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Sorties cinéma
«Lee Miller», «Dreamers»: quels films aller voir cette semaine?

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«Lee Miller»

 
The film explores the most significant decade of Lee Miller’s life. As a middle-aged woman, she refused to be remembered as a model and male artists’ muse. Lee Miller defied the expectations and rules of the time by traveling to Europe to report from the frontline during WWII. There, in part as a reaction to her own well-hidden trauma, she used her Rolleiflex camera to give a voice to the voiceless. What she captured on film in Dachau and throughout Europe was shocking and horrific. Her photographs of the war, its victims and its consequences remain among the most significant and historically important of the Second World War. She changed war photography forever, but Lee Miller paid an enormous personal price for what she witnessed and the stories she fought to tell.

Elle fut modèle pour «Vogue», muse de Man Ray. Puis laissa tomber cette vie mondaine pour partir au front, durant le second conflit mondial et devenir photographe de guerre. C’est le parcours singulier d’une battante qui refusa de se laisser enfermer dans des carcans qu’esquisse ici la réalisatrice Ellen Kuras, qu’on connaît essentiellement comme directrice de photographie (exemple pour des films de Spike Lee ou Michel Gondry). Il y a donc bien un effet miroir dans ce biopic à la fois solide et classique dans sa dramaturgie. Incarnée par une Kate Winslet qui y croit et fait corps avec le rôle, Ellen Kuras la filme comme s’il s’agissait d’elle-même, avec ses doutes et ses hésitations.

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Mais la ressemblance entre Kate Winslet et celle qu’elle joue demeure tout autant troublante. Leurs similitudes sont d’ailleurs indirectement à l’origine du projet. Ellen Kuras avait déjà travaillé avec l’actrice, éclairant le film «Eternal Sunshine of the Spotless Mind» de Gondry en 2004, et c’est en achetant un livre sur Lee Miller dans une boutique de New York qu’elle remarqua la ressemblance entre les deux femmes. Le projet mettra pourtant des années à se concrétiser, et c’est Winslet qui en caressera finalement l’idée (en 2015), recontactant alors Kuras pour le tourner. Lorsque Marion Cotillard, Jude Law et Josh O’Connor rejoindront le casting, le film prendra une autre tournure. Cette collaboration étroite entre les deux femmes nous autorise à parler de symbiose et d’unité. Le film y gagne en chair et en densité.

Note: **

•= détestable, °= à vos risques et périls, *= bien, **= intéressant, ***= excellent, ****= chef-d’œuvre

«Super/Man: l’histoire de Christopher Reeve»

Christopher Reeve dans son rôle le plus célèbre.

Christopher Reeve, sa vie, son œuvre. Ou plutôt sa gloire, son combat. Ce documentaire, sur un mode relativement classique, avec son alternance d’images d’archives et de témoignages, raconte l’homme plus que la carrière, même s’il n’ignore jamais celle-ci. Dans sa manière de conduire le récit, «Super/Man: the Christopher Reeve» réussit à nous apprendre un certain nombre de choses. Et d’abord, concernant l’accident de cheval en lui-même à l’origine de la paralysie du comédien, le film a cette manière de nous plonger en immersion au cœur d’un drame qui nous paraît inhumain, trop inhumain pour être toléré.

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Le paradoxe que représente le passage de son statut de super-héros invincible dans les différents volets de «Superman» à cette immobilité forcée qui deviendra sa prison pour le restant de ses jours est au cœur du projet. Nous avions oublié que sa réapparition ovationnée aux Oscars aurait un tel impact. Nous ignorions son amitié fraternelle avec Robin Williams, au point que Glenn Close y verra la cause du suicide du second. Nous connaissions mal ses enfants, ses épouses successives, tout comme ses derniers rôles et ses échecs. Toutes choses qui, ici, apparaissent, synthétisées par le regard d’un tandem de cinéastes, le Genevois Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, tous deux précédemment auteurs de «McQueen», documentaire sur le couturier Alexander McQueen. Leur «Histoire de Christopher Reeve» n’omet pas l’émotion et une sorte de mélancolie propre à tous les témoignages sur le cinéma.

Note: ***

•= détestable, °= à vos risques et périls, *= bien, **= intéressant, ***= excellent, ****= chef-d’œuvre

«Dreamers»

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Carlos est arrivé du Mexique aux États-Unis lorsqu’il était enfant. À 29 ans, il vit désormais à Chicago. Mais l’administration états-unienne ne le reconnaît pas légalement. Et son rêve bute contre les dédales de celle-ci. C’est son quotidien que Luc Peter et Stéphanie Barbey filment dans un riche noir et blanc, avec une humanité qui contraste avec l’impuissance de sa démarche.

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On s’acclimate à sa famille, on partage ses doutes comme ses inquiétudes, on l’accompagne en voiture ou dans ses activités, tout cela sans nécessairement le connaître. «Dreamers» avait été présenté à Visions du Réel en 2023. Il souffre un peu de la comparaison avec la sortie le même jour de «L’histoire de Souleymane», qui traite du même thème, même si très différemment et en mode fiction. Il ne faudrait pas pour autant minimiser la portée et l’intérêt de «Dreamers».

Note: **

•= détestable, °= à vos risques et périls, *= bien, **= intéressant, ***= excellent, ****= chef-d’œuvre