Sportive et festive, la Course de l’Escalade défile en clair-obscur

ÉvénementÀ mi-course, la 42e édition est déjà un succès. Royaume des contrastes, elle a autant couru que marché. Ce dimanche, au tour des minots, des cracks et des relayeurs de se mettre en scène.

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Plus que jamais, la Course de l’Escalade est un spectacle de rue en clair-obscur, comme un tableau de Rembrandt. Aux Bastions, dans la pénombre constellée de lumière, les marcheurs arrivent en procession joyeuse. Ils ont le pas auguste ou traînant. L’allure svelte ou la dégaine bedonnante. La nuit a magnifié leur déambulation. Il y a là Jean-Louis Bottani, l’ancien big boss de la manifestation. Il marche comme un chef. «A Veyrier, c’était la fête et tout le long du parcours, les orchestres nous donnent le ryrtme». «C’est toujours aussi génial», résume une habituée aux anges. La majorité est féminine mais le walking ne fait pas de différence. Ici, se faire du bien est l’affaire de tout le monde.

Ce bonheur radieux, il s’est déjà exprimé plus tôt, sous la caresse d’un soleil timide, sur ce circuit pavé de bonnes intentions. Santé et conservation! Si l’épreuve glorifie la vitesse, elle fait aussi l’éloge de la lenteur. L’Escalade est la mère des vertus et le royaume des contrastes. Il faut entendre les ovations de la foule. Les derniers du peloton sont les premiers à l’applaudimètre. Il faut relire La Fontaine. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Ici, c’est le courage qui donne du cœur à l’effort. «On fait durer le plaisir», pouffent un vétéran et son acolyte anonyme en franchissant, flapis mais guillerets, la ligne d’arrivée.

Devant, ça pousse et ça galope. Honneur aux plus véloces, les juniors du CHP Agnès Mctighe (17’46) et du Stade Genève Julien Stalhandske (22’59), meilleurs chronos des courses par blocs d’allure. Dans les Bastions, on piétine et on fait la queue. Au pied des passerelles, devant les vespasiennes mobiles, à la consigne des sacs ou sur le stand de la Tribune de Genève, où fume la soupe à Jules. Dans le grand chapiteau, on s’empresse ou on traînasse. L’Escalade est une course à deux vitesses. Elle s’agite sans s’exciter. Elle s’amuse en gardant son sérieux.

Et puis, quand tombent la nuit et les scrupules, quand déboulent la Marmite et son cortège désopilant, elle se laisse aller. Exubérante, cocasse et gouailleuse. Il y a les classiques, une légion de Schtrumpfs, une meute de dalmatiens, une bande d’hommes de Cromagnon. La Corraterie se travestit en carnaval en baskets, en ménagerie en folie, en revue improvisée. Surgissent des gilets jaunes, un CEVA en carton, des militants écolos, un Joker rigolo, des tranches de pizza et les tronches de Federer et Nadal. Les derniers déguisés, le costume en bataille, frôlent les premiers marcheurs. L’extravagance cède le pas à une forme d’austérité extatique.

Fin du premier acte. Ce dimanche matin, le rideau se lèvera sur un autre tableau, pluvieux et plus frisquet. Puisse-t-il ne pas doucher l’enthousiasme de la jeunesse et le dynamisme des coureurs élite.

Créé: 30.11.2019, 20h57

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