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Cette autostoppeuse qui fout les jetons

Rumeurs, bobards et ragots n’ont pas attendu les réseaux sociaux pour se répandre. Chaque week-end de l’été, une «fake news» millésimée.

Qui n’a jamais entendu cette histoire? C’est celle d’une autostoppeuse, généralement toute vêtue de blanc. Montée à bord d’une voiture, elle se volatilise mystérieusement après avoir mis en garde le conducteur à la hauteur d’un virage dangereux. Quand l’automobiliste rapporte ce fait troublant à la police, il apprend que la jeune femme décrite est morte quelques années plus tôt suite à un accident qui s’est produit dans le même virage. Il existe bien d’autres variantes. Par exemple, l’automobiliste prête sa veste à l’autostoppeuse, qui oublie de la lui rendre. La cherchant dans le village où il l’a déposée, il apprend que la femme est décédée il y a plusieurs années. C’est sur la tombe de l’autostoppeuse fantôme que l’homme retrouve sa veste… Aaaah, mais ça fout les jetons!

La légende de l’autostoppeuse fantôme, souvent porteuse d’un message, fut particulièrement populaire dans les années 70 et 80. Un historien, Frédéric Dumerchat, en a comptabilisé des dizaines et des dizaines un peu partout en France dans les années 80. Il en a aussi trouvé aux quatre coins de la planète, de l’Afrique du Sud au Pakistan, de l’Inde au Japon. Et avec toutes sortes de scénarios adaptés au paysage. En Italie, c’est un homme en Vespa qui prend l’autostoppeuse sur son véhicule. En Suisse, à Delémont, on retrouve une version datant de 1981. L’histoire raconte celle d’un homme âgé qui s’asseyait à l’arrière des voitures en des lieux où s’étaient produits plusieurs accidents mortels. Il prédisait des malheurs pour la région, et se disait mort dix ans auparavant. L’affaire a suscité 17 dépositions auprès de la police.

Aujourd’hui encore, le récit perdure. Technologie à l’appui: canulars ou œuvres de vrais crédules, des vidéos montrant des formes blanches hantant le bord des routes circulent sur internet. En mai 2017, dans le sud-ouest de la France, le journal «La Dépêche» consacrait tout un article à un automobiliste persuadé d’avoir réussi à photographier une mystérieuse forme blanche au bord de la route.

Toutes ces pseudo-apparitions sont une déclinaison de la très ancienne légende de la «dame blanche», spectre féminin qui apparaît sous forme de fée, de sorcière ou encore de lavandière au Moyen Âge. L’époque est alors truffée de récits de dames blanches surgissant dans les bois et les prairies. Dans une variante, issue des légendes celtes, la dame a un rôle bien précis: pour la noblesse, elle est la messagère d’une mort prochaine, tout comme notre autostoppeuse moderne annonce des dangers imminents. Nombre de récits font ainsi état de dames blanches ayant apparu à tel roi ou prince avant sa mort, et cela jusqu’au XIXe siècle.

Au XXe siècle, à l’ère du développement de l’industrie automobile, le spectre se mue donc en autostoppeuse. Logique, en somme. Sous cette forme, c’est aux États-Unis, dans les années 30, qu’on en trouve les premières traces.

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