1519-2019: bon anniversaire Théodore de Bèze!

HistoireIl y a 500 ans naissait une célébrité du XVIe siècle. Le MIR marque le coup par une exposition.

Le personnage de Théodore de Bèze est contemplé chaque mois de décembre dans les rues de Genève par les spectateurs du cortège commémoratif de l’Escalade.

Le personnage de Théodore de Bèze est contemplé chaque mois de décembre dans les rues de Genève par les spectateurs du cortège commémoratif de l’Escalade. Image: Georges Cabrera / Archives

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Il y a cinq siècles naissait dans l’un des plus beaux sites de Bourgogne, Vézelay, le futur réformateur Théodore de Bèze. C’était le 24 juin 1519. Ce fils du bailli royal du coin allait devenir le vieillard chenu et sourd que les spectateurs du cortège commémoratif de l’Escalade contemplent chaque mois de décembre dans les rues de Genève. Une figure barbue et familière, qui fait aussi partie du groupe central du mur des Réformateurs, à la gauche de Jean Calvin.

Spécialiste genevoise du grand homme, l’historienne Béatrice Nicollier est la commissaire de l’exposition qui vient d’ouvrir au Musée international de la Réforme (MIR). Avec l’aide de la curatrice Samantha Reichenbach et de la scénographe Raphaèle Gygi, elle a transformé le grand salon donnant sur la cour Saint-Pierre en musée dans le musée. En gris et bleu, l’espace se divise en quatre sections, consacrées aux quatre visages du pasteur et professeur.

Béatrice Nicollier, cette exposition est-elle la première qu’un musée consacre à Théodore de Bèze?
Je ne me souviens pas d’une autre exposition. Et cela fait quarante ans que je suis de près le personnage. En septembre 2005, nous avons marqué le 400e anniversaire de sa mort par un colloque scientifique. Au MIR, nous sommes dans le secteur de la tombe du réformateur, enseveli dans l’enceinte du cloître de Saint-Pierre. Grâce au directeur, Gabriel de Montmollin, et à son équipe, un projet d’exposition a pris corps rapidement. M’étant occupée pendant plusieurs années de la publication de la correspondance de Théodore de Bèze, je le connais bien.

Comment s’y prendre pour résumer une si longue vie dans un espace aussi restreint?
Il est mort à 86 ans, ce qui est un âge très avancé pour l’époque. Toute sa vie, il a cultivé parallèlement différentes facettes de sa personnalité. Nous avons dégagé quatre d’entre elles, que nous appelons ses visages. À chacun, l’exposition consacre un espace particulier ouvert sur les trois autres. Le premier évoque le poète, le second le pédagogue, le troisième le penseur et le quatrième le diplomate.

De quels objets disposez-vous pour illustrer ces aspects?
De tableaux, de manuscrits et de livres, provenant pour moitié du MIR, pour moitié d’autres institutions et de collections privées. Le Musée d’art et d’histoire (MAH) a prêté l’huile de Ferdinand Hodler représentant Jean Calvin et les professeurs dans la cour du Collège de Genève. Elle a sa place ici car elle évoque mieux Théodore de Bèze que Calvin, notre homme ayant soutenu et pérennisé toute sa vie l’établissement voulu par son aîné, où il a enseigné très longtemps.

Concernant le poète, vous rappelez qu’il fut l’auteur dans sa jeunesse de vers un peu lestes…
Théodore de Bèze n’avait pas 30 ans quand son recueil «Poemata Juvenilia» parut. Il était le beau jeune homme issu de la noblesse qu’un portraitiste anonyme a peint à l’âge de 24 ans. Un portrait que nous exposons. Ce recueil de poèmes contient des textes érotiques à la manière de Catulle, qui lui ont été reprochés après son passage au protestantisme. Il n’a pourtant jamais renoncé à se dire poète, même quand d’autres tâches l’ont occupé, comme l’établissement de ses nombreuses éditions du Nouveau Testament en grec et en latin.

Quand Théodore de Bèze se distingua-t-il comme diplomate?
Deux pièces importantes de l’exposition en témoignent. Le panneau de bois venu de la Maison Tavel, qui rappelle le rôle qu’il a joué dans l’alliance de Genève avec Berne et Zurich en 1584. Et la grande toile du XIXe siècle montrant un Théodore de Bèze âgé, venu près de Viry, à L’Eluiset, y rencontrer Henri IV en 1600. Nous exposons une lettre très amicale de ce roi à Théodore de Bèze, datée de 1594.

Derrière le costume du réformateur, un mur de portraits gravés attire le regard. Qui sont-ils?
Ce sont les illustrations d’un ouvrage de Théodore de Bèze appelé «Icones», dans lequel il présente des hommes et une seule femme, Marguerite de Valois, fille de François Ier, qui ont compté dans l’histoire de la Réforme.

«Visages de Théodore de Bèze» Jusqu’au 27 octobre au Musée international de la Réforme (MIR). www.musee-reforme.ch


Le film d'animation de la Réforme

Au Musée international de la Réforme (MIR), ça bouge bien. Outre l’exposition sur Théodore de Bèze, qui métamorphose utilement le centre du rez-de-chaussée de la Maison Mallet, une autre nouveauté est à découvrir. C’est le film d’animation de sept minutes que tout visiteur pourra regarder lors de sa visite. Le MIR l’a commandé à la société Arte France Développement, qui a créé «Karambolage», une émission très courte, instructive et divertissante, diffusée chaque dimanche sur Arte. Les personnages y sont représentés par des découpages d’images d’actualités ou historiques assemblés et animés.

Un esprit qui plaît à Gabriel de Montmollin, le directeur du MIR, ravi de voir le résultat du travail de la scénariste de «Karambolage», Nikola Obermann, pour son musée genevois. Il n’est pas le seul! L’historienne Béatrice Nicollier, commissaire de l’exposition sur Théodore de Bèze, et l’auteur de ces lignes ont beaucoup apprécié le film, vu en avant-première mercredi.

Aucune erreur ni faux pas, et surtout la démonstration qu’en un temps record, les principaux éléments de compréhension de la Réforme peuvent être exposés et transmis. Les figures, décors et paysages découpés évoluent de manière amusante, offrant de nombreuses références à des tableaux et gravures connus. On peut voir ce film en français, allemand ou anglais. Il a été financé par les Amis du Musée de la Réforme.

Créé: 22.06.2019, 14h33

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