Les Editions La Joie de Lire sont nées il y a trente ans

1987Francine Bouchet a fait d’une librairie une maison d’édition pour la jeunesse.

Francine Bouchet dans la cour de la maison d’édition La Joie de Lire qu’elle a créée il y a 30 ans dans la librairie deu 38, place du Bourg-de-Four.

Francine Bouchet dans la cour de la maison d’édition La Joie de Lire qu’elle a créée il y a 30 ans dans la librairie deu 38, place du Bourg-de-Four. Image: Laurent Guiraud

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De l’arcade du 38, Bourg-de-Four, à la grandiose médiathèque Françoise Sagan, en plein Paris, il y a du chemin parcouru. Francine Bouchet l’a fait. Cette éditrice de talent s’apprête à lancer les célébrations du 30e anniversaire de La Joie de Lire dans l’ancien Carré Saint-Lazare, un lieu historique qui accueillera une exposition sur la maison d’édition genevoise qu’elle a fondée en 1987. Ce sera du 24 février au 15 avril prochains.

«Mon marché, c’est la France! affirme Francine Bouchet. «La Joie de Lire y est très connue. Nous organisons aussi dans cette médiathèque un colloque qui réunira des écrivains, des traducteurs, des spécialistes, des journalistes, etc. sur le thème des «Chemins de liberté dans la littérature jeunesse». Il aura lieu le 3 mars.»

D’abord au Bourg-de-Four

Tout a commencé dans la Vieille-Ville de Genève, place du Bourg-de-Four, où la librairie La Joie de Lire avait pignon sur rue depuis 1937. Francine Bouchet y entre en 1981. «C’était un lieu particulier, au centre d’une vie de quartier et même d’un réseau social typique de cette partie de Genève. La Joie de Lire avait la même propriétaire que le magasin de jouets en bois Pinocchio, rue Etienne-Dumont. Chacun de ces deux commerces privilégiait une qualité et un rapport intelligent au jeu ou au livre C’est dans la boutique du Bourg-de-Four que j’ai appris à connaître les attentes des parents pour leurs enfants et celles des jeunes eux-mêmes en matière de lecture.»

Peu à peu, en libraire attentive, Francine Bouchet devine ce qui pourrait exister mais qui reste à inventer. Et l’envie de créer une maison d’édition pour la jeunesse lui vient. «J’ai commencé toute seule dans l’arrière-boutique de la librairie que j’avais achetée entre-temps. La fermer pour me concentrer sur les éditions La Joie de Lire n’a pas été une décision facile à prendre, mais c’était nécessaire. Ce sont deux métiers différents. J’ai opté pour celui d’éditrice. Ma collaboratrice Carina Solari m’a suivie en 1996.»

Un choix judicieux, si l’on en juge par la réussite de la petite entreprise genevoise. «J’ai commencé par éditer deux, quatre, huit titres par an, aujourd’hui nous en sommes à quarante. Je ne suis plus seule; nous sommes sept et nous avons déménagé deux fois depuis notre départ du Bourg-de-Four. D’abord du cours des Bastions à la rue Saint-Léger, puis de là au Chemin-Neuf où nous sommes depuis une douzaine d’années dans des locaux que nous envient les éditeurs parisiens souvent très mal logés.»

Il faut dire que le repaire de La Joie de Lire aux Eaux-Vives est un lieu très agréable. Il est vaste et au rez-de-chaussée, ce qui a son importance quand on s’occupe de livres. Ses fenêtres donnent sur une cour de bonnes dimensions dans laquelle on peut faire les cent pas. Bref, un coin tranquille pour travailler. «Nous recevons en moyenne deux nouveaux projets par jour, qu’il faut étudier, y donner suite ou pas. Des textes, des illustrations, parfois des choses horribles… L’exigence d’une certaine esthétique est difficile à tenir dans la littérature pour adolescents. Nous proposons maintenant des photos, car elles incitent ces jeunes mieux qu’une illustration à ouvrir le volume.»

Dans le riche catalogue 2017 de La Joie de Lire, «30 ans de littérature jeunesse», une page entière est consacrée au livre Corbu comme le corbusier. C’est le premier édité par La Joie de Lire en 1987, l’année de la création de la maison. Il a été réimprimé plusieurs fois et il a été publié au Japon comme aux Etats-Unis. Seule la couverture a changé et le papier n’est pas le même. Francine Bouchet, Michèle Cohen et Michel Raby pour les illustrations sont les auteurs de cette initiation en images à l’art de l’architecte suisse Le Corbusier.

«La Joie de Lire n’est pas perçue à l’étranger comme une entreprise suisse», explique l’éditrice. «Nous sommes présents dans les principales foires et salons sans que cette appartenance soit mise en avant. Pourtant notre catalogue 2017 fournit quelques frissons helvétiques avec La Poya de Fanny Dreyer, une nouvelle version du Robinson suisse avec un texte repris par Peter Stamm, ainsi qu’un album qui a pour sujet le cor des Alpes.»

Francine Bouchet a été tentée un moment de se lancer dans l’édition pour adultes: «J’avais envie d’éditer des auteurs africains. J’aime entreprendre. J’aime les nouveaux projets. L’une de mes filles m’a rappelé très sagement qu’il faut accepter de faire mieux ce qu’on sait faire. J’ai suivi son conseil.»

Le 30e anniversaire de La Joie de Lire sera aussi fêté à Genève, mais en fin d’année. «Il y aura un «bal littéraire» au Théâtre Am Stram Gram et la Bibliothèque de Genève proposer une petite exposition», promet l’éditrice.

(TDG)

Créé: 13.01.2017, 11h19

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