Alemayehu a accéléré, je n’ai pas pu suivre. Ça m’a fait un coup au moral, j’ai fini la course en serrant les dents», dit-il. Auparavant, il avait surtout écarquillé les yeux, lui qui avait eu l’honneur d’ouvrir la route, de découvrir le premier les charmes de ce parcours insolite, posé entre ciel et lac. L’éclaireur se mue en prophète: «Cette épreuve est magnifique, elle a un bel avenir devant elle». «Malgré la montée initiale, le tracé est très roulant», ajoute en connaisseur l’Ethiopien. Son chrono (1 h 04’23) est un bel indice de référence. Celui d’Huwiler (1 h 04’57) aussi!

Pour Loosli «c’était dur!»

Parce qu’à 77 ans, on prend autrement du bon temps, Henri Loosli a quant à lui fait durer son plaisir durant plus de 2 heures! C’était peut-être sa dernière course, il l’a savourée jusqu’à la dernière foulée! «Oui, mais franchement, c’était dur! Surtout la montée vers l’ONU, elle m’a coupé le souffle.» Le valeureux a trente Morat-Fribourg dans les jambes. Qui sait, il ne s’arrêtera peut-être pas en si bon chemin…

«Je savais qu’il était le plus fort, on ne gagne pas Morat-Fribourg par hasard! Mais je me suis pris au jeu»

Thomas Huwiler

Chez les dames, le bonheur est aussi dans le peloton. Et Victoria Crawford porte un prénom prédestiné. Employée depuis 2014 au World Economic Forum, la marathonienne de Saint-Jean (2 h 52 à Francfort l’an passé) s’est imposée sur ses terres d’entraînement, en brûlant la politesse à son amie Maya Chollet. «Courir à Genève, c’est un ravissement», affirme-t-elle. Comme beaucoup d’autres, on la retrouvera bientôt à la Course du Duc. A l’image de Swann Oberson, l’ancienne nageuse en eaux libres, qui prend goût à transpirer au sec! Et elle ne ménage pas ses efforts! «Aujourd’hui, j’ai un coach (Alexandre Roch) et une montre. Je cours plus sérieusement. Mais cela ne m’empêche pas d’en baver. Là, je suis partie trop vite. C’est l’adrénaline de la compétition! Les derniers kilomètres ont été difficiles, heureusement, je les ai faits pour la bonne cause», confie la marraine du Réseau Cancer du Sein, une terrible maladie qui a emporté sa grand-mère.

Marraine des 20 km de Genève, Céline van Till a accroché elle un dernier sourire à cette première édition. Un merveilleux sourire, perlé de courage. «Je me suis battue pour terminer», dit-elle, la hanche brûlante de douleur. (TDG)

Créé: 30.10.2017, 09h04

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