Elle a retrouvé la flamme en s’extrayant de la mêlée

RugbyAprès avoir brillé sur des parquets de basket, Nicole Gerber devient internationale de rugby et rêve des JO de Tokyo.

En passant du ballon orange au ballon ovale, Nicole Gerber a complètement changé de trajectoire. Avec succès.

En passant du ballon orange au ballon ovale, Nicole Gerber a complètement changé de trajectoire. Avec succès. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Comme toutes les petites filles, elle a toujours aimé les belles histoires qui se terminent bien. Mais pas les mêmes qu’on racontait à ses petites copines où le prince charmant montait sur un cheval blanc. Elle a toujours pris du plaisir à s’extraire de la mêlée. Quand elle avait 4 ans, Nicole préférait les prises de judo plutôt que d’habiller ses poupées avec des petits «tutus» après les cours de danse classique que lui payait sa maman.

Après avoir soufflé douze bougies sur son gâteau, cette fille, née à Imsand d’un papa haut-valaisan et d’une mère grisonne, ne rêvait pas de se maquiller pour sortir en boîte avec des talons aiguilles. Mais d’un ballon orange et de marquer des paniers. C’est sa sœur, Sandra, qui l’a «contaminée». Devenue championne de Suisse juniors avec Lancy-Meyrin, titrée à deux reprises en LNB, la capitaine a brillé durant vingt ans sur des parquets avant de transformer un nouvel essai gagnant.

Il y a trois ans, alors qu’elle accusait 32 printemps, c’est au Stade des Serves de Saint-Genis, avec les Wildcats du CERN Meyrin, qu’elle a trouvé la bonne ouverture. «J’avais l’impression d’avoir fait le tour du basket, explique cette grande sportive. Et puis surtout, lors de ma dernière saison, il y avait énormément de jeunes dans le club qui manquaient de discipline et de respect envers leur entraîneur ou leur capitaine. Moi qui ai toujours fait le maximum pour arriver à l’heure, je me suis sentie dépossédée de mon club. Je n’avais plus la flamme.»

État d’esprit exemplaire

Si elle n’a pas le look d’un Chabal en jupon, Nicole a retrouvé le feu sacré dans le monde si particulier de l’ovalie et cet état d’esprit exemplaire. «Je suis allée sur Internet et j’ai tapé Genève rugby féminin, explique-t-elle. Le lendemain, je commençais l’entraînement physique avec les Wildcats. Dans un premier temps, je craignais de me taper la honte, car je ne connaissais pas les règles, et d’être trop petite et trop frêle par rapport aux autres, que je croyais toutes énormes. Mais au contraire, il s’est avéré que j’étais la plus grande et une des plus baraquées.»

Avec son mètre quatre-vingt-trois, il est vrai que cette belle athlète radieuse en impose, que ce soit dans son métier ou dans ce «sport d’équipe de combat». Sous l’impulsion de ses coaches Nick Blackwell et Chris von Arx, il ne lui aura fallu que quelques semaines d’apprentissage, un mariage, pour qu’après son voyage de noces Madame Gerber se fasse remarquer par le coach national! «J’avais travaillé la veille jusqu’à minuit et je m’étais levée à 5 heures du matin, se souvient cette force de la nature. En plus, j’avais encore conduit le bus jusqu’à Yverdon avant de jouer entre 8 heures et midi. Alors que je ne rêvais que d’une sieste, il m’a demandé d’effectuer des tests avec l’équipe nationale.»

Et le conte de fées se poursuit: toujours le même jour à Yverdon, elle est sélectionnée pour un match d’ouverture avant la partie masculine. «J’ai la chance de travailler avec des chefs et des collègues compréhensifs qui m’encouragent dans cette nouvelle voie, se réjouit-elle. Ils savent que si je suis bien dans ma vie, je serai meilleure dans ma profession.» Quant à son mari, Brice, c’est désormais son premier supporter. «Non seulement il vient voir tous mes matches, mais en plus il m’aide à apprivoiser ce ballon ovale pour réussir mes passes!» Premier centre ou No 12 en fonction du nombre de joueuses sur le terrain, elle a été convoquée pour des rencontres internationales à Bordeaux, à Malte, en République tchèque et en Hongrie, pour disputer les championnats d’Europe de rugby à sept. «Cette année, j’ai été appelée tous les week-ends pour des entraînements avec la Suisse et on m’a annoncé que j’allais participer aux Européens du groupe B dès ce vendredi en Ukraine.»

Tout gagné cette saison

Après le titre helvétique remporté avec son équipe, le 10 juin à Nyon en finale des play-off contre l’Entente Redzones de Berne 35-14, le bonheur est toujours dans le pré et l’après pour cette Genevoise de 35 ans. «À part un nul et une défaite, on a tout gagné cette saison. Je ne pensais pas qu’à mon âge, je pourrais en faire autant dans un sport qui me correspond vraiment. C’est peut-être un peu tard, mais je crois que j’arrive au bon moment où il y a plein de choses qui se développent.»

La néointernationale devrait aussi être retenue du 10 au 14 octobre pour l’épreuve continentale de rugby à quinze qui se déroulera à Plan-les-Ouates. Son rêve est de terminer dans le top 3, rejoindre le groupe A et, qui sait, participer au tournoi de sélection pour les Jeux de Tokyo.

Ce serait une belle histoire…

(TDG)

Créé: 18.06.2018, 20h01

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Le PLR repousse son vote sur la démission de Maudet
Plus...