Lara Gut et Saint-Moritz, «je t'aime moi non plus»

Ski alpinDe ses débuts fulgurants à sa grave blessure, Lara Gut est passé par tous les états d’âme en Engadine. Sa maman raconte.

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Lara Gut a tout connu ou presque à Saint-Moritz: ses premières courses au plus haut niveau, son premier podium et sa première victoire, un globe de cristal du général, une médaille mondiale en février dernier, suivie trois jours plus tard d’une terrible blessure au genou. La «bombe de Comano» revient pour la première fois dans la station grisonne depuis sa rupture des ligaments croisés.

Jeudi à l’hôtel de l’équipe de Suisse, Lara Gut a confié sa joie de retrouver la compétition. Cette blessure lui a surtout permis de faire le point. «Je ne veux garder que le positif dans cette période loin de la compétition. A titre personnel, je me sens bien mieux que l’année dernière. Désormais, je vis avec mes émotions, mais je ne les subis plus. J’ai retrouvé la joie de skier, l’adrénaline dont j’ai tant besoin. Je ne cours plus après les points ou les victoires.»

Lara et sa maman, Gabriella, reviennent sur quatre dates clés de sa carrière, dont la destinée semble intimement liée à la piste Engadina.


16 janvier 2007

Lara Gut n’est encore qu’une enfant lorsqu’elle fait ses débuts en Coupe d’Europe. «Je ne m’en souviens plus du tout», plaisante la principale intéressée avant d’éclater de rire. A 16 ans, elle termine sa première course à une anonyme 45e place en Super-G. Une anomalie corrigée trois jours plus tard par un prometteur 4e rang en descente, avec le dernier dossard sur le dos (66). «Tout le monde me disait que c’était déjà très bien mais j’étais folle de rage. J’avais gagné l’entraînement du matin et cette place ne me satisfaisait pas du tout.» L’âme de compétitrice et la soif de victoire qui caractérisent la Tessinoise étaient déjà bien ancrés en elle.

Gabriella Gut, alors enseignante, n’est alors pas encore régulièrement présente sur les courses. «À l’époque, on ne parlait pas de podiums ou de médailles. Rien n’a jamais été planifié pour elle. Ce n’est pas dans la philosophie familiale. On ne voulait lui mettre aucune pression. Je ne pensais pas qu’elle pourrait un jour courir en Coupe du monde.»


2 février 2008

À peine plus d’un an plus tard, Lara Gut fera pourtant ses débuts sur le cirque blanc. Un baptême du feu au scénario hallucinant. «Nous étions tout une équipe venue du Tessin, se souvient Gabriella Gut. Partie avec le dossard 32, Lara profite d’une météo favorable. En voyant tous les intermédiaires tourner au vert au final de la descente, nous hurlions, surexcités. Jusqu’à la chute…» Leur championne tombe à la réception du dernier saut et glisse sur le dos jusqu’à la ligne d’arrivée. «Je ne sais pas ce qui s’est passé, avait confié à l’époque la nouvelle pépite du ski suisse. Je me suis tout à coup retrouvée à tourner dans tous les sens. Quand je me suis relevée et que j’ai vu mon résultat, je n’arrivais pas à y croire.» Elle terminera sur la troisième marche du podium, derrière Tina Maze victorieuse ce jour-là. Pas mal pour une première.


20 décembre 2008

De retour sur la piste Engadina, Lara Gut en profitera pour décrocher sa première victoire en Coupe du monde lors du super-G. «En tant qu’athlète, c’est toujours spécial d’évoluer à la maison, souligne la principale intéressée. C’est encore plus fort quand tu peux gagner devant ton public.» Ce premier succès dans le cirque blanc en amènera bien d’autres. Avec 22 victoires toutes disciplines confondues, la Tessinoise n’est plus qu’à une longueur de ses compatriotes Marie-Thérèse Nadig et Lise-Marie Morerod.


10 février 2017

«J’ai reçu un appel de ma fille. Elle m’a dit: «Maman, je me suis fait les croisés.» Avant de passer au scanner, elle savait que c’était grave.» A quelques heures du slalom du super-combiné, le genou de la coureuse tessinoise vient de lâcher aux Mondiaux de Saint-Moritz. Le coup est terrible pour celle qui était dans la course pour les médailles. Lara Gut n’avait que l’or en tête après avoir obtenu le bronze en Super-G. «Elle m’a demandé de ne rien dire à personne et de la rejoindre à l’hôpital, se remémore sa maman. Lorsque je suis arrivée, elle était déjà en train de passer des appels pour planifier son opération et sa rééducation. Lara n’était pas abattue mais tournée vers l’avenir.»

Une blessure n’arrive jamais par hasard. Jeudi devant la presse, la skieuse est revenue sur cet événement douloureux. «J’étais continuellement stressée. Noyée sous les sollicitations, je n’avais jamais de temps pour moi. Je ne me sentais pas protégée.» Éloignée six mois du ski de compétition, Gut a profité de sa convalescence pour faire le point. La jeune femme est aujourd’hui une «nouvelle Lara», selon ses propres mots. Vendredi, elle se retrouvera à nouveau dans le portillon de départ, sur la piste où elle s’est gravement blessée dix mois plus tôt. «Il ne sera pas question de victoire ou de classement, résume sa mère. C’est déjà une victoire qu’elle soit de retour avec cette joie de skier. Ça va être émotionnellement difficile à gérer mais elle avait besoin de revenir pour que cette chute soit enfin derrière elle.» (TDG)

Créé: 07.12.2017, 22h05

Holdener, 10 mois après son sacre mondial

Il y a dix mois presque jour pour jour, Wendy Holdener était couronnée championne du monde de super-combiné alpin à Saint-Moritz. «Cela me fait toujours plaisir de revenir ici, confiait la slalomeuse à la veille du départ. J’ai plein de souvenirs qui me reviennent en tête.» Ce 10 février, la fête était totale pour l’équipe de Suisse grâce à la médaille d’argent de Michelle Gisin. Un doublé acquis dans la douleur, puisque Lara Gut s’était gravement blessée à un genou lors de l’échauffement du slalom.



De son propre aveu, ce sacre n’a pas particulièrement changé la vie de Wendy Holdener. «Je ne me balade pas en disant à qui veut l’entendre que je suis championne du monde. Je tends même parfois à oublier que j’ai gagné ce titre. C’est dommage parce que je manque parfois de confiance en moi.»

Sur le coup de 10 heures vendredi, les skieuses de la Coupe du monde s’élanceront pour le premier des deux super-combinés au programme cette saison (le 2e aura lieu à Crans-Montana début mars). Avec sept vainqueurs différentes sur les sept dernières courses, la discipline reste particulièrement aléatoire. Wendy Holdener aura fort à faire pour défendre son mini-globe de cristal obtenu la saison dernière.

La coureuse de 24 ans, 3e à Levi (Fin) mi-novembre en slalom, a participé au bon début de saison du clan suisse (trois podiums). Frustrée par ses performances en slalom lors de l’entraînement jeudi matin, Holdener n’est pas apparue particulièrement détendue devant les médias. «En super-G, cela a bien tourné. Par contre, en slalom, je n’ai rien fait de bon. En course, je devrais perdre le moins de temps possible en vitesse. Ensuite, tout est possible.»

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