Sebastian Aho, un épouvantail face à l’équipe de Suisse

Hockey sur glaceLe Finlandais éclabousse les Mondiaux de son talent. La Suisse parviendra-t-elle à le museler?

Sebastian Aho en est à 9 buts et 17 points dans ce Mondial.

Sebastian Aho en est à 9 buts et 17 points dans ce Mondial. Image: KEYSTONE

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La Suisse, qui défiera la Finlande ce jeudi (20 h 15) en quarts de finale des Mondiaux, a au moins deux raisons de redouter Sebastian Aho, un frêle bonhomme (1,81 m pour 78 kg) de 20 ans.

D’abord, lors des sept matches de la phase de qualification, l’attaquant des Hurricanes de la Caroline (NHL) a brisé le record de production en sélection finlandaise dans un Mondial. Son étourdissante fiche de 9 buts et 17 points a expédié le génial Saku Koivu et Petri Kontiola sur la deuxième marche du podium.

Ensuite, alors qu’Aho collectionnait les mentions sur la glace de Herning, le nouveau propriétaire des Hurricanes (Tom Dundon, un businessman américain dont la patience ne semble pas être la qualité majeure) a raconté que tous les joueurs de l’organisationbasée à Raleigh étaient disponibles sur le marché. Tous sauf Aho. La Caroline a décidé de faire de «C-Bass», qui a obtenu 65 points en 2017-2018, son joueur de concession. Le gars autour duquel les Hurricanes vont rebâtir leur effectif. Le patineur étoile à qui ils offriront un tas de billets verts et à travers lequel ils communiqueront.

Repêché au deuxième tour (35e position) en 2015, Sebastian Aho a longtemps embarqué les recruteurs dans une zone de perplexité. Les rapports d’évaluation de l’époque témoignent de cette frilosité. «Il est relativement petit», écrivait un scout. «Il n’a pas la taille idéale», notait un autre. «Nous, on a vu plusieurs fois le kid et on l’a aimé», avait cependant déclaré Ron Francis après la draft de 2015, sans pour autant avoir jeté son dévolu sur Aho dès le premier tour. «Et pourtant, ses qualités avaient déjà éclaté», se rappelle Manuele Celio. En 2014, alors qu’il dirigeait l’équipe de Suisse M18 aux Mondiaux de Zoug et Lucerne, le Léventin avait été séduit par cet attaquant plus petit que les autres. «Il était arrivé en milieu de tournoi car il avait pris part à la finale du championnat de Finlande. C’était déjà un indice: il n’avait pas 18 ans et son club avait eu besoin de lui pour gagner le titre. Et quand je l’avais vu en action, j’avais compris. Sa vitesse, son habileté avec les mains, son intelligence de jeu: il était hors normes.»

«Il est fun à voir»

Il y a quatre ans, pourtant, Aho évoluait dans l’ombre de Patrik Laine, la nouvelle star du hockey finlandais qui s’est aujourd’hui établi comme le leader des Jets de Winnipeg. «Les deux sont différents, note Celio. Laine a la puissance et le tir, Aho la finesse et le sens de l’anticipation. Avec son profil, je pensais qu’Aho aurait eu besoin d’un peu plus de temps pour apprivoiser la NHL.»

L’ascension d’Aho s’est accélérée grâce à la mutation du jeu, et donc du profil de ses acteurs dominants. «La stricte application des règles d’arbitrage, où le moindre accrochage est sanctionné, a permis à des petits hockeyeurs rapides de se royaumer, nous explique Mark Mowers, l’ex-attaquant américain de Fribourg-Gottéron devenu recruteur pour les Sabres de Buffalo. Aho, un peu comme Nico Hischier, a profité pleinement de ce changement pour s’implanter immédiatement en NHL.» Justin Faulk, son coéquipier chez les Hurricanes, avait résumé le joueur Aho en cinq mots: «Il est fun à voir.»

Aujourd’hui, le propos est partagé par la quasi-totalité des acteurs de la planète hockey. Il n’y a que deux exceptions. Son homonyme suédois des Islanders de New York, un peu moins talentueux, qui a dû accepter d’être surnommé «l’autre Sebastian Aho» et qui doit constamment s’excuser auprès des chasseurs de signatures qui lui tendent une image du Finlandais. Et Patrick Fischer et ses sélectionnés, qui préféreraient faire face à «l’autre Sebastian Aho» jeudi à Herning.

(TDG)

Créé: 16.05.2018, 17h29

Au cœur du Mondial avec Noah Rod



«Avec Genève-Servette, je porte toujours le numéro 96. Celui de mon année de naissance. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais je joue avec le 46 depuis le début du tournoi, et même durant la préparation. Pourquoi ce changement? En fait je n’ai pas vraiment eu le choix. Une hiérarchie très claire existe à ce sujet. Damien Brunner,
le joueur de Lugano, porte le 96 lorsqu’il est sélectionné. Et même s’il n’est pas là, cela ne veut pas dire que je peux bénéficier de son maillot pour autant. Il est présent depuis plus longtemps que moi dans le cadre et c’est donc logique que l’on ne change pas tout à chaque fois. Lorsque je suis arrivé pour la première fois en sélection, on m’a donné le 46 sans vraiment me demander mon avis. J’ai pris ce numéro et, depuis, je l’ai conservé. Je suis encore jeune et peut-être qu’un jour je pourrai avoir «mon» numéro, si j’ose dire. Mais rassurez-vous, ce n’est pas quelque chose qui me tracasse. Cela ne m’empêchera pas de donner mon maximum jeudi soir contre la Finlande.»

Noah Rod, 21 ans, dispute son premier championnat du monde. Tout au long du tournoi, il livre son expérience.

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