L’Etat stockait nos archives au fond d’une grotte

Notre histoireBien avant le nouveau projet d’Hôtel des Archives, elles se trouvaient sous la tour Baudet.

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On appelait ce local la grande grotte. Il se trouvait sous la tour Baudet, dans la partie la plus ancienne de l’Hôtel de Ville. Bien avant que l’on ne songe à offrir un hôtel aux archives (voir «Tribune de Genève» du 7 octobre), celles-ci garnissaient les rayons de très vieilles salles historiques.

«Elles ne s’y trouvaient pas mal», se souvient l’archiviste d’Etat honoraire Catherine Santschi, qui a travaillé dans ces locaux-là jusqu’en 1972. «Les conditions de conservation n’étaient pas mauvaises à l’Hôtel de Ville. Je ne me souviens que d’un seul problème: un jardinier avait copieusement arrosé l’appui d’une fenêtre qu’il croyait condamnée; de l’eau s’infiltra.»

Les archives se trouvaient dans la grande grotte et quelques autres salles de l’Hôtel de Ville, dont l’actuelle salle des Fiefs. «C’était l’ancienne cuisine de l’Hôtel de Ville sous l’Ancien Régime, elle a servi de salle de lecture aux Archives d’Etat jusqu’à leur déménagement», précise Catherine Santschi.

De cette salle, nous publions une photo sur laquelle l’archiviste honoraire reconnaît une inscription en lettres gothiques, placée au-dessus de la bibliothèque vitrée: «Je l’avais dans mon bureau dans les locaux de l’ancien Arsenal», remarque-t-elle amusée.

La première des deux photos de la grande grotte fait très XIXe siècle. Cette datation ne résiste pas longtemps à l’examen de Catherine Santschi: «Si le texte de l’affiche placardée sur l’armoire est bien celui de la loi cantonale sur les Archives, la photo date d’après 1925, car cette loi fut votée cette année-là.»

Descendre dans la grande grotte ne faisait pas peur aux archivistes d’antan: Paul-Edmond Martin, Paul Geisendorf, Gustave Vaucher, Louis Binz, Walter Zurbuchen, et même Catherine Santschi. «L’accès dans la grande grotte se faisait directement par la promenade de la Treille ou par la rue de l’Hôtel-de-Ville. Le manque de place était plus gênant que l’ancienneté des lieux.»

Devant la photo représentant les voûtes de l’antique dépôt souterrain, l’archiviste honoraire fournit un précieux renseignement: «Les anneaux suspendus au plafond servaient naguère à porter des barres de bois supportant elles-mêmes des planches qui formaient un faux plafond. C’était un moyen de tempérer la pièce.» Le plafond suspendu avait disparu depuis longtemps quand le transfert des Archives à l’ancien Arsenal eut lieu. Walter Zurbuchen était à la tête de l’institution depuis quatre ans. Catherine Santschi traversa la rue avec lui: «Nous allions dans du plus neuf, mais le bâtiment n’était pas adapté à cette nouvelle vocation.» Dans la grande grotte, les archives reposaient sur le sol. Au 1, rue de l’Hôtel-de-Ville, elles sont à l’étage et cet étage est porté par les colonnes de l’ancien Arsenal. Des locaux supplémentaires furent trouvés ailleurs, mais le projet d’un lieu bâti pour les Archives était déjà dans les esprits. «On en parle depuis tellement longtemps», soupire l’archiviste honoraire. «Avant même que je ne sois nommée archiviste d’Etat, en 1978, le chef du Département de l’intérieur, Pierre Wellhauser, appelait de ses vœux la construction d’un Hôtel des Archives. On a parlé du boulevard Carl-Vogt, puis dix ans après de la place Sturm. Aujourd’hui, c’est la rue de l’Ecole-de-Médecine. C’est dommage, mais les Archives, on s’en f…»

Créé: 15.10.2017, 12h04

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