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FIFDH Soltan Achilova, la journaliste qui défie le régime turkmène

À 71 ans, elle raconte la vie quotidienne sous cette dictature d’Asie centrale. L’une des rares reporters du pays était finaliste du dernier prix Martin Ennals. Le Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève (FIFDH) lui dédie son édition 2021.

Comptable de formation et mère de 5 enfants, Soltan Achilova a débuté le journalisme à 58 ans, lorsque les autorités ont détruit sa maison d’Achgabat pour construire un complexe.
Comptable de formation et mère de 5 enfants, Soltan Achilova a débuté le journalisme à 58 ans, lorsque les autorités ont détruit sa maison d’Achgabat pour construire un complexe.
DR

Assise sur un canapé couvert d’un plaid vieillot, coiffée d’un voile révélant quelques cheveux gris, Soltan Achilova débite un flot de paroles excédées devant une petite caméra de son appartement d’Achgabat, la capitale du Turkménistan. «Nous exigeons ta démission parce que nous souffrons, et que nos vies ne t’intéressent pas», martèle-t-elle, dans une vidéo publiée sur le site d’un média indépendant.

Incompétence des autorités, faibles retraites, coût de la vie élevé, pressions, corruption: cette journaliste de 71 ans égrène les reproches contre les autorités de cette ancienne république soviétique de 5,8 millions d’habitants, située entre l’Iran, l’Afghanistan et l’Ouzbékistan. Celui qu’elle tutoie n’est autre que le président, Gourbangouly Berdymoukhamedov, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 2006.

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