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Le Plan directeur cantonal 2030 va enlaidir Genève

Le mouvement Contre l’enlaidissement de Genève est né il y a une année précisément. Une page Facebooka été créée pour prendre la température de la vox populi. Tandis que la population n’avait pas eu à se prononcer sur l’adoption du Plan directeur cantonal 2030, entériné sans heurts par le Grand Conseil, et que les effets d’une volonté politique de densification massive commençaient à se faire sentir, nous voulions savoir comment les Genevois réagissaient aux modifications de leur quotidien.

Demain… Genève se rêve un autre avenir riche de sens

Comme pressenti, le mécontentement et l’émotion de la population sont au rendez-vous. Les atteintes portées aux quartiers de villas, l’urbanisation des villages, la surélévation des immeubles urbains, l’abattage des arbres, l’amenuisement des espaces verts, la privation d’ensoleillement, la perte des vues, l’entassement des constructions, toutes ces opérations menées au coup par coup, au gré des opportunités de terrains libérés ou «kidnappés», sans vision d’ensemble apparente… ne laissent pas indifférent. Il apparaît clairement qu’on est en train de priver les citoyens d’un bien commun et d’une qualité de vie reposant sur une exceptionnelle épaisseur patrimoniale, une richesse paysagère, une certaine échelle appartenant en propre à l’héritage culturel genevois, issu d’une lente sédimentation. Il faut se rendre à l’évidence que Genève, ville de charme internationale et canton de petite taille, n’a pas l’envergure d’une métropole… à moins que d’être intégralement rasée et reconstruite.

Le sacrifice de nombreux éléments patrimoniaux sous prétexte de faire du logement est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et cela alors que d’importantes surfaces administratives et résidentielles sont vides ou inoccupées, ne trouvant pas preneur ou détenues comme investissements. L’urgence et l’action responsable ne seraient-elles pas d’occuper d’abord les planchers vides, les appartements soustraits au marché, les lits froids, etc.?

Il apparaît par ailleurs que les procédures légales en matière de protection du patrimoine sont enfreintes ou court-circuitées et que des autorisations de construire sont délivrées de manière opaque. Les citoyens veulent se réapproprier le débat démocratique. Plusieurs pétitions pour sauver des bâtiments historiques recueillent des centaines de signatures, des demandes de classement ou de mise à l’inventaire et des lettres, ouvertes ou pas, sont adressées au Conseil d’État, au Grand Conseil, au Conseil administratif,… sans beaucoup d’effets à ce jour. Manœuvrés par les milieux immobiliers, nos élus cautionnent un bétonnage à tous crins. L’appât immodéré du gain fait rimer densification avec nettoyage patrimonial et éradication de la biodiversité. Personne n’est dupe.

Imaginer sereinement l’agglomération du futur passe forcément par la reconnaissance et le respect des qualités de celle d’hier. Et avant même que de prétendre, en toute immodestie, produire le «patrimoine de demain», il importe d’abord et surtout de conserver celui dont nous sommes aujourd’hui les dépositaires.

Contre l’enlaidissement de Genève estime que le Plan directeur cantonal 2030, tel qu’il est mis en œuvre actuellement, va totalement à l’encontre des préoccupations environnementales qui sont la priorité absolue en ce début de XXIe siècle. Devant la résistance qui s’organise de toutes parts, il est temps de comprendre que modernisation et métropolisation riment avec passéisme. Demain… Genève se rêve un autre avenir riche de sens. * www.facebook.com/contrelenlaidissement/

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