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Ces Genevoises qui ont joué un rôle dans la Réforme

Le MIR a organisé dimanche une visite guidée édifiante et menée avec verve.

Hanna Woodhead captive son auditoire.
Hanna Woodhead captive son auditoire.
Steeve Iuncker-Gomez

Comment rendre captivante la visite du Musée international de la Réforme (MIR), tout de même peuplé d’austères portraits de messieurs d’âge mûr? La réponse s’est imposée dimanche après-midi: en la confiant à Hanna Woodhead. La collaboratrice scientifique du MIR a passionné ses vingt-cinq auditeurs – dont beaucoup de jeunes gens –, condensant des épisodes ardus de l’histoire du protestantisme sans en négliger le sens, expliquant avec simplicité les bases d’un mouvement intellectuel complexe et, surtout, jetant avec intelligence des ponts entre hier et aujourd’hui.

Savoir lire la Bible

Rien d’artificiel dans ce rapprochement, son thème s’y prêtait. Pour marquer la Journée des droits des femmes, Hanna Woodhead a choisi en ce 8 mars d’envisager la Réforme sous l’angle féminin. Les dames du XVIe siècle ont-elles joué un rôle dans cette révolution des idées? Et les Genevoises, dans tout ça? «Nous ne possédons que très peu d’objets ou de représentations féminines, souligne notre guide, mais nous savons que les Réformateurs accordaient une grande importance à la vie spirituelle des femmes; il fallait qu’elles soient instruites, sachent lire la Bible et éduquent ainsi de bons petits protestants!»

Une bible minuscule que les protestantes opprimées dissimulaient dans leur chignon. Photo: Steeve Iuncker-Gomez
Une bible minuscule que les protestantes opprimées dissimulaient dans leur chignon. Photo: Steeve Iuncker-Gomez

Katharina von Bora, dont on connaît le visage par les toiles de Lucas Cranach l’Ancien, épouse de Martin Luther, tenait ainsi une place de choix auprès de son mari, et ce n’est pas surprenant: pour les réformés, la femme fait partie du plan divin. Katharina, alors nonne dans un couvent catholique, avait écrit avec aplomb à Luther pour l’implorer de venir les délivrer, elle et ses consœurs. Ce qu’il a fait, organisant leur fuite grâce à la complicité d’un poissonnier. «Vider un couvent de ses occupantes, quel bon coup pour Luther! relève dans un sourire Hanna Woodhead. Katharina laissa ses amies se marier en hâte et attendit: elle ne voulait que Luther. Qui, une fois marié, l’appelait son Étoile du matin.» Jean Calvin, lui, avoua dans une lettre s’être abruti de travail après la mort de son épouse pour lutter contre le chagrin.

Mise en commun du corps

De récits historiques en anecdotes piquantes, notre guide scientifique arrive aux infractions commises par les Genevoises et réprimées par le Consistoire: prier la Vierge Marie et réciter le rosaire, pour Jeanne; offrir à tous et «mettre en commun» son corps comme le réclamerait la Bible, pour Benoîte. Hanna Woodhead n’a pas omis de citer Marie Dentières, dont le nom figure depuis 2002 – à l’instigation d’Isabelle Graesslé, pasteure et cofondatrice du MIR – sur l’un des blocs jouxtant le mur des Réformateurs: «Avons-nous deux Évangiles, un pour les hommes et un pour les femmes, un pour les sages et un pour les fous?» Marie Dentières, qui croisa le fer verbalement avec la catholique Jeanne de Jussie et s’entendit traiter de «faulce, ridée et de lengue diabolique»! Autre réformée d’une sacrée trempe, Henriette Baudichon, qui filait la laine et mangeait de la viande à sa fenêtre les jours de carême pour provoquer les catholiques. De fortes têtes, ces Genevoises.

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