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1850: Promenade dans les rues du relief Magnin

Des raretés sont visibles seulement sur le relief numérisé. Suivez le guide!

Une petite promenade de clic en clic s’impose, à quelques semaines de l’ouverture à l’internaute du relief Magnin numérisé (voir «Tribune de Genève» des 30 septembre et 3 octobre). Départ de n’importe quel point du relief. On avance ou recule en cliquant sur les dessins de pieds nus apparaissant sur le site www.geneve1850.ch.

Prenons la rue de la Corraterie. Derrière ses maisons, alors au grand complet, il y avait des casernes placées entre deux bastions. Celui de Hollande, qui avait les pieds dans le Rhône, et le bastion Souverain, à l’emplacement duquel sera construit le Grand Théâtre.

Si le chantier de rénovation de notre opéra prend l’eau, on comprend pourquoi. Le futur quartier des banques était un vaste marécage. L’eau venait jusque devant la porte Neuve et même plus loin.

Les cages des aigles

Une fois les ponts franchis devant la porte Neuve, la route prend la direction de la future rue du Conseil-Général, passant devant le bastion d’Yvoy. Celui-ci est relié au bastion Bourgeois par le Jardin botanique, reconnaissable à son orangerie que les statues des réformateurs viendront remplacer en 1917.

Plus loin, le bastion du Pin est devenu la promenade du Pin. De là, un pont en fil de fer permettait d’arriver sur le plateau des Tranchées. On ne résiste pas à la tentation de l’emprunter sur le relief numérisé. Nous y sommes! Ce monument, comme quelques autres sur www.geneve1850.ch, bénéficie d’un lien documenté. On y apprend que le général Dufour est à l’origine de cette passerelle. Un gracieux bouleau surgit des hautes herbes. Après un petit portique, on marche sur des planches suspendues à des câbles. On se croirait sur le vieux pont de la Caille, qui est son petit-cousin savoyard.

Plus loin, dans la direction du lac, deux autres bastions protégeaient la ville: le bastion Saint-Antoine, sur lequel on a vu longtemps l’observatoire, et le bastion de Hesse, à Rive, dont il ne reste plus rien. Ce dernier occupait à peu près l’emplacement de l’ancien Collège de Candolle et ses environs. On avait construit dessus une prison modèle que les spécialistes venaient visiter. Elle avait pour dépendance la tour Maîtresse. Allons voir comment elle est sur le relief… Nouvelle fiche d’information et petit tour aux abords verdoyants de cet établissement pénitentiaire très en avance sur son temps.

De là, la souris de l’ordinateur me fait bifurquer en direction des quais, en passant par une rue obscure – la rue des Boucheries – très rebutante en 1850. Une fausse manœuvre et me voilà coincé au fond d’une ruelle. La promenade virtuelle réserve ce genre de surprise: des volte-face non désirées, une curiosité mal placée qui vous mène dans une impasse. Tiens, de grandes cages sont posées là? On y tenait enfermés des aigles, symboles vivants de Genève.

Un conte de fées

Voici Longemalle et sa halle bien bâtie, qui n’existe plus aujourd’hui. L’entrée de la rue du Rhône respire le neuf. Les bâtiments du quai sont encore modernes en 1850. Celui où Chanel est installé s’appelait l’Hôtel de la Couronne. A la hauteur de la tour du Molard, on passe sous la vieille bâtisse qui fermait la place côté lac. Les petites baraques en bois le long de la rue du Marché s’appelaient les hauts bancs. C’étaient des échoppes. Dommage, les dômes qui avançaient devant les maisons avaient déjà disparu en 1850. Après une fausse manœuvre qui m’a transporté dans les jardins des hôtels particuliers de la rue des Chanoines (future rue Jean-Calvin) – où je ne serais jamais allé sans cela – me voici redescendu en bas de la rue du Perron, aux maisons plus nombreuses et plus hautes qu’en 2017: un vrai coupe-gorge.

En 1850, elle laissait déjà le grimpeur essoufflé devant la cathédrale Saint-Pierre. Du haut de ses tours, l’internaute voit verdir la campagne et poudroyer les chemins comme dans un conte de fées.

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