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Grisélidis Réal (1929-2005)

Et si l’on féminisait les rues genevoises? Des propositions tous les samedis de l’été.

Le collectif 100Elles a proposé 100 nouveaux noms de rue à la Ville de Genève.
Le collectif 100Elles a proposé 100 nouveaux noms de rue à la Ville de Genève.
DR

Grisélidis Réal, peintre, écrivaine et prostituée, est une figure de la lutte pour la liberté des corps et des esprits. Installée à Genève après avoir obtenu en 1949 à Zurich un diplôme de décoratrice à l’École des arts et métiers, elle fréquente les milieux artistiques de la ville, se consacre à la peinture sur soie. Elle expose à Lausanne en 1952. Entre 1950 et 1960, elle accouche de quatre enfants. Mariée puis divorcée, peinant à joindre les deux bouts, ses quatre enfants lui sont retirés.

Grisélidis Réal veut changer de vie. Elle réussit à partir en Allemagne avec son compagnon et deux de ses enfants. C’est alors que, contrainte par la misère, entre 1961 et 1963, elle se prostitue. Elle vit dans une roulotte avec une famille tzigane. Cette expérience la marquera, elle se dit elle-même gitane. L’aventure allemande se termine à Munich par une peine de prison ferme de 7 mois pour trafic de stupéfiants. Elle y peint abondamment et rédige son journal de prison («Suis-je encore vivante?» qui sera publié en 2008). Expulsée d’Allemagne, elle revient en Suisse où, malgré une exposition et quelques ventes, sa production artistique ne suffit pas à subvenir à ses besoins. Elle travaille comme prostituée lorsque l’argent manque. Dès 1970, elle se consacre à l’écriture et à la publication de son roman «Le noir est une couleur» (1974).

C’est en 1975 que sa perception de la prostitution bascule: elle prend part au mouvement des prostituées de Paris qui occupent la chapelle Saint-Bernard. Dès lors, Réal se revendique «courtisane révolutionnaire». Elle est aussi archiviste et militante active pour la cause des prostituées. Au début des années 80, elle participe à la fondation de l’association Aspasie à Genève, organisation de défense et de soutien des personnes qui exercent le travail du sexe.

Pendant trente ans, Réal classe et archive des documents sur le sujet. Les archives, qui prennent place dans son propre appartement dans un premier temps, sont consultables depuis 2008 dans les locaux du Centre Grisélidis Réal à Genève. Personnalité publique de la ville, elle se présente en 2001 aux élections du Grand Conseil genevois sur la liste du parti Action citoyenne. En 2005, année de son décès, elle publie son «Carnet de bal d’une courtisane», sorte de recueil détaillé de certaines de ses passes. Sa dernière volonté, être enterrée au cimetière des Rois à Genève, ne fut respectée qu’en 2009. Elle y repose depuis avec les grands noms de la Cité de Calvin.

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