Sorties cinéma«Les Barbares», «L’heureuse élue»: quels films aller voir cette semaine?
Comme chaque automne, les nouveautés cinéma se bousculent. Retenons la sortie du dernier Coppola, «Megalopolis», et d’un sympathique film signé Julie Delpy.
«Les Barbares»

Nous sommes à Paimpont, dans l’ouest de la France. Une certaine fébrilité règne parmi les habitants, qui s’apprêtent à accueillir une famille de réfugiés ukrainiens dans leur village. Sauf que voilà, ce sont finalement des Syriens qui arrivent. D’où des réactions plutôt contrastées au sein d’une communauté qui va rapidement se diviser en deux clans. On connaît désormais assez bien le regard à la fois acéré, détaché et lucide de Julie Delpy lorsqu’elle passe derrière la caméra. «Les Barbares» est déjà son huitième long-métrage et en traitant d’un thème très ancré socialement, elle parvient une fois de plus à imposer un certain détachement par rapport à son sujet. Voire de la drôlerie.
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Et cela grâce à un traitement et un registre qui sont ceux de la comédie. Dans ce portrait social peu flatteur, puisqu’on y souligne le racisme inhérent à certains Français, mais aussi une bonne dose de générosité de la part des autres, elle choisit plutôt bien son casting, quitte à oser le contre-emploi, exemple avec Laurent Lafitte, dont l’apparente bonhomie cache un vrai salopard. En ce qui concerne la mise en scène, l’ensemble reste certes un peu sommaire, mais la cinéaste et actrice sait gérer son affaire sans se prendre la tête. Mineur mais fort agréable.
Note: **
«Dahomey»

En novembre 2021, vingt-six trésors royaux du Dahomey ont quitté Paris pour être rapatriés vers leur terre d’origine, désormais le Bénin. Avec plusieurs milliers d’autres, ces objets font partie d’un ensemble d’œuvres pillées lors de l’invasion des troupes coloniales françaises en 1892. Installant le débat, la cinéaste Mati Diop réalise un film essentiel, qui se balade entre documentaire et essai, puisqu’elle donne la parole aux statues, dans une démarche poético-fantastique inédite dans ce genre de films. Une singularité qui lui a valu l’Ours d’or de la Berlinale cette année.
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Le propos est noble et il est important que ce film existe, mais il y a aussi un côté barbant dans le résultat. Le discours de la cinéaste, souvent trop sérieux, leste de plomb un projet qui a pourtant le mérite d’être ramassé. Un an après «Sur l’Adamant» de Nicolas Philibert, un documentaire français gagne pour la deuxième fois consécutive la récompense suprême à Berlin. Sans cela, peu probable que nous nous serions intéressés au film.
Note: *
«L’heureuse élue»

Voilà une histoire de quiproquos, ou au pire, un prétexte à une comédie de boulevard. Afin de soutirer de l’argent à ses parents, un homme demande à une amie de se faire passer pour sa future femme lors d’un séjour au Maroc. Mais lorsque cette dernière se désiste, son choix se porte sur Fiona, qui lui sert de chauffeur Uber. Il faudra quand même un jour s’interroger sur les capacités de Camille Lellouche.
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Révélée par le télé-crochet «The Voice», qui n’est plus à un dérapage prêt, elle a rejoint l’émission pour y officier comme coach et multiplier les choix les plus désastreux. Niveau chanson, elle a son public, et nul n’est parfait. Mais pour ce qui est de jouer, on la tolère dans «Les SEGPA». Pas dans cette pénible pochade de Frank Bellocq.
Note: °
«Mes amis espagnols»

Ils sont nés à Bienne dans les années 80. Eux, ce sont les amis du cinéaste Adrien Bordone. Puis à l’adolescence, ils sont repartis sur leurs terres d’origine. Qu’il soit forcé ou non, on appelle ce phénomène la remigration. En l’occurrence, c’étaient leurs parents qui les ont obligés à repartir en Galice sitôt leur scolarité achevée.
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Alors le cinéaste s’interroge. Propose des pistes réflexives sur ce flux à rebours. Approche les protagonistes du récit. Reconstruit leur évolution, leur changement. Ce documentaire est généreux, il cultive la proximité avec notre propre identité suisse, ne cultive ni le regret ni les reproches. «Mes amis espagnols», ce sont un peu les nôtres, au fond. Très habile.
Note: **
Et en deux mots
«Dancing on the Edge of a Volcano» de Cyril Aris (*). Durant le tournage d’un film, «Costa Brava, Lebanon», en 2020, une explosion dans le port de Beyrouth se produit. Contre toute attente, l’équipe va continuer à travailler malgré tout. Ou comment le réel s’invite dans un film sans crier gare.
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
«Costa Brava, Lebanon» de Mounia Akl (**). Et voici le film en question. Ou comment l’irruption d’une décharge écologique va perturber le quotidien d’une famille qui vit paisiblement dans la montagne, loin de la pollution de Beyrouth.
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.



















