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L’invitéeSociété post-Covid: s’inspirer de l’économie sociale et solidaire

«Une autre économie existe». Ce slogan d’APRÈS-GE, martelé depuis quinze ans déjà, se révèle pleinement d’actualité en cette phase de déconfinement. Nous faisons face à une crise économique et sociale majeure, les droits démocratiques se sont montrés plus fragiles que ce que l’on pouvait imaginer, et la mainmise des géants du numérique sur notre consommation, nos pratiques professionnelles, nos engagements citoyens et nos vies privées semble avoir gagné en légitimité.

De quoi oublier l’urgence climatique et le mal-être social d’avant le Covid-19? Remettre à plus tard les changements nécessaires à préserver notre planète, mais aussi la santé et le bien-être de la population?

Au contraire. Nous avons plus que jamais besoin de regarder du côté du tissu économique et social local déjà existant et qui s’inscrit dans une communauté de valeurs d’avenir. Les entreprises et organisations de l’économie sociale et solidaire (ESS), à Genève comme ailleurs, ont bien souvent une longueur d’avance dans la recherche de solutions: modes de production et de distribution, vision de l’humain au travail, coopération et innovation ouverte dans un écosystème de partenaires, etc.

Il s’agit de gouvernance, en proposant des systèmes de prise de décisions qui reposent sur des rôles et des responsabilités; il s’agit de modèles d’affaires dans lesquels les parties prenantes sont rémunérées en fonction de leur travail et les éventuels bénéfices sont investis dans l’amélioration des conditions de travail et le développement de l’entreprise au service du territoire et de la communauté; il s’agit de la recherche de l’intérêt collectif, en proposant des biens et des services qui cherchent avant tout à répondre à des besoins réels, dans le respect de la biosphère; il s’agit d’économie du partage, favorisant la mutualisation, la réduction de l’empreinte écologique et le lien social; il s’agit du «bien vivre ensemble», à l’échelle du quartier, mais aussi de l’entreprise; il s’agit de management social; il s’agit encore de résilience et d’innovation, qui émergent de la capacité à s’allier pour trouver des solutions, à travers des filières courtes, des relations basées sur la confiance, l’entraide et la transparence.

Les solutions ne sont pas toutes faites, les enjeux sont de taille, et ces actrices et acteurs mènent des expériences et développent des bonnes pratiques qui ne demandent qu’à être partagées, reproduites, mises au défi, améliorées, ou encore testées à plus grande échelle. C’est également le message porté par les autrices et auteurs du «Manifeste d’après», soutenu à ce jour par plus de 1500 signataires.

Nous ne partons pas de zéro: appuyons-nous sur l’existant pour construire l’après.